Journal du 9 novembre 2004

La défense du meurtrier présumé
de Saint-Pierre-Bénouville
se précise

Un homme brisé mais "attachant"

«C’est un homme brisé mais attachant » explique en préambule maître Stéphane Barbier, l’avocat de Gérard Delaunay. L’auteur présumé du double meurtre de Saint-Pierre-Bénouville a été placé en détention provisoire jeudi 4 novembre à l’issue de sa garde à vue. Présenté au juge d’instruction, il a été immédiatement conduit à la maison d’arrêt de Rouen. Une mise en détention pour homicide volontaire et tentative d’homicide volontaire avec préméditation.

Gérard Delaunay aurait déjà donné un début d’explications sur les conditions de son geste. Il reverra le juge d’instruction, Antoine Le Vaillant de Charny, plus tard pour de nouvelles auditions. Une chose semble d’ores et déjà établie : il s’agit d’un crime passionnel, un véritable cas d’école. « Mon client est un bon père de famille. Il n’a jamais eu de problème avec la justice. Sa vie a simplement basculé dans une passion amoureuse » précise son avocat. Une passion qui a tourné à la pulsion criminelle au point de tuer sa femme et le nouveau compagnon de celle-ci.

« Il s’agit d’un amour inconditionnel qui peut faire perdre la raison » ajoute le défenseur de l’ancien routier âgé de 52 ans. Il est sans doute encore trop tôt pour élaborer une stratégie de défense, mais l’avocat du barreau de Dieppe attend les prochaines auditions pour développer une argumentation qui s’annonce quoi qu’il arrive délicate. « Mon client regrette son geste qui est littéralement un geste amoureux » estime maître Barbier.

Un geste qui a tout de même coûté la vie à deux personnes et aurait pu aussi être fatal à un troisième qui se trouvait dans la maison de Saint-Pierre-Bénouville. « Mon client n’a pas tout maîtrisé, mais il n’avait pas la volonté de tuer cette troisième personne. M. Delaunay appartient à une famille honorablement connue à qui on ne peut faire aucun reproche ». Une famille brisée par la disparition de leur mère et le geste fou de leur père. « La famille a un deuil à porter. Mon client est effondré, anéanti, détruit psychologiquement ». A la sortie du tribunal, jeudi après-midi, Gérard Delaunay est sorti sous une couverture entouré d’une bonne escorte de gendarmerie. Il a ensuite rejoint la prison Bonne-Nouvelle à Rouen en attendant son procès.

L. H.


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