Journal du vendredi 8 octobre 2004

Le nouveau président d'EDF a reçu les élus locaux mardi
"Il y aura une troisième tranche nucléaire à Penly"

On ne sait pas encore si la centrale nucléaire du Petit-Caux est la première sur la liste, ou si elle sera devancée par Flamanville (Manche) ou Gravelines (Nord). Mais le nouveau PDG d’EDF l’a affirmé mardi aux élus de la région dieppoise : il y aura une tranche EPR à Penly.

Non, non… L’incessant feuilleton du choix du premier site nucléaire français destiné à accueillir le futur démonstrateur nucléaire à eau pressurisée EPR n’est pas fini. Mais s’il n’a pas encore tranché sur la centrale française qui aura le « privilège » (selon certains) ou le « désavantage » (selon d’autres) de voir se construire d’ici 2010 cet énorme chantier nucléaire expérimental, le nouveau patron d’EDF a du moins affirmé aux élus locaux qu’une tranche EPR verrait le jour à plus ou moins long terme à Penly.

« Une troisième tranche nucléaire de troisième génération sera construite à Penly, c’est sûr, mais on ne sait pas si nous serons les premiers à l’avoir » nous a confirmé mercredi Edouard Leveau au lendemain de sa rencontre à Paris avec Pierre Gadonneix. Le député de la XIe circonscription de la Seine-Maritime était convié au siège d’EDF en compagnie de Daniel Joffroy, président de la communauté de communes du Petit-Caux, et de Gérard Picard, président de la communauté de communes des Monts et Vallées. Une rencontre avec le nouveau président d’EDF nommé il y a un mois, pour faire le point sur les chances de Penly d’accueillir ce fameux EPR.

« Pierre Gadonneix nous a laissé entendre que le premier EPR construit serait le début d’une série dans plusieurs centrales nucléaires françaises » souligne Edouard Leveau, désormais plus confiant dans la possibilité pour sa circonscription de toucher le « jackpot » nucléaire. Pour être le premier sur la liste, reste pour lui à lever un doute sur les conditions de transport d’une partie de l’électricité produite vers le Pas-de-Calais, d’où elle franchirait la Manche pour être exportée vers l’Angleterre via un câble sous-marin.

« Penly répond aux trois critères »

Car le nouveau PDG d’EDF a bien confirmé aux élus venus le voir à Paris pour défendre leur dossier que « Penly répond aux exigences techniques concernant les trois principaux critères indispensables pour qu’une centrale puisse accueillir une tranche EPR » nous a confirmé Daniel Joffroy. Ces critères sont : un terrain disponible appartenant déjà à EDF, un système de refroidissement du circuit secondaire (celui qui produit la vapeur pour les turbines) par eau de mer, et des lignes électriques déjà installées permettant de transporter l’énergie supplémentaire produite.

Cela étant, Edouard Leveau comme Daniel Joffroy restent plus réservés sur les choix politiques que le gouvernement fera ensuite après la proposition d’EDF. « Ça, c’est autre chose » indique simplement Edouard Leveau, tandis que Daniel Joffroy, après avoir rappelé les fameux critères qui placent Penly en bonne position, ajoute que Pierre Gadonneix a laissé entendre que « le choix de Penly en premier n’était pas forcément fait ».

L’intolérable suspens se poursuit donc, avec des concurrents qui ne désarment pas. Ainsi il y a deux semaines, le président de la Chambre de commerce du Nord Cotentin faisait-il part, lors d’une assemblée générale couverte par nos confrères de Ouest-France, des « motifs d'optimisme à la CCI : ici par exemple, on attend avec impatience la décision concernant la localisation du réacteur EPR. On y croit dur comme fer ». Nos élus aussi…

O.B.


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