Journal du 14 décembre 2004

La pêche au cabillaud réduite par la commission européenne
Le mécontentement des marins dieppois

Les pêcheurs dieppois sont en colère. Les dernières propositions de la commission européenne ont revu à la baisse le nombre de jours de pêche au cabillaud. Désormais, les bateaux ne pourront plus sortir que quatorze jours par mois. C’est insuffisant, estime le comité régional des pêches.

Quatorze jours de pêche par mois pour les fileyeurs de la Manche Ouest, zéro pour ceux fréquentant certaines zones de la Mer du Nord : voilà les propositions faites, mercredi dernier, par la commission européenne concernant la pêche au cabillaud, à la sole et à la plie.

Des mesures destinées à permettre la reconstitution des stocks de ces trois espèces et qui ont bien évidemment fait grincer des dents les pêcheurs.

Ecœurement
et effets néfastes

Les représentants des comités régionaux et locaux de pêche et des organisations de producteurs de Haute-Normandie et du Nord-Pas-de-Calais se disent « écœurés par ces nouvelles mesures et par la manière de procéder de la commission européenne ».

« Les propositions ont été rendues publiques au dernier moment, il n’y a eu aucune concertation avec les professionnels et aucune information du comité consultatif régional de la Mer du Nord », souligne Alexis Maheut, président du comité régional des pêches de Haute-Normandie.

Quatorze jours de pêche, « ce n’est tout simplement pas rentable. Les bateaux ne pourront pas vivre avec aussi peu de jours d’activité », assure Alexis Maheut. Quant aux secteurs fermés à la pêche en Mer du Nord pour permettre à la ressource de se reproduire, les pêcheurs craignent des effets néfastes: « Il y aura inévitablement un report d’effort sur la Manche, et l’immobilisation de certaines flottilles. Ce n’est pas envisageable », estiment les professionnels.

Réunis en assemblée la semaine dernière, ils ont décidé de faire des contre-propositions à la commission européenne. Ils demandent que la sole de la Manche Est soit retirée de la liste des espèces concernées, et que les mesures de gestion soient mieux adaptées aux quantités de cabillaud capturées par chacune des flottilles. Ils souhaitent également qu’une différenciation soit faite entre les trémails à sole (au 90 mm) et les filets droits classiques (au 120 mm) en vue d’obtenir une dérogation pour les premiers qui capturent peu de cabillaud. Pour les fileyeurs, ils veulent une limitation à vingt jours de pêche par mois dans les zones VIId et IVe au lieu des quatorze proposés aujourd’hui. Enfin, ils demandent un encadrement de la flottille par un permis de pêche spécial et la possibilité de transfert d’une partie du quota des zones VIId et IVe.

Selon le comité national des pêches maritimes et des élevages marins, « la direction des pêches maritimes a souscrit pleinement à ces réactions et elle a indiqué son intention de refuser la discussion de telles propositions à l’occasion du prochain conseil des ministres et de défendre les positions des professionnels français ». Elle s’est par ailleurs déclarée opposée à la définition de sanctions dans le règlement en cas d’infractions qui aboutiraient à une double peine.

M. DS.


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