| On ne comptait plus vendredi soir le
nombre de tuiles envolées, de toitures arrachées, darbres déracinés en travers
de la route. Plusieurs milliers de foyers ont été privés délectricité entre 14
h 30 et 3 heures du matin. Lundi, 300 clients attendaient encore lélectricité. Si
elle na pas atteint le niveau de celle du 26 décembre 1999, la tempête a tout de
même soufflé à 96 km/h de moyenne, et jusquà 130 km/h en rafale (149 km/h
enregistrés par un particulier à Criel). Etat des lieux avec tous nos correspondants sur
place. Cinquante et un nuds en moyenne (94 km/h) au
sémaphore de Dieppe, une rafale à 63 nuds en début daprès-midi (118 km/h),
puis une autre plus forte à 70 nuds (130 km/h) en fin daprès-midi. A
Criel-sur-Mer, un particulier équipé dun anémomètre a enregistré 149 km/h en
début daprès-midi. Si elle na pas atteint le niveau de celle du 26 décembre
1999, la tempête qui a sévi sur tout le Nord de la France vendredi après-midi nen
reste pas moins dune violence inhabituelle.
Cest vers 11 h 30 vendredi matin que lavis de vigilance orange
(intensité 3 sur une échelle de 4) a été lancé par Météo France. Et ses prévisions
se sont avérées. Par bonheur, les vents violents qui ont soufflé entre 14 h 30 et 22 h
30 nont fait aucune victime. Ce qui nest hélas pas le cas en Picardie (quatre
personnes écrasées par un arbre dans leur voiture) ou en région parisienne (une dame
écrasée par un arbre à Paris et un homme décapité par une tôle balayée par le vent
dans les Yvelines). En Seine-Maritime, le préfet a fait fermer le pont de Normandie, puis
les ponts de Tancarville et de Brotonne à la suite du renversement dun poids lourd
sur celui-ci.
Les trois chalutiers qui étaient en mer au début du brutal coup de vent sont
rentrés en catastrophe au port vers 15 heures. Ils ont pu sy mettre à labri
sans bobos. Le remorqueur a même dû aider le ferry « le Dieppe » à sortir du port
vers 21 heures. Et malgré la présence de quelques téméraires qui voulaient voir les
éléments se déchaîner en bordure de mer, les vagues qui passaient allègrement
par-dessus les jetées nont blessé personne, ni à Dieppe, ni à Pourville. Aucun
bâtiment ne sest effondré sur ses occupants.
Coupures délectricité
En revanche, toutes les toitures, ou presque, ont souffert
de la puissance dun vent qui na molli que vers 22 h 30 le soir. Les premières
rafales violentes sont arrivées sur Dieppe vers 14 heures. Lintensité maximum de
cette première vague a été ressentie vers 14 h 45 15 heures, puis vers 16 heures
le vent a molli, laissant entrevoir la fin de la tempête. Mais ce nétait
quune courte accalmie : vers 17 heures, ça se remettait à souffler dur en bord de
mer, où les bourrasques ne se sont véritablement calmées que vers 22 h 30.
Résultat de ce coup de boutoir dEole : 34 000 foyers étaient privés
délectricité dans le département vendredi soir. Mais la mobilisation des agents
EDF (70 agents de nuit, et douze équipes de deux à quatre personnes en fin de journée
samedi) a permis de rétablir la situation plus rapidement quen décembre 1999. Mais
progressivement toutefois, et tardivement pour certains abonnés isolés.
Samedi matin à 8 h 30, 13 000 foyers avaient été réalimentés. Ceux du
secteur du Petit-Caux, dEnvermeu, des vallées de lYères et de la Bresle
lavaient été dès 3 heures du matin. A Offranville, un quartier plongé dans le
noir lavait été dès le soir-même. A Luneray, faute délectricité, les
employés de Lunor ont dû être mis en chômage technique vendredi après-midi.
Dimanche matin, un millier de clients étaient toujours privés de courants. Un
sérieux problème pour ceux dont létat de santé nécessite lusage
dappareils médicaux (respirateurs
) ou qui se chauffent à laide de
convecteurs. Lundi matin, 300 clients isolés autour de Dieppe, Neufchâtel et Gournay,
nétaient toujours pas raccordés.
« Forte tempête hivernale »
Les pompiers, évidemment, se sont mobilisés vendredi et
samedi avec abnégation : 150 appels pour les hommes de la caserne de Dieppe (mais environ
le double dinterventions) vendredi, et encore une vingtaine samedi. Une cinquantaine
dhommes étaient sur le terrain pendant le coup de vent.
Les services techniques des communes et les agents de la DDE étaient également
sur place pour dégager les routes et les trottoirs.
Reste maintenant aux particuliers à nettoyer les jardins aux arbres dévastés
et aux couvreurs à renforcer les toitures fragilisées.
Ce coup de vent a été qualifié de « forte tempête hivernale » par Météo
France. Reste à savoir si la préfecture décrètera létat de catastrophe
naturelle
Aux quatre coins des cantons
- Auffay, RN27 : une remorque sest retournée sur la
deux fois deux voies. Son propriétaire a tenté de le redresser lui-même. La circulation
a été perturbée. Un clocher de la collégiale sest décroché et a traversé le
toit de léglise.
- Belleville-sur-Mer : la cabine téléphonique installée entre la mairie et
lécole a plié sous le vent, et une partie sest envolée.
- Berneval-le Grand : les tuiles de léglise ont été balayées, et un
arbre sest couché en travers de lavenue Raus.
- La Chaussée : deux chapiteaux du marché de Noël se sont envolés. Mais
lanimation prévue aura bien lieu le 22 décembre.
- Criel-sur-Mer : plusieurs caravanes se sont renversées dans les campings. Un
agriculteur qui effectue des relevés pour Météo France a enregistré 149 km/h en début
daprès-midi sur son anémomètre.
- Dieppe : plusieurs accidents de voitures à cause du vent, la remorque
dun tracteur sest couchée dans un champ au rond-point de But.
- Envermeu : une ligne haute-tension est tombée au sol.
- Offranville : la hêtraie a été fermée à la circulation.
- Penly : la toiture de lécole se soulevant dangereusement, le groupe
scolaire a été évacué vendredi après-midi.
- Quiberville-sur-Mer : une cheminée sest abattue sur le toit dune
propriété.
- Saint-Martin-en-Campagne : une ligne haute-tension est tombée dans le jardin
dun particulier au hameau de Vassonville (voir encadré).
- Partout : des toitures endommagées, des antennes et des paraboles
descellées, des arbres cassés, des panneaux de signalisation ou publicitaires envolés,
des hangars effondrés
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