Journal du 12 novembre 2004

La famille varengevillaise avait perdu quatre de ses cinq fils
Les quatre frères Voisin étaient morts en 14-18

La famille Voisin est l’une des familles varengevillaises qui a payé le plus lourd tribut à la guerre. Sur cinq fils partis combattre sur le front, trois ne sont jamais revenus. Le quatrième, gazé, est décédé quelques années plus tard.

Comme tous les villages de France, Varengeville a commémoré, hier, jeudi 11 novembre, l’Armistice de la Grande Guerre 14-18.

Au pied du monument qui porte le nom des enfants de Varengeville morts pour la patrie, le président de la section locale des anciens combattants, Pierre Ducamp, a évoqué la mémoire des frères Voisin, morts aux combats : Ernest, tué en 1916, Marcel et Prosper, tués en 1918. Noël, lui, est rentré mais décédait quelques années plus tard en 1924.

Une famille décimée qui nn’a pu garder qu’un seul de ses fils, Adolphe, l’aîné seul rescapé de l’enfer.

Ils étaient jeunes, Adolphe, 25 ans, Prosper, 23 ans, Ernest, 22 ans, Noël 21 ans, Marcel, 18 ans. Pour eux, l’avenir, c’était sans doute de continuer exploiter la ferme familiale installée rue Hamel-Aubin près de la descente à la mer de varengeville, se marier, fonder une famille. Des projets, comme en nourrissent tous les jeunes gens et que la folie meurtrière des hommes a bien vite anéantis.

Morts en 1916, 1918 et 1924

Une jeunesse balayée pour rejoindre le front, dans l’artillerie. « C’était là qu’il y a eu le plus grand nombre de morts. Ils étaient les plus exposés », a souligné le président Ducamp.

En 1916, la famille Voisin pleure déjà la disparition d’Ernest, tué sur le front de la Somme. Il sera enterré à Albert, dans la Somme.

Deux ans plus tard, le malheur s’abat de nouveau sur la famille, Prosper et Marcel ne rentreront pas au foyer.

Marcel, que la guerre n’avait cependant pas empêché de prendre épouse, laissera une veuve et un orphelin en mourant au front dans la dernière année de la guerre.

Noël, quant à lui, sera rapatrié des Dardanelles. « Sur le bateau qui le ramenait, il avait entendu les infirmiers parler entre eux : « celui-là ne va pas aller loin, on pourra le balancer par-dessus bord », raconte Claude Voisin, fils d’Adolphe.

Noël est bien rentré, mais il est décédé sept ans plus tard. La famille pleurait à nouveau l’un des siens.

Adolphe, lui, le plus chanceux si l’on peut dire, a fondé une famille. Il a eu six enfants, dont Claude qui exploite toujours à Varengeville la terre familiale. C’est Claude, qui, aujourd’hui, est la mémoire de l’histoire de cette famille exemplaire.

Michèle Lebourg

Le village a donné quarante-deux de ses enfants

Le 25 octobre 1919 le gouvernement promulgue une loi selon laquelle les communes qui souhaitent honorer leurs glorieux morts pourront profiter d’une indemnité octroyée par le gouvernement. La décision est accueillie avec enthousiasme par la plupart des communes de France qui décident d’ériger un monument à la gloire de leurs disparus.

Le 15 juillet 1923, le monument aux Morts de Varengeville-sur-Mer était inauguré en présence des autorités administratives et religieuses.

Au cours de l’appel aux morts, quarante-deux enfants du village furent cités, dont les frères Voisin.

Trois de ces valeureux soldats reposent au cimetière marin du village.


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