Journal du 12 octobre 2004

Navires en difficulté en Manche
Pourville, zone de refuge ?

La décision est loin d’être prise mais des propositions ont été faites. Lors d’une réunion tenue lundi dernier, Pourville-sur-Mer et la rade d’Antifer ont été proposées par le préfet maritime comme zone de refuge et d’accueil provisoire de bâtiment en difficulté en Manche. La décision est dans les mains du préfet maritime et devra être soumise aux maires des communes concernées.

Rien n’est arrêté, mais c’est vrai que le site de Pourville, commune d’Hautot-sur-Mer, a été proposé comme zone de refuge des navires en difficulté » reconnaît Louis-Michel Bonté, sous-préfet de Dieppe.

Le dossier est sur le bureau du préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord qui tenait une réunion lundi dernier à la préfecture de Rouen. Les maires de Dieppe, du Havre, de Saint-Jouin-Bruneval et d’Hautot-sur-Mer étaient présents. Le préfet maritime, le contre-amiral Edouard Guillaud, les a informés de la mise en œuvre du dispositif de sauvetage de bâtiments en difficulté.

Le préfet maritime a ainsi proposé la rade du Havre, Antifer et Pourville-sur-Mer pour accueillir les navires rencontrant des soucis en mer : « Il s’agit de trouver une zone de refuge et d’accueil de bateaux en difficulté, juste le temps de régler le problème provisoirement, de façon à ce qu’ils rejoignent un port pour des réparations » explique Gérard Moulin, chef de service du cabinet à la sous-préfecture qui a assisté à la réunion. Il précise : « Le dossier n’en est qu’au stade de la réflexion et les propositions sont faites sur la base d’expertises réalisées par les professionnels du pilotage des navires ».

Rien n’est définitif

Lundi, lors de la réunion, les maires ont pu donner leur avis et la décision leur sera soumise avant la fin du mois.

Actuellement, si un bateau rencontre des soucis en mer, le préfet choisit le « port refuge » au cas par cas. Et même si la décision ne doit pas changer fondamentalement le travail du Cross Gris-Nez (qui coordonne les secours en mer), elle devrait, malgré tout, le faciliter puisque, pour le moment, aucun port n’est classé comme zone de refuge pour les bateaux « en raison de la levée de boucliers des élus. »

Et on peut comprendre l’inquiétude des habitants qui peuvent voir arriver un bateau chargé de bananes ou un chargement bien plus difficile à gérer, en particulier pour une petite commune très touristique comme Pourville-sur-Mer.

Les graves pollutions de ces dernières années peuvent inquiéter les habitants et c’est sans doute ce qui pèsera dans la balance lorsque le préfet maritime aura à prendre sa décision.

Reste que le directeur du cabinet de la sous-préfecture se veut rassurant : « Il ne s’agira que de navires de petit tonnage, de pêche ou de commerce » soulignant que le remorquage des bateaux serait fait dans le strict respect de l’environnement. Cela étant, le projet des « ports refuges » prévoit l’accueil de tous types de navires.

A la réunion, Pourville semble avoir été évoquée comme « la moins mauvaise des solutions » en raison de sa situation tant par rapport aux courants qu’à sa géographie.

Victimes d’un incendie, d’une explosion, d’une avarie, d’un abordage ou encore pour mettre en sécurité les personnes à bord, les bateaux pourraient ainsi trouver un refuge à Pourville pour des réparations provisoires qui leur permettraient de poursuivre leur route jusqu’à un port où ils profiteront de travaux définitifs.

Et si le sujet est important, tous nos interlocuteurs précisent que rien n’est encore fait, Pourville ne faisant partie que des choix possibles.

S. B.

Ports et zones refuges

Même si les élus locaux le long des côtes françaises ne semblent pas favorables à la mise en place de zones refuges, les autorités maritimes ont remarqué leur nécessité depuis le drame écologique du Prestige. Renvoyé loin des côtes espagnoles, le bateau n’avait pas résisté, larguant sa cargaison au large et polluant les côtes françaises, espagnoles et portugaises.

Même si on ne peut pas refaire le passé, une zone refuge aurait peut-être permis de réparer les plus graves dégâts, donnant au navire une chance supplémentaire de rejoindre un port.

Dans ses conclusions du 29 avril 2003, le comité interministériel de la mer a confirmé « la nécessité de mettre en œuvre les dispositions sur les zones et ports refuges décidés, par directive, au niveau communautaire ». Actuellement, les autorités maritimes en sont donc à « l’évaluation des moyens et à la définition des sites ».


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