Dans la nuit de lundi à mardi, deux bouchers,
un fleuriste, un pharmacien, tous installés rue Valentin-Feldmann à Janval ont été
victimes de plusieurs cambriolages. Un habitant des immeubles situés à proximité a
finalement donné lalerte au commissariat.Les auteurs ont réussi
à prendre la fuite au moment où la patrouille de police tentait de les interpeller. Pour
les commerçants, la situation nest plus tenable. Lun des boucher évoque son
ras-le-bol.
« Personnellement jen ai marre. Cela fait dix-huit ans que je suis ici,
cest au moins mon sixième cambriolage. Mardi dernier, ils ont même cassé mon
labo. La fois précédente ils avaient mis le feu dans le réfrigérateur », explique un
peu désabusé Alain Calbry, lun des deux bouchers visités. A quelques années de
la retraite, le commerçant de Janval crie son amertume.
Mardi matin, des carreaux de son magasin ont été cassés de même que son
rideau de fer dont le rail a peut-être été forcé à laide dune voiture. Le
préjudice qui nest pas encore estimé porte sur des viandes, conserves et diverses
denrées qui devraient terminer sur des tables de réveillon pour le Jour de lAn.
Dans le quartier, personne na semble-t-il rien entendu. Ici, la loi du
silence semble être la règle. Jugé parfois difficile, le quartier nest pas pour
autant une zone de non-droit même si les commerçants déplorent une recrudescence des
actes dincivilité. « On voit souvent des jeunes lancer des cailloux sur les
voitures. Au moment des fêtes, jai toujours lestomac noué lorsque je viens
travailler. Je ne sais jamais comment je vais retrouver mon magasin », martèle Alain
Calbry. Et dajouter : « Je pense quil sagit de jeunes du quartier. Nous
avons retrouvé des conserves dans le jardin denfants ».
Un avis que ne partage pas son collègue et voisin. Thierry Michel, lautre
boucher de la rue Valentin-Feldmann a lui aussi reçu la visite des cambrioleurs mais il
penche plutôt pour des individus venus de lextérieur : « Selon moi, il ne
sagit pas de jeunes du quartier. Je les connais bien, ils me disent toujours
bonjour. Nous avons de bons contacts. Je serais vraiment déçu sil sagissait
de jeunes du quartier ». En revanche, les deux principales victimes sont daccord
pour admettre que les auteurs ne pouvaient pas circuler à pied. « Avec tous ce
quils ont embarqué, ils étaient forcément en voiture », explique lun
deux.
Depuis quatre ans et demi, cest la première fois que Thierry Michel est
cambriolé. « Je pense quils cherchaient de largent. Ils ont jeté un caillou
dans la vitrine et ont visité tout le local. Je navais pas besoin de cela au moment
des fêtes », explique celui qui a vécu jusquen 2003 à côté de son magasin. «
Il y a un an et demi que je nhabite plus ici. Jétais le dernier commerçant
à vivre sur place. Désormais, il ny a plus personne la nuit mais il ny a pas
non plus dargent dans les caisses », souligne Thierry Michel.