| La décision est loin dêtre
prise mais des propositions ont été faites. Lors dune réunion tenue lundi
dernier, Pourville-sur-Mer et la rade dAntifer ont été proposées par le préfet
maritime comme zone de refuge et daccueil provisoire de bâtiment en difficulté en
Manche. La décision est dans les mains du préfet maritime et devra être soumise aux
maires des communes concernées. Rien nest arrêté, mais
cest vrai que le site de Pourville, commune dHautot-sur-Mer, a été proposé
comme zone de refuge des navires en difficulté » reconnaît Louis-Michel Bonté,
sous-préfet de Dieppe.
Le dossier est sur le bureau du préfet maritime de la Manche et de la Mer du
Nord qui tenait une réunion lundi dernier à la préfecture de Rouen. Les maires de
Dieppe, du Havre, de Saint-Jouin-Bruneval et dHautot-sur-Mer étaient présents. Le
préfet maritime, le contre-amiral Edouard Guillaud, les a informés de la mise en
uvre du dispositif de sauvetage de bâtiments en difficulté.
Le préfet maritime a ainsi proposé la rade du Havre, Antifer et
Pourville-sur-Mer pour accueillir les navires rencontrant des soucis en mer : « Il
sagit de trouver une zone de refuge et daccueil de bateaux en difficulté,
juste le temps de régler le problème provisoirement, de façon à ce quils
rejoignent un port pour des réparations » explique Gérard Moulin, chef de service du
cabinet à la sous-préfecture qui a assisté à la réunion. Il précise : « Le dossier
nen est quau stade de la réflexion et les propositions sont faites sur la
base dexpertises réalisées par les professionnels du pilotage des navires ».
Rien nest définitif
Lundi, lors de la réunion, les maires ont pu donner leur
avis et la décision leur sera soumise avant la fin du mois.
Actuellement, si un bateau rencontre des soucis en mer, le préfet choisit le «
port refuge » au cas par cas. Et même si la décision ne doit pas changer
fondamentalement le travail du Cross Gris-Nez (qui coordonne les secours en mer), elle
devrait, malgré tout, le faciliter puisque, pour le moment, aucun port nest classé
comme zone de refuge pour les bateaux « en raison de la levée de boucliers des élus. »
Et on peut comprendre linquiétude des habitants qui peuvent voir arriver
un bateau chargé de bananes ou un chargement bien plus difficile à gérer, en
particulier pour une petite commune très touristique comme Pourville-sur-Mer.
Les graves pollutions de ces dernières années peuvent inquiéter les habitants
et cest sans doute ce qui pèsera dans la balance lorsque le préfet maritime aura
à prendre sa décision.
Reste que le directeur du cabinet de la sous-préfecture se veut rassurant : «
Il ne sagira que de navires de petit tonnage, de pêche ou de commerce » soulignant
que le remorquage des bateaux serait fait dans le strict respect de lenvironnement.
Cela étant, le projet des « ports refuges » prévoit laccueil de tous types de
navires.
A la réunion, Pourville semble avoir été évoquée comme « la moins mauvaise
des solutions » en raison de sa situation tant par rapport aux courants quà sa
géographie.
Victimes dun incendie, dune explosion, dune avarie, dun
abordage ou encore pour mettre en sécurité les personnes à bord, les bateaux pourraient
ainsi trouver un refuge à Pourville pour des réparations provisoires qui leur
permettraient de poursuivre leur route jusquà un port où ils profiteront de
travaux définitifs.
Et si le sujet est important, tous nos interlocuteurs précisent que rien
nest encore fait, Pourville ne faisant partie que des choix possibles.
S. B.
Ports et zones refuges
Même si les élus locaux le long des côtes françaises ne
semblent pas favorables à la mise en place de zones refuges, les autorités maritimes ont
remarqué leur nécessité depuis le drame écologique du Prestige. Renvoyé loin des
côtes espagnoles, le bateau navait pas résisté, larguant sa cargaison au large et
polluant les côtes françaises, espagnoles et portugaises.
Même si on ne peut pas refaire le passé, une zone refuge aurait peut-être
permis de réparer les plus graves dégâts, donnant au navire une chance supplémentaire
de rejoindre un port.
Dans ses conclusions du 29 avril 2003, le comité interministériel de la mer a
confirmé « la nécessité de mettre en uvre les dispositions sur les zones et
ports refuges décidés, par directive, au niveau communautaire ». Actuellement, les
autorités maritimes en sont donc à « lévaluation des moyens et à la définition
des sites ». |