Journal du 21 décembre 2004

De nombreux dégâts et des coupures d'électricité
La tempête a soufflé

On ne comptait plus vendredi soir le nombre de tuiles envolées, de toitures arrachées, d’arbres déracinés en travers de la route. Plusieurs milliers de foyers ont été privés d’électricité entre 14 h 30 et 3 heures du matin. Lundi, 300 clients attendaient encore l’électricité. Si elle n’a pas atteint le niveau de celle du 26 décembre 1999, la tempête a tout de même soufflé à 96 km/h de moyenne, et jusqu’à 130 km/h en rafale (149 km/h enregistrés par un particulier à Criel). Etat des lieux avec tous nos correspondants sur place.

Cinquante et un nœuds en moyenne (94 km/h) au sémaphore de Dieppe, une rafale à 63 nœuds en début d’après-midi (118 km/h), puis une autre plus forte à 70 nœuds (130 km/h) en fin d’après-midi. A Criel-sur-Mer, un particulier équipé d’un anémomètre a enregistré 149 km/h en début d’après-midi. Si elle n’a pas atteint le niveau de celle du 26 décembre 1999, la tempête qui a sévi sur tout le Nord de la France vendredi après-midi n’en reste pas moins d’une violence inhabituelle.

C’est vers 11 h 30 vendredi matin que l’avis de vigilance orange (intensité 3 sur une échelle de 4) a été lancé par Météo France. Et ses prévisions se sont avérées. Par bonheur, les vents violents qui ont soufflé entre 14 h 30 et 22 h 30 n’ont fait aucune victime. Ce qui n’est hélas pas le cas en Picardie (quatre personnes écrasées par un arbre dans leur voiture) ou en région parisienne (une dame écrasée par un arbre à Paris et un homme décapité par une tôle balayée par le vent dans les Yvelines). En Seine-Maritime, le préfet a fait fermer le pont de Normandie, puis les ponts de Tancarville et de Brotonne à la suite du renversement d’un poids lourd sur celui-ci.

Les trois chalutiers qui étaient en mer au début du brutal coup de vent sont rentrés en catastrophe au port vers 15 heures. Ils ont pu s’y mettre à l’abri sans bobos. Le remorqueur a même dû aider le ferry « le Dieppe » à sortir du port vers 21 heures. Et malgré la présence de quelques téméraires qui voulaient voir les éléments se déchaîner en bordure de mer, les vagues qui passaient allègrement par-dessus les jetées n’ont blessé personne, ni à Dieppe, ni à Pourville. Aucun bâtiment ne s’est effondré sur ses occupants.

Coupures d’électricité

En revanche, toutes les toitures, ou presque, ont souffert de la puissance d’un vent qui n’a molli que vers 22 h 30 le soir. Les premières rafales violentes sont arrivées sur Dieppe vers 14 heures. L’intensité maximum de cette première vague a été ressentie vers 14 h 45 – 15 heures, puis vers 16 heures le vent a molli, laissant entrevoir la fin de la tempête. Mais ce n’était qu’une courte accalmie : vers 17 heures, ça se remettait à souffler dur en bord de mer, où les bourrasques ne se sont véritablement calmées que vers 22 h 30.

Résultat de ce coup de boutoir d’Eole : 34 000 foyers étaient privés d’électricité dans le département vendredi soir. Mais la mobilisation des agents EDF (70 agents de nuit, et douze équipes de deux à quatre personnes en fin de journée samedi) a permis de rétablir la situation plus rapidement qu’en décembre 1999. Mais progressivement toutefois, et tardivement pour certains abonnés isolés.

Samedi matin à 8 h 30, 13 000 foyers avaient été réalimentés. Ceux du secteur du Petit-Caux, d’Envermeu, des vallées de l’Yères et de la Bresle l’avaient été dès 3 heures du matin. A Offranville, un quartier plongé dans le noir l’avait été dès le soir-même. A Luneray, faute d’électricité, les employés de Lunor ont dû être mis en chômage technique vendredi après-midi.

Dimanche matin, un millier de clients étaient toujours privés de courants. Un sérieux problème pour ceux dont l’état de santé nécessite l’usage d’appareils médicaux (respirateurs…) ou qui se chauffent à l’aide de convecteurs. Lundi matin, 300 clients isolés autour de Dieppe, Neufchâtel et Gournay, n’étaient toujours pas raccordés.

« Forte tempête hivernale »

Les pompiers, évidemment, se sont mobilisés vendredi et samedi avec abnégation : 150 appels pour les hommes de la caserne de Dieppe (mais environ le double d’interventions) vendredi, et encore une vingtaine samedi. Une cinquantaine d’hommes étaient sur le terrain pendant le coup de vent.

Les services techniques des communes et les agents de la DDE étaient également sur place pour dégager les routes et les trottoirs.

Reste maintenant aux particuliers à nettoyer les jardins aux arbres dévastés et aux couvreurs à renforcer les toitures fragilisées.

Ce coup de vent a été qualifié de « forte tempête hivernale » par Météo France. Reste à savoir si la préfecture décrètera l’état de catastrophe naturelle…

Aux quatre coins des cantons

- Auffay, RN27 : une remorque s’est retournée sur la deux fois deux voies. Son propriétaire a tenté de le redresser lui-même. La circulation a été perturbée. Un clocher de la collégiale s’est décroché et a traversé le toit de l’église.

- Belleville-sur-Mer : la cabine téléphonique installée entre la mairie et l’école a plié sous le vent, et une partie s’est envolée.

- Berneval-le Grand : les tuiles de l’église ont été balayées, et un arbre s’est couché en travers de l’avenue Raus.

- La Chaussée : deux chapiteaux du marché de Noël se sont envolés. Mais l’animation prévue aura bien lieu le 22 décembre.

- Criel-sur-Mer : plusieurs caravanes se sont renversées dans les campings. Un agriculteur qui effectue des relevés pour Météo France a enregistré 149 km/h en début d’après-midi sur son anémomètre.

- Dieppe : plusieurs accidents de voitures à cause du vent, la remorque d’un tracteur s’est couchée dans un champ au rond-point de But.

- Envermeu : une ligne haute-tension est tombée au sol.

- Offranville : la hêtraie a été fermée à la circulation.

- Penly : la toiture de l’école se soulevant dangereusement, le groupe scolaire a été évacué vendredi après-midi.

- Quiberville-sur-Mer : une cheminée s’est abattue sur le toit d’une propriété.

- Saint-Martin-en-Campagne : une ligne haute-tension est tombée dans le jardin d’un particulier au hameau de Vassonville (voir encadré).

- Partout : des toitures endommagées, des antennes et des paraboles descellées, des arbres cassés, des panneaux de signalisation ou publicitaires envolés, des hangars effondrés…


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