Journal du mardi 5 octobre 2004

Bacqueville-en-Caux
Yann, 8 ans, frappé par une méningite fulgurante

Hier après-midi, le petit Yann était toujours dans un coma artificiel. Le jeune écolier de Bacqueville avait été transféré aux urgences de Dieppe, puis de Rouen, dans la nuit de vendredi à samedi.

Il s’agissait d’un cas avec « purpura fulminans », ces boutons rouges qui apparaissent sur tout le corps en plus d’une forte fièvre associée parfois à une perte de connaissance. Autant dire que la bactérie qui a frappé le jeune Yann, 8 ans, dans la nuit de vendredi à samedi était sévère.

Aux urgences de l’hôpital de Dieppe où il a été admis vendredi soir, le médecin a aussitôt diagnostiqué un cas sérieux, et c’est donc sans tarder que le SMUR de Dieppe a pris l’enfant en charge pour le transporter dans une ambulance sous assistance respiratoire aux urgences pédiatriques de l’hôpital Charles-Nicolle de Rouen. Le petit Yann y a été admis en réanimation pédiatrique. Lundi après-midi, si le pronostic sur d’éventuelles séquelles restait réservé, il semble que la vie de l’enfant n’était plus en danger.

Au vu de la fulgurance et de la gravité du méningocoque analysé par les services de la DDASS (bactérie du sérogroupe de type B pour laquelle il n’existe pas de vaccin), le médecin scolaire s’est rendu immédiatement samedi matin au groupe scolaire de Bacqueville-en-Caux. Yann y était en effet scolarisé en CE2.

Cinquième cas en 2004

Le médecin a informé les parents sur les risques de contagion (par la salive uniquement, donc en ayant approché l’enfant à moins d’un mètre), et a ensuite délivré aux parents des autres élèves de la classe de Yann les ordonnances pour un antibiotique, seul moyen d’enrayer le développement du méningocoque. La famille et les proches de l’enfant ont également été contactés et soignés.

Lundi après-midi, les nouvelles concernant son état semblaient meilleures. « Il serait toujours dans un coma artificiel, mais on m’a dit qu’il était sorti d’affaire » nous indiquait une connaissance de l’enfant au groupe scolaire de Bacqueville. « Sa vie serait donc hors de danger, mais comme il est toujours dans le coma, je ne sais pas s’il y aura des séquelles ». Le cas de Yann est le cinquième de l’année dans la seule région dieppoise qui est, selon une étude de l’Institut national de veille sanitaire, un foyer où se développent plus qu’ailleurs en France les cas de méningites, du fait d’une souche « implantée de longue date ».

O.B.


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