| On ne sait pas encore si la centrale
nucléaire du Petit-Caux est la première sur la liste, ou si elle sera devancée par
Flamanville (Manche) ou Gravelines (Nord). Mais le nouveau PDG dEDF la
affirmé mardi aux élus de la région dieppoise : il y aura une tranche EPR à Penly. Non,
non
Lincessant feuilleton du choix du premier site nucléaire français
destiné à accueillir le futur démonstrateur nucléaire à eau pressurisée EPR
nest pas fini. Mais sil na pas encore tranché sur la centrale
française qui aura le « privilège » (selon certains) ou le « désavantage » (selon
dautres) de voir se construire dici 2010 cet énorme chantier nucléaire
expérimental, le nouveau patron dEDF a du moins affirmé aux élus locaux
quune tranche EPR verrait le jour à plus ou moins long terme à Penly.
« Une troisième tranche nucléaire de troisième génération sera construite
à Penly, cest sûr, mais on ne sait pas si nous serons les premiers à lavoir
» nous a confirmé mercredi Edouard Leveau au lendemain de sa rencontre à Paris avec
Pierre Gadonneix. Le député de la XIe circonscription de la Seine-Maritime était
convié au siège dEDF en compagnie de Daniel Joffroy, président de la communauté
de communes du Petit-Caux, et de Gérard Picard, président de la communauté de communes
des Monts et Vallées. Une rencontre avec le nouveau président dEDF nommé il y a
un mois, pour faire le point sur les chances de Penly daccueillir ce fameux EPR.
« Pierre Gadonneix nous a laissé entendre que le premier EPR construit serait
le début dune série dans plusieurs centrales nucléaires françaises » souligne
Edouard Leveau, désormais plus confiant dans la possibilité pour sa circonscription de
toucher le « jackpot » nucléaire. Pour être le premier sur la liste, reste pour lui à
lever un doute sur les conditions de transport dune partie de lélectricité
produite vers le Pas-de-Calais, doù elle franchirait la Manche pour être exportée
vers lAngleterre via un câble sous-marin.
« Penly répond aux trois
critères »
Car le nouveau PDG dEDF a bien confirmé aux élus
venus le voir à Paris pour défendre leur dossier que « Penly répond aux exigences
techniques concernant les trois principaux critères indispensables pour quune
centrale puisse accueillir une tranche EPR » nous a confirmé Daniel Joffroy. Ces
critères sont : un terrain disponible appartenant déjà à EDF, un système de
refroidissement du circuit secondaire (celui qui produit la vapeur pour les turbines) par
eau de mer, et des lignes électriques déjà installées permettant de transporter
lénergie supplémentaire produite.
Cela étant, Edouard Leveau comme Daniel Joffroy restent plus réservés sur les
choix politiques que le gouvernement fera ensuite après la proposition dEDF. «
Ça, cest autre chose » indique simplement Edouard Leveau, tandis que Daniel
Joffroy, après avoir rappelé les fameux critères qui placent Penly en bonne position,
ajoute que Pierre Gadonneix a laissé entendre que « le choix de Penly en premier
nétait pas forcément fait ».
Lintolérable suspens se poursuit donc, avec des concurrents qui ne
désarment pas. Ainsi il y a deux semaines, le président de la Chambre de commerce du
Nord Cotentin faisait-il part, lors dune assemblée générale couverte par nos
confrères de Ouest-France, des « motifs d'optimisme à la CCI : ici par exemple, on
attend avec impatience la décision concernant la localisation du réacteur EPR. On y
croit dur comme fer ». Nos élus aussi
O.B. |