Journal du 10 décembre 2004

L'Etat transfère ses biens aux collectivités
Qui veut du château d'Arques ?

Guillaume le Conquérant, Henri-IV et Jeanne d’Arc y sont passés. Aujourd’hui, ses ruines attirent encore de nombreux visiteurs. Propriété de l’Etat, le château d’Arques est sur la liste des 147 biens transférables. Le château est proposé à toute collectivité territoriale qui accepterait de le gérer.

Un drapeau normand flotte encore sur les ruines. La nature a repris ses droits, mais le site garde encore toute sa majesté d’antan.

Le château d’Arques surplombe la vallée et attire encore de nombreux visiteurs. Construit au Xe siècle, il est aujourd’hui propriété de l’Etat. Mais il fait partie du lot des 147 monuments historiques que l’Etat propose de transférer aux collectivités.

Marie-Christiane de la Conté, conservatrice régionale des Monuments historiques se veut rassurante: « Le château n’est pas à vendre, il est transférable. C’est-à-dire qu’il fait partie de la liste des monuments appartenant à l’Etat et qui peuvent être transférés aux collectivités qui en feraient la demande ». La commune, le conseil général, le conseil régional ou la communauté d’agglomération peuvent ainsi être intéressés.

« Il n’en est pas question, clame le maire d’Arques-la-Bataille, Guy Sénécal Il est impensable que la commune le prenne à sa charge. Nous pourrions y consacrer tout le budget municipal tant l’entretien est coûteux. Nous n’avons pas la dimension pour gérer ça ». Et il assène: « C’est un peu comme si on demandait à un RMiste d’acheter une Ferrari ».

Une opinion que partage la conservatrice: « C’est très difficile à gérer, parce que le château est en ruine. Il faut donc toujours être attentif. Les travaux sont quasi permanents, parce que la tendance naturelle de la ruine est à la destruction ».

Le maire a plaidé pour la réouverture du château sous certaines conditions de sécurité et pour l’organisation de divers projets culturels liés au château « sans soutien des services de l’Etat » assure-t-il, précisant: « Le château d’Arques a au moins un intérêt régional, même si je pense qu’il a un intérêt national ».

« L’objectif de ces transferts est la mise en valeur du patrimoine et l’organisation de projets culturels » rappelle Marie-Christiane de la Conté.

Et si personne ne le prend en charge, le château d’Arques « restera dans les mains de l’Etat qui poursuivra son action comme il le fait actuellement » souligne la conservatrice.

Reste que la liste des biens nationaux à céder, dévoilée par le ministre de la Culture doit encore être validée par un décret en conseil d’Etat prévu avant la fin de l’année. Les collectivités territoriales auront encore un an pour se décider.

S. B.


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