«Cest un homme brisé mais attachant »
explique en préambule maître Stéphane Barbier, lavocat de Gérard Delaunay.
Lauteur présumé du double meurtre de Saint-Pierre-Bénouville a été placé en
détention provisoire jeudi 4 novembre à lissue de sa garde à vue. Présenté au
juge dinstruction, il a été immédiatement conduit à la maison darrêt de
Rouen. Une mise en détention pour homicide volontaire et tentative dhomicide
volontaire avec préméditation.Gérard Delaunay aurait déjà donné un
début dexplications sur les conditions de son geste. Il reverra le juge
dinstruction, Antoine Le Vaillant de Charny, plus tard pour de nouvelles auditions.
Une chose semble dores et déjà établie : il sagit dun crime
passionnel, un véritable cas décole. « Mon client est un bon père de famille. Il
na jamais eu de problème avec la justice. Sa vie a simplement basculé dans une
passion amoureuse » précise son avocat. Une passion qui a tourné à la pulsion
criminelle au point de tuer sa femme et le nouveau compagnon de celle-ci.
« Il sagit dun amour inconditionnel qui peut faire perdre la raison
» ajoute le défenseur de lancien routier âgé de 52 ans. Il est sans doute encore
trop tôt pour élaborer une stratégie de défense, mais lavocat du barreau de
Dieppe attend les prochaines auditions pour développer une argumentation qui
sannonce quoi quil arrive délicate. « Mon client regrette son geste qui est
littéralement un geste amoureux » estime maître Barbier.
Un geste qui a tout de même coûté la vie à deux personnes et aurait pu aussi
être fatal à un troisième qui se trouvait dans la maison de Saint-Pierre-Bénouville.
« Mon client na pas tout maîtrisé, mais il navait pas la volonté de tuer
cette troisième personne. M. Delaunay appartient à une famille honorablement connue à
qui on ne peut faire aucun reproche ». Une famille brisée par la disparition de leur
mère et le geste fou de leur père. « La famille a un deuil à porter. Mon client est
effondré, anéanti, détruit psychologiquement ». A la sortie du tribunal, jeudi
après-midi, Gérard Delaunay est sorti sous une couverture entouré dune bonne
escorte de gendarmerie. Il a ensuite rejoint la prison Bonne-Nouvelle à Rouen en
attendant son procès.
L. H.