Journal du 30 novembre 2004

A la cour d'appel de Rouen
Les six mareyeurs dieppois relaxés

Ils avaient été condamnés en décembre dernier à 6000 euros d’amende pour avoir trempé des noix de Saint-Jacques. Six mareyeurs dieppois viennent d’être relaxés par la cour d’appel de Rouen. Une grande satisfaction pour ces patrons qui avaient plaidé la « légitime concurrence ».

Je suis très soulagé. Et j’imagine que mes confrères le sont tout autant que moi. » C’est avec une grande satisfaction que le directeur de la société Gouyé et fils a appris sa relaxe, jeudi, par la cour d’appel de Rouen.

Ce mareyeur dieppois ainsi que cinq autres de ses confrères - société d’armement Rémy et compagnie, SARL Distrimer, société Got, société Hérouard et société Marée, coquillages et crustacés -, avaient été condamnés à 6000 euros d’amende chacun en décembre dernier pour avoir trempé des noix de coquilles Saint-Jacques dans de l’eau. Un contrôle de la gendarmerie et de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes en décembre 2002 avait mis à jour cette pratique illégale en France.

Au tribunal correctionnel de Dieppe, les six mareyeurs avaient notamment expliqué toute la difficulté de leur métier face à une concurrence de plus en plus rude: « Quatre-vingt-dix pour cent des noix étrangères sont trempées et vendues en toute légalité sur le territoire français à des prix défiant toute concurrence », avaient-ils souligné.

« Une réelle révolution »

La relaxe de la cour d’appel de Rouen est donc pour eux une excellente nouvelle. « En rendant cet arrêt, la justice a visiblement pris conscience de toute la difficulté de notre profession. C’est une réelle révolution pour nous. Reste à savoir si désormais, nous aurons l’autorisation ou pas de tremper les noix de Saint-Jacques », poursuit le patron de Gouyé et fils. Avant d’ajouter cependant: « La vraie solution serait d’interdire l’importation des noix écossaises, anglaises et irlandaises afin de nous laisser travailler dans la sérénité la noix sèche, comme nous l’avons fait pendant des années ».

Le parquet général, sur demande de la répression des fraudes, pourrait se pourvoir en cassation.

M. DS.


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