| La famille Voisin est lune des
familles varengevillaises qui a payé le plus lourd tribut à la guerre. Sur cinq fils
partis combattre sur le front, trois ne sont jamais revenus. Le quatrième, gazé, est
décédé quelques années plus tard. Comme tous les villages de
France, Varengeville a commémoré, hier, jeudi 11 novembre, lArmistice de la Grande
Guerre 14-18.
Au pied du monument qui porte le nom des enfants de Varengeville morts pour la
patrie, le président de la section locale des anciens combattants, Pierre Ducamp, a
évoqué la mémoire des frères Voisin, morts aux combats : Ernest, tué en 1916, Marcel
et Prosper, tués en 1918. Noël, lui, est rentré mais décédait quelques années plus
tard en 1924.
Une famille décimée qui nna pu garder quun seul de ses fils,
Adolphe, laîné seul rescapé de lenfer.
Ils étaient jeunes, Adolphe, 25 ans, Prosper, 23 ans, Ernest, 22 ans, Noël 21
ans, Marcel, 18 ans. Pour eux, lavenir, cétait sans doute de continuer
exploiter la ferme familiale installée rue Hamel-Aubin près de la descente à la mer de
varengeville, se marier, fonder une famille. Des projets, comme en nourrissent tous les
jeunes gens et que la folie meurtrière des hommes a bien vite anéantis.
Morts en 1916, 1918 et 1924
Une jeunesse balayée pour rejoindre le front, dans
lartillerie. « Cétait là quil y a eu le plus grand nombre de morts.
Ils étaient les plus exposés », a souligné le président Ducamp.
En 1916, la famille Voisin pleure déjà la disparition dErnest, tué sur
le front de la Somme. Il sera enterré à Albert, dans la Somme.
Deux ans plus tard, le malheur sabat de nouveau sur la famille, Prosper et
Marcel ne rentreront pas au foyer.
Marcel, que la guerre navait cependant pas empêché de prendre épouse,
laissera une veuve et un orphelin en mourant au front dans la dernière année de la
guerre.
Noël, quant à lui, sera rapatrié des Dardanelles. « Sur le bateau qui le
ramenait, il avait entendu les infirmiers parler entre eux : « celui-là ne va pas aller
loin, on pourra le balancer par-dessus bord », raconte Claude Voisin, fils
dAdolphe.
Noël est bien rentré, mais il est décédé sept ans plus tard. La famille
pleurait à nouveau lun des siens.
Adolphe, lui, le plus chanceux si lon peut dire, a fondé une famille. Il
a eu six enfants, dont Claude qui exploite toujours à Varengeville la terre familiale.
Cest Claude, qui, aujourdhui, est la mémoire de lhistoire de cette
famille exemplaire.
Michèle Lebourg
Le village a donné quarante-deux
de ses enfants
Le 25 octobre 1919 le gouvernement promulgue une loi selon
laquelle les communes qui souhaitent honorer leurs glorieux morts pourront profiter
dune indemnité octroyée par le gouvernement. La décision est accueillie avec
enthousiasme par la plupart des communes de France qui décident dériger un
monument à la gloire de leurs disparus.
Le 15 juillet 1923, le monument aux Morts de Varengeville-sur-Mer était
inauguré en présence des autorités administratives et religieuses.
Au cours de lappel aux morts, quarante-deux enfants du village furent
cités, dont les frères Voisin.
Trois de ces valeureux soldats reposent au cimetière marin du village. |