La France entière sétait émue
du sort des salariés abandonnés par leur patron, qualifié de voyous par les politiques
en janvier 2003. Vendredi, le substitut du procureur général auprès de la cour
dappel de Rouen donnait volontairement ses conclusions. Mercredi, dans ses
réquisitions, il demandera la réforme du jugement du conseil des prudhommes qui
qualifiait les licenciements dabusifs.« Même en
relisant dix fois, je narrive toujours pas à y croire ». Le visage blanc de
colère et de fatigue, les salariés de Palace Parfums ne comprennent pas ce qui leur
arrive.
Mercredi dernier, 19 des 48 salariés obtenaient de Parfums des champs - le
donneur dordres de Palace Parfums - 70000 euros dindemnités et de dommages et
intérêts. Une victoire qui sonne comme une étape dans une affaire à rebondissements.
Mercredi prochain, le round suivant doit avoir lieu à la cour dappel de Rouen où
les salariés attendent une décision en ce qui concerne le paiement des heures
supplémentaires par Palace Parfums.
Vendredi, pourtant, le substitut du procureur général auprès la cour
dappel de Rouen donnait ses conclusions. Et celles-ci ont choqué: « Cest
inadmissible » assène Sylvain Bienaimé, secrétaire de la CFDT.
Maître Marie-Pierre Ogel, avocate des salariés, ne comprend pas plus: « Je ne
mexplique pas comment le procureur général peut en arriver là ».
Lavocate développe en précisant: « Le parquet général, dans ses
réquisitions, qualifie les licenciements déconomiques » au motif que la société
était en liquidation. Et pour cause : il ny avait plus personne pour faire tourner
la boutique. Mais cest « le principe même de lintervention du procureur
général qui est choquante » indique lavocate: « Il en a la possibilité dans les
textes, mais cest la première fois en dix ans de carrière que je vois un parquet
intervenir dans une procédure prud'homale. Il dit intervenir pour lordre public, il
fait exactement le contraire ».
Et la colère des salariés, qui promettent dêtre tous là mercredi à
Rouen pour entendre le procureur, en dit long.
Reste ensuite à savoir si la chambre sociale de la cour dappel décidera
de réclamer les dommages et intérêts (dix mois de salaire) obtenus devant les
prudhommes par les salariés au titre du licenciement abusif: « Je ne pense pas que
nous en arrivions là, rassure Marie-Pierre Ogel. La chambre sociale est un corps
indépendant composé de magistrats du siège ».
Rien ne pouvait laisser penser aux salariés que leur affaire en arriverait là.
Ce sont les AGS (assurance garantie des salaires) qui ont interjeté appel pour
une partie des intérêts. Le liquidateur, lui même, na pas choisi oralement cette
position mais il peut très bien changer davis.
Mercredi, lavocate des salariés doit se rendre à Rouen pour réclamer le
solde des heures supplémentaires dues pour le travail réalisé à domicile, soit une
somme de 384700 euros.
Et au fil du combat, la justice demande aux salariés dattendre la fin de
la procédure pénale. Une attente qui commence à être longue pour toutes celles qui ont
retrouvé une entreprise totalement vide en janvier 2003.
Elles attendent des explications quelles espèrent avoir mercredi.
S. B.