| Hier après-midi, le petit Yann était
toujours dans un coma artificiel. Le jeune écolier de Bacqueville avait été transféré
aux urgences de Dieppe, puis de Rouen, dans la nuit de vendredi à samedi. Il
sagissait dun cas avec « purpura fulminans », ces boutons rouges qui
apparaissent sur tout le corps en plus dune forte fièvre associée parfois à une
perte de connaissance. Autant dire que la bactérie qui a frappé le jeune Yann, 8 ans,
dans la nuit de vendredi à samedi était sévère.
Aux urgences de lhôpital de Dieppe où il a été admis vendredi soir, le
médecin a aussitôt diagnostiqué un cas sérieux, et cest donc sans tarder que le
SMUR de Dieppe a pris lenfant en charge pour le transporter dans une ambulance sous
assistance respiratoire aux urgences pédiatriques de lhôpital Charles-Nicolle de
Rouen. Le petit Yann y a été admis en réanimation pédiatrique. Lundi après-midi, si
le pronostic sur déventuelles séquelles restait réservé, il semble que la vie de
lenfant nétait plus en danger.
Au vu de la fulgurance et de la gravité du méningocoque analysé par les
services de la DDASS (bactérie du sérogroupe de type B pour laquelle il nexiste
pas de vaccin), le médecin scolaire sest rendu immédiatement samedi matin au
groupe scolaire de Bacqueville-en-Caux. Yann y était en effet scolarisé en CE2.
Cinquième cas en 2004
Le médecin a informé les parents sur les risques de
contagion (par la salive uniquement, donc en ayant approché lenfant à moins
dun mètre), et a ensuite délivré aux parents des autres élèves de la classe de
Yann les ordonnances pour un antibiotique, seul moyen denrayer le développement du
méningocoque. La famille et les proches de lenfant ont également été contactés
et soignés.
Lundi après-midi, les nouvelles concernant son état semblaient meilleures. «
Il serait toujours dans un coma artificiel, mais on ma dit quil était sorti
daffaire » nous indiquait une connaissance de lenfant au groupe scolaire de
Bacqueville. « Sa vie serait donc hors de danger, mais comme il est toujours dans le
coma, je ne sais pas sil y aura des séquelles ». Le cas de Yann est le cinquième
de lannée dans la seule région dieppoise qui est, selon une étude de
lInstitut national de veille sanitaire, un foyer où se développent plus
quailleurs en France les cas de méningites, du fait dune souche « implantée
de longue date ».
O.B. |