|
Journal du 7 décembre 2004
Le professeur Mallet
y travaille au CHU de Rouen
A quand un vaccin contre la méningite B ?
| Il aura fallu dix ans pour vacciner
efficacement les enfants contre la méningite à pneumocoques. Combien de temps
faudra-t-il pour mettre au point un vaccin contre la méningite à méningocoques de type
B, qui fait actuellement de trop nombreuses victimes dans la région dieppoise ? «
Bientôt, jespère » lance le Pr Mallet, chef du service pédiatrie du CHU de Rouen
qui participe aux recherches. La conférence portait sur
lefficacité du vaccin contre la méningite à pneumocoques, désormais remboursé
par la sécurité sociale. Mais la discussion a forcément glissé vers la méningite à
méningocoques et particulièrement celle de type B, très présente sur la région
dieppoise et pour laquelle il nexiste pas de vaccin.
« Cela fait déjà dix ans que les laboratoires de recherche y travaillent, et
je pense quon va y arriver, expliquait vendredi matin le Pr Mallet, chef du service
pédiatrie du CHU Charles-Nicolle de Rouen. Associé aux recherches par le biais du centre
de recherches cliniques de Rouen, le Pr Mallet a aussi participé aux recherches sur le
vaccin à neuf souches de pneumocoques et à méningocoque C qui vient de sortir. Des
vaccins dont lefficacité ne peut être contestée. Ils sont dailleurs
désormais remboursés par la Sécu, car selon le médecin rouennais « les microbes
étant de plus en plus résistants aux antibiotiques, la vaccination est le meilleur moyen
».
« La méningite peut soit être contractée par des pneumocoques, qui
provoquent également des otites et autres infections ORL, soit par des méningocoques de
trois types, - A surtout présent en Afrique, C surtout présent en France et en
Angleterre, et B présent un peu partout - et qui posent le plus de problèmes, explique
le Pr Mallet. Associé à un laboratoire privé, il uvre pour la généralisation
auprès des enfants en bas-âge dun vaccin à sept souches de pneumocoques. Un
vaccin qui doit être administré entre 2 et 4 mois, et qui agit jusquà lâge
de 2 ans, période où le nourrisson est le plus fragile et risque le plus de souffrir des
séquelles dune méningite (surdité, affections cérébrales
).
Essai transformé contre le «
méningo » C
Ce vaccin à sept souches a été lancé en 1995 aux
Etats-Unis. Associé à un antigène qui permet à lenfant en bas-âge de fixer et
reconnaître les souches de bactéries, et donc préparer ses anticorps à une éventuelle
agression bactérienne, il a été distribué dans le monde à raison de 57 millions de
doses. En France, 55 % des enfants de moins dun an ont été vaccinés, mais le Pr
Mallet espère arriver bientôt à un taux de 80 %.
Après lâge de 2 ans, le corps humain reconnaît les souches
bactériennes, et un vaccin à 23 souches de pneumocoques, sans nécessité
dantigène, peut être administré. Quant au nouveau vaccin, sur lequel travaille
notamment le médecin rouennais, il permettrait aux nourrissons de lutter efficacement
contre neuf types de pneumocoques, et surtout contre le méningocoque C. Les
méningocoques sont en effet des bactéries plus inquiétantes que les pneumocoques, qui
sattaquent directement au cerveau. Mais le fait davoir pu prévenir le
méningocoque C laisse augurer quil devrait en aller de même pour les
méningocoques A et B.
« Je ne sais pas dans quel délai, mais nous y arriverons, jai bon
espoir, concluait vendredi le médecin-chercheur. Allant jusquà fixer à ses
interlocuteurs un rendez-vous « pour le vaccin contre le méningo B dans le délai le
plus bref possible ». Le méningocoque B a fait depuis le début de lannée 25
victimes en Seine-Maritime, dont 10 dans la seule agglomération de Dieppe (dont un mortel
à Offranville, le nombre total de victimes décédées étant de trois depuis deux ans).
Cest dire si les familles dieppoises attendent impatiemment un tel vaccin
O.B. |
Archives 1998 Archives 1999 Archives 2000 Archives
2001 Archives 2002
Archives 2003 Archives
2004
Recherche Accueil
|