| Difficile de déterminer
les circonstances du double meurtre qui sest déroulé dimanche soir à
Saint-Pierre-Bénouville (canton de Tôtes). Mais la thèse du mari jaloux était
privilégiée, lundi midi. Quoi quil en soit, les gendarmes avaient un autre
problème à régler. Lauteur présumé des coups de feu mortels courait encore le
jour de la Toussaint. A moins quil ne se soit donné la mort. Des
coups de fusil qui retentissent dans la nuit. Une voiture qui repart rapidement devant le
12 de la route de la Forge. Dimanche vers 22 heures, la soirée débute mal dans le petit
village de Saint-Pierre-Bénouville pourtant réputé calme. Une voisine entend des coups
de fusil et prévient immédiatement les gendarmes de Bacqueville. Rapidement sur place,
les militaires comprennent que laffaire risque dêtre plus compliquée et font
appel à un impressionnant dispositif (hélicoptère, chiens) venu des brigades voisines
ainsi que de Dieppe et Rouen. Dans la maison, les militaires découvrent les cadavres de
Bruno Luce et de son amie, Mme Delaunay, gisant sur le sol.
Lundi, les gendarmes recherchaient larme du crime et le responsable
présumé du carnage qui pourrait être le mari de la victime. Celui-ci a disparu depuis
et se serait rendu à son domicile au VVF de Val-de-Saâne pour y déposer sa voiture.
Depuis il na plus donné signe de vie et semble se déplacer à pied, puisque ses
deux véhicules ont été saisis par les gendarmes.
Lundi à la sortie de la messe, les habitants cherchaient à comprendre et
beaucoup sinterrogeaient sur la présence de tant de forces de lordre dans le
village. Des gendarmes qui nauraient pas hésité à entrer dans certaines maisons
et dans léglise à la recherche du moindre indice. Les chiens des militaires
auraient suivi la trace du suspect sur quelques kilomètres avant de lâcher prise à
proximité du bois selon des témoins.
Déjà des altercations
Bruno Luce qui travaillait dans une entreprise de clôtures
installée au cur du village avait trente-neuf ans et a longtemps résidé chez ses
parents à la retraite. Mais depuis quelques mois, il venait demménager seul à 50
mètres de sa famille. Cest dans cette petite maison quil recevait depuis
quelques semaines sa nouvelle amie domiciliée au Val-de-Saâne avec ses enfants. Bruno
Luce et son amie étaient donc dimanche soir à Saint-Pierre-Bénouville, lorsque le mari
jaloux (le couple est en instance de divorce) aurait surgit vers 22 heures pour faire feu
sur les amants.
« Il y a déjà eu des altercations il y a quelques jours et les gendarmes
étaient venus. Des cailloux avaient été envoyés dans les carreaux » se souvient
un voisin. Les rares habitants au courant des faits étaient sous le choc lundi midi. « Nous
connaissons Bruno depuis de nombreuses années. Cétait un garçon tranquille qui
na jamais été marié. Cest incompréhensible » explique le maire
Bernard Padé.
Un portrait qui ressemble beaucoup à celui dressé par un ami proche de la
victime. « Avec Bruno, on se connaissait bien puisque ses parents habitent juste à
côté. Cétait un bon vivant et on était tout le temps ensemble. Cétait un
gars tranquille qui savait animer les soirées méchoui entre copains. Cétait aussi
un fan de Johnny Hallyday. Mais je nen sais pas plus à propos de son amie. Sa
disparition va provoquer un vide » précise lancien responsable du club de
football local dans lequel avait évolué autrefois Bruno.
Laurent Hellier
Les gendarmes attendaient
le suspect à Val-de-Saâne
Des dizaines de gendarmes ont été mobilisées lundi pour
quadriller les routes des cantons de Bacqueville-en-Caux et de Tôtes. Ils recherchaient
le suspect numéro 1 de ce double meurtre, M. Delaunay qui vivait avec son épouse au
Village vacances de Val-de-Saâne.
« Cela faisait deux ou trois ans quils habitaient dans un bungalow du
VVF, expliquait hier le maire de Val-de-Saâne, Norbert Gainville, qui demeure à une
cinquantaine de mètres du VVF. Cétaient des gens ordinaires, il ny avait
jamais eu dhistoires avec eux et je les voyais très peu ». Les époux Delaunay
nétaient apparemment pas originaires de Val-de-Saâne et navaient pas de
famille dans le village. Dans le logement du couple en instance de divorce, à
lintérieur de lenceinte du VVF non loin de lentrée, il ny avait
rien ny personne lundi en début daprès-midi. La porte était restée
entrouverte et au rez-de-chaussée il ny avait quun poste de télévision et
un canapé.
Mais au cas où le meurtrier présumé serait retourné chez lui une fois le
crime perpétré, les gendarmes lattendaient. Deux véhicules guettaient les allées
et venues à lentrée du VVF, attendant un hypothétique homme âgé dune
cinquantaine dannées. Même chose à tous les carrefours stratégiques de
Val-de-Saâne, Saint-Pierre-Bénouville et des villages alentours, jusquà
Bacqueville-en-Caux.
A lheure où nous mettions sous presse, ni le meurtrier présumé, ni son
corps au cas où il se serait donné la mort, navait été retrouvé par les
gendarmes. Lhypothèse la plus vraisemblable est quil aurait carrément
quitté la région, voire quil aurait mis fin à ses jours dans un coin reculé du
canton.
O.B. |