Journal du 14 décembre 2004

Le député Alfred Trassy-Paillogues
réclame une "démarche qualité"

Plusieurs cas de maladies nosocomiales
autour de Saint-Valery-en-Caux

Des personnels soignants qui contractent le staphylocoque doré, un patient qui attrape une hépatite B: la multiplication des cas de maladies contractées à l’hôpital autour de Saint-Valery-en-Caux, comme dans la France entière, inquiète le député de la Xe circonscription. Alfred Trassy-Paillogues a interpellé le ministre de la Santé mardi dernier.

Malgré toutes les précautions, ces bactéries contractées à l’hôpital par des malades fragilisés se multiplient dans notre pays, comme par exemple dans ma circonscription à Saint-Valery-en-Caux il y a quelque temps (…) Plusieurs infirmières de ma région ont contracté le staphylocoque doré avec les conséquences définitives que l’on sait ». Le député Alfred Trassy-Paillogues n’y va pas par quatre chemins pour alerter le ministre de la Santé lors des questions d’actualité au gouvernement. C’était mardi dernier à l’Assemblée nationale, une question préparée avant que le ministre ne décide d’établir un classement des infections nosocomiales selon les différents services hospitaliers.

Mais nous avons voulu en savoir plus sur ces cas locaux rencontrés par l’élu UMP. S’il n’a pas voulu nous dire qui, quand et où exactement – pour des raisons de confidentialité médicale d’ordre privé que l’on peut comprendre – Alfred Trassy-Paillogues indique pourtant avoir rencontré « plusieurs personnes qui ont contracté une maladie nosocomiale en milieu hospitalier ». Et de raconter cette visite d’une délégation d’infirmières venues pour une question d’un tout autre ordre portant sur l’organisation de leur travail. « L’une d’elle n’arrivait presque plus à marcher. Je lui ai demandé ce qui s’était passé, et elle m’a raconté qu’elle avait contracté un staphylocoque doré qui lui bloquait complètement les articulations. Dans cette délégation, une deuxième infirmière souffrait exactement du même problème ».

« Surveiller le respect des procédures »

Voilà donc ces conséquences fatales exposées par le député lors de son intervention au Palais Bourbon. Et de nous évoquer aussi le cas de ce patient qu’il connaît qui, venu à l’hôpital pour subir une coloscopie, en est reparti avec le virus de l’hépatite B. Beaucoup de cas rencontrés en peu de temps, qui ont incité l’élu à monter au créneau.

« On demande une qualité d’hygiène maximum dans les lieux privés et même dans les autres lieux publics, fustige Alfred Trassy-Paillogues. La moindre des choses est qu’il en soit de même, et même mieux que cela, dans les établissements de soins. Des progrès conséquents peuvent être obtenus en acquérant du matériel de nettoyage performant, comme des machines à vapeur, et en surveillant scrupuleusement les méthodologies de nettoyage des locaux et de l’hygiène du personnel. A mon avis, ça ne représente pas grand-chose en terme de coût, mais il faut que toutes les catégories socioprofessionnelles, médecins, infirmières, aides-soignantes et personnel de nettoyage fassent un effort dans le lavage des mains et le respect des procédures. Quand on voit parfois certaines équipes de bras cassés dans le personnel de nettoyage des hôpitaux, il y a de quoi s’inquiéter. »

Et comme le fameux staphylocoque doré se trouve dans les cloisons nasales de tout un chacun, pourquoi ne pas « effectuer un lavage de nez à tous les patients avant une opération » s’interroge le député. Depuis quelques mois, avant chaque intervention, le patient doit se laver à la Bétadine de la tête aux pieds la veille de l’opération et le matin même. Des progrès ont été réalisés, mais à en croire Alfred Trassy-Paillogues, il reste des progrès à faire…

O. B.

La question et la réponse du ministre

« 800000 personnes contaminées chaque année, soit entre 6 à 10 % des patients hospitalisés, dont la moitié est âgée de plus de 65 ans, et le chiffre alarmant de 4000 victimes par an est communément avancé ». Dans sa question au ministre, Alfred Trassy-Paillogues évoque « un problème majeur de santé publique », car « si certaines infections restent bénignes, d’autres tuent ou laissent des séquelles importantes ».

Considérant que « les hôpitaux ne peuvent plus faire aujourd’hui l’économie d’une démarche qualité », le député de la Xe circonscription de Seine-Maritime demandait mardi dernier au ministre la publication de statistiques annuelles par établissement hospitalier. Une question préparée pour une réponse de Philippe Douste-Blazy qui l’était autant: il a confirmé les chiffres (7 % de patients contaminés et 4000 victimes par an) et a promis de « mettre en place des indicateurs » pour permettre aux patients de savoir « quels sont les meilleurs établissements dans la lutte contre les infections nosocomiales ».

Autre problème: la trop grande consommation d’antibiotiques, qui fait que le médicament n’a plus d’effets sur des bactéries contre lesquelles le corps a de plus en plus de mal à lutter. Le ministère annonce un « guide de bon usage des antibiotiques ». Quant au staphylocoque doré, qui vient d’un problème d’hygiène des mains, la formation du personnel sera accentuée. Et pour inciter les chefs de services au respect de ces procédures, « là encore nous publierons un indicateur ». On pourra donc choisir son hôpital ou sa clinique en fonction du classement…


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