Journal du 31 décembre 2004

Vols en série à Janval
Le ras-le-bol des commerçants
rue Valentin-Feldmann

Dans la nuit de lundi à mardi, deux bouchers, un fleuriste, un pharmacien, tous installés rue Valentin-Feldmann à Janval ont été victimes de plusieurs cambriolages. Un habitant des immeubles situés à proximité a finalement donné l’alerte au commissariat.

Les auteurs ont réussi à prendre la fuite au moment où la patrouille de police tentait de les interpeller. Pour les commerçants, la situation n’est plus tenable. L’un des boucher évoque son ras-le-bol.

« Personnellement j’en ai marre. Cela fait dix-huit ans que je suis ici, c’est au moins mon sixième cambriolage. Mardi dernier, ils ont même cassé mon labo. La fois précédente ils avaient mis le feu dans le réfrigérateur », explique un peu désabusé Alain Calbry, l’un des deux bouchers visités. A quelques années de la retraite, le commerçant de Janval crie son amertume.

Mardi matin, des carreaux de son magasin ont été cassés de même que son rideau de fer dont le rail a peut-être été forcé à l’aide d’une voiture. Le préjudice qui n’est pas encore estimé porte sur des viandes, conserves et diverses denrées qui devraient terminer sur des tables de réveillon pour le Jour de l’An.

Dans le quartier, personne n’a semble-t-il rien entendu. Ici, la loi du silence semble être la règle. Jugé parfois difficile, le quartier n’est pas pour autant une zone de non-droit même si les commerçants déplorent une recrudescence des actes d’incivilité. « On voit souvent des jeunes lancer des cailloux sur les voitures. Au moment des fêtes, j’ai toujours l’estomac noué lorsque je viens travailler. Je ne sais jamais comment je vais retrouver mon magasin », martèle Alain Calbry. Et d’ajouter : « Je pense qu’il s’agit de jeunes du quartier. Nous avons retrouvé des conserves dans le jardin d’enfants ».

Un avis que ne partage pas son collègue et voisin. Thierry Michel, l’autre boucher de la rue Valentin-Feldmann a lui aussi reçu la visite des cambrioleurs mais il penche plutôt pour des individus venus de l’extérieur : « Selon moi, il ne s’agit pas de jeunes du quartier. Je les connais bien, ils me disent toujours bonjour. Nous avons de bons contacts. Je serais vraiment déçu s’il s’agissait de jeunes du quartier ». En revanche, les deux principales victimes sont d’accord pour admettre que les auteurs ne pouvaient pas circuler à pied. « Avec tous ce qu’ils ont embarqué, ils étaient forcément en voiture », explique l’un d’eux.

Depuis quatre ans et demi, c’est la première fois que Thierry Michel est cambriolé. « Je pense qu’ils cherchaient de l’argent. Ils ont jeté un caillou dans la vitrine et ont visité tout le local. Je n’avais pas besoin de cela au moment des fêtes », explique celui qui a vécu jusqu’en 2003 à côté de son magasin. « Il y a un an et demi que je n’habite plus ici. J’étais le dernier commerçant à vivre sur place. Désormais, il n’y a plus personne la nuit mais il n’y a pas non plus d’argent dans les caisses », souligne Thierry Michel.


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