| Le terrible drame de Pau, survenu le
18 décembre au sein dune unité psychiatrique, a reposé la question de la
sécurité du personnel à lhôpital. A Dieppe un système de bip a été mis en
place: il nempêche pas les incidents, mais rassure le personnel. Nous
avons comptabilisé 37 signalements de violences avec agressions physiques de mai à
juillet 2004 au sein de lhôpital ». Rien dexceptionnel pour le directeur du
centre hospitalier de Dieppe qui refuse de stigmatiser les événements qui se sont
déroulés à Pau. Il ne sagit évidemment pas de cautionner les actes de violence,
mais il faut apporter certaines nuances.
« Tout dabord, certaines agressions sont liées aux pathologies des
patients, comme en psychiatrie par ailleurs. Le secteur des personnes âgées est lui
aussi touché: parfois elles ne se laissent pas facilement prodiguer des soins. Et puis,
il y a les violences des urgences, liées le plus souvent à labus dalcool ou
aux polytoxicomanies », ajoute Yves Bloch.
Tous les actes de violence sont en tout cas consignés: « pas pour faire des
statistiques, mais pour montrer au personnel qu'il est écouté et soutenu ».
Autre fait notoire: 80 % du personnel est féminin et 90 % de ces femmes
travaillent en horaires décalés.
Ce qui a changé par rapport aux années antérieures, « cest que le
personnel est préparé, mais aussi, quil accepte de moins en moins les gestes
violents », précise le directeur.
Les agressions des tiers
Si certaines violences restent « acceptables », parce que justement liées aux
pathologies, dautres sont pour Yves Bloch intolérables. Plus concrètement, le
directeur relate deux cas: « Le week-end dernier, une jeune femme qui attendait aux
urgences sest fait molester par un homme présent également sur les lieux. La
semaine dernière, cest une infirmière qui a été agressée par une femme qui
simulait un coma ».
Heureusement, dans les deux cas, tout sest bien terminé. Nempêche
que des plaintes ont été déposées auprès des services de police.
Des bips dans le service
psychiatrie
Depuis cinq ans, le service psychiatrie dispose de bips remis aux agents
hospitaliers.
Lorsque lagent se sent menacé, il appuie sur le bouton. Si le bip tombe,
le système sactionne automatiquement.
Faiblesse du système: « A certains moments, le bip nest relié
quà un seul brancardier. Si celui-ci est occupé, il peut mettre du temps à
arriver. Mais cela se compte en seulement quelques minutes », explique Annie Navarre,
chef de service de psychiatrie et vice présidente du comité médical
détablissement.
Cette dernière tient par ailleurs à souligner que « la violence fait partie
intégrante du travail de psychiatrie. Nous ne voulons pas avoir une attitude de
méfiance, nous avons une fonction daccueil et nous devons nous préparer à cette
éventuelle violence ».
Si le système mis en place semble bien fonctionner, un protocole devrait
prochainement voir le jour afin de laméliorer.
V. V. |