| Ils avaient été condamnés en
décembre dernier à 6000 euros damende pour avoir trempé des noix de
Saint-Jacques. Six mareyeurs dieppois viennent dêtre relaxés par la cour
dappel de Rouen. Une grande satisfaction pour ces patrons qui avaient plaidé la «
légitime concurrence ». Je suis très soulagé. Et
jimagine que mes confrères le sont tout autant que moi. » Cest avec une
grande satisfaction que le directeur de la société Gouyé et fils a appris sa relaxe,
jeudi, par la cour dappel de Rouen.
Ce mareyeur dieppois ainsi que cinq autres de ses confrères - société
darmement Rémy et compagnie, SARL Distrimer, société Got, société Hérouard et
société Marée, coquillages et crustacés -, avaient été condamnés à 6000 euros
damende chacun en décembre dernier pour avoir trempé des noix de coquilles
Saint-Jacques dans de leau. Un contrôle de la gendarmerie et de la direction
générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes en
décembre 2002 avait mis à jour cette pratique illégale en France.
Au tribunal correctionnel de Dieppe, les six mareyeurs avaient notamment
expliqué toute la difficulté de leur métier face à une concurrence de plus en plus
rude: « Quatre-vingt-dix pour cent des noix étrangères sont trempées et vendues en
toute légalité sur le territoire français à des prix défiant toute concurrence »,
avaient-ils souligné.
« Une réelle révolution »
La relaxe de la cour dappel de Rouen est donc pour eux
une excellente nouvelle. « En rendant cet arrêt, la justice a visiblement pris
conscience de toute la difficulté de notre profession. Cest une réelle révolution
pour nous. Reste à savoir si désormais, nous aurons lautorisation ou pas de
tremper les noix de Saint-Jacques », poursuit le patron de Gouyé et fils. Avant
dajouter cependant: « La vraie solution serait dinterdire limportation
des noix écossaises, anglaises et irlandaises afin de nous laisser travailler dans la
sérénité la noix sèche, comme nous lavons fait pendant des années ».
Le parquet général, sur demande de la répression des fraudes, pourrait se
pourvoir en cassation.
M. DS. |