| Il y en aura moins en 2004 que
lan dernier. Mais il nempêche que la moitié des cas dune souche
particulièrement sévère de méningite B recensés en France depuis le début de
lannée ont été enregistrés en Seine-Maritime. Et la région dieppoise reste le
foyer le plus important. Cest pourquoi les pouvoirs publics ont décidé dy
lancer une vaste campagne dinformation. On ne peut pas
parler dépidémie. Pour cela, il faudrait quil y ait eu trois cas dune
même souche dans le même secteur durant les trois derniers mois et quil y ait eu
plus de dix cas sur 100 000 habitants les 52 dernières semaines. Mais il y a en
Seine-Maritime, et en particulier dans la région dieppoise, un nombre de cas anormalement
élevé ». Par la voix de Jean-François Brière, directeur départemental de la DDASS,
les pouvoirs publics ont pris la mesure de lampleur des dégâts provoqués dans la
région par la méningite à méningocoque. Et ont décidé dendiguer les
séquelles, voire la mortalité, en informant les familles. Enfin ! serait-on tenté de
dire
La DDASS et la préfecture, aidées par la mairie de Dieppe, ont donc lancé
depuis hier une vaste campagne : 200 000 plaquettes dinformation sur les symptômes
de la méningite vont être distribuées en Seine-Maritime, dont environ 40 000 dans la
seule région dieppoise. 20 000 seront distribuées dès la semaine prochaine dans les
établissements scolaires de 75 communes situées dans un rayon de 12 km autour de Dieppe,
soit un total de 85 000 habitants. Pour lheure, cest la mairie de Dieppe qui
sert de plaque tournante à cette distribution.
Trop de mortalité
On nen est donc pas encore à 10 cas pour 100 000
habitants dans la région de Dieppe, mais on nen est pas loin : 7,4 dans le secteur
Dieppe-Caux maritime ces 52 dernières semaines (au 1er décembre 2004), correspondant à
15 cas sur une population de 202 000 habitants (source Institut national de veille
sanitaire). Ce chiffre de 7,4 cas pour 100 000 habitants est à comparer avec les 2,4 cas
en moyenne départementale et 1,3 cas en moyenne nationale !
La région dieppoise, sil ny a pas dépidémie, pose
néanmoins un problème sérieux aux professionnels de la santé publique. Comme nous le
révélions en mai dernier, lInstitut national de veille sanitaire confirme dans son
rapport du 6 décembre que « lhyper endémie dinfections invasives à
méningocoques est directement liée à la survenue dun nombre de cas anormalement
élevé dans la région de Dieppe ».
Et il sagit de méningites graves, car, ajoute lINVS, « la
mortalité et la proportion de formes graves (purpura fulminans provoquant une
septicémie) sont supérieures à celles attendues en France », et « les adolescents
sont sur-représentés parmi les cas par rapport aux autres départements ».
Trop dadolescents
De fait, la méningite à méningocoque a fait 8 morts sur
32 cas en 2003, 3 morts sur 26 cas en 2004, dont un en février à Offranville. Dans 81 %
des cas, il sagit de méningite de type B, dont 88 % des cas sont imputables à une
souche particulière baptisée
B14 :P1 ,7,16. La proportion de purpura fulminans depuis un an parmi ces cas est de 48 %,
et les ados (15-19 ans) sont les plus touchés : 31 % des cas. Viennent ensuite les 5-14
ans (23 %), les 1-4 ans (23 %), les plus de 25 ans (12 %) et les 20-24 ans (8 %).
Il nexiste pas de vaccin contre la méningite B, et le traitement
préventif des habitants par chimioprophylaxie, comme cela a été fait à Metz ou
Saint-Claude, ne donnerait rien car, selon lINVS, « létendue de la période
et de la zone de survenue des cas indique que la souche a largement diffusé dans la
population, et serait réintroduite très rapidement ». Trop tard, et il reste donc
seulement linformation et la réactivité des soins pour combattre la bactérie.
Olivier Bassine
« Gare aux taches rouges »
En cas de doute, mieux vaut aller trop souvent chez le
médecin que pas assez. Tel est en substance le message délivré par les autorités
médicales. « Les cas de purpura fulminans (taches rouges sur le corps indiquant une
septicémie) représentent 25 % des 770 cas recensés en France ces 52 dernières semaines
» indique le professeur François Caron, chef du service des maladies infectieuses du CHU
de Rouen (48 % en Seine-Maritime, 46 % dans la région dieppoise). « Le taux de
mortalité du plus fulgurant de ces purpura est dun malade sur trois. A
lapparition de taches rouges sur le corps , il y a « sururgence. » Chaque minute
compte, il faut alors transporter le malade dans un véhicule médicalisé dans les vingt
minutes ».
La plaquette du ministère de la Santé invite, devant toute apparition de
fièvre, quel que soit lâge, à « ne pas laisser le malade sans surveillance et
surveiller la peau (apparition de taches rouges ou violacées sétendant rapidement)
». Et plus généralement à surveiller les signes de méningite : « maux de tête,
raideur de la nuque, courbatures, gêne à la lumière, somnolence ou changement de
comportement de lenfant, vomissements, maux de ventre». Il faut alors appeler son
médecin traitant ou le 15. |