Journal du mardi 2 novembre

Double meurtre dimanche soir
Un couple tué à Saint-Pierre-Bénouville

Difficile de déterminer les circonstances du double meurtre qui s’est déroulé dimanche soir à Saint-Pierre-Bénouville (canton de Tôtes). Mais la thèse du mari jaloux était privilégiée, lundi midi. Quoi qu’il en soit, les gendarmes avaient un autre problème à régler. L’auteur présumé des coups de feu mortels courait encore le jour de la Toussaint. A moins qu’il ne se soit donné la mort.

Des coups de fusil qui retentissent dans la nuit. Une voiture qui repart rapidement devant le 12 de la route de la Forge. Dimanche vers 22 heures, la soirée débute mal dans le petit village de Saint-Pierre-Bénouville pourtant réputé calme. Une voisine entend des coups de fusil et prévient immédiatement les gendarmes de Bacqueville. Rapidement sur place, les militaires comprennent que l’affaire risque d’être plus compliquée et font appel à un impressionnant dispositif (hélicoptère, chiens) venu des brigades voisines ainsi que de Dieppe et Rouen. Dans la maison, les militaires découvrent les cadavres de Bruno Luce et de son amie, Mme Delaunay, gisant sur le sol.

Lundi, les gendarmes recherchaient l’arme du crime et le responsable présumé du carnage qui pourrait être le mari de la victime. Celui-ci a disparu depuis et se serait rendu à son domicile au VVF de Val-de-Saâne pour y déposer sa voiture. Depuis il n’a plus donné signe de vie et semble se déplacer à pied, puisque ses deux véhicules ont été saisis par les gendarmes.

Lundi à la sortie de la messe, les habitants cherchaient à comprendre et beaucoup s’interrogeaient sur la présence de tant de forces de l’ordre dans le village. Des gendarmes qui n’auraient pas hésité à entrer dans certaines maisons et dans l’église à la recherche du moindre indice. Les chiens des militaires auraient suivi la trace du suspect sur quelques kilomètres avant de lâcher prise à proximité du bois selon des témoins.

Déjà des altercations

Bruno Luce qui travaillait dans une entreprise de clôtures installée au cœur du village avait trente-neuf ans et a longtemps résidé chez ses parents à la retraite. Mais depuis quelques mois, il venait d’emménager seul à 50 mètres de sa famille. C’est dans cette petite maison qu’il recevait depuis quelques semaines sa nouvelle amie domiciliée au Val-de-Saâne avec ses enfants. Bruno Luce et son amie étaient donc dimanche soir à Saint-Pierre-Bénouville, lorsque le mari jaloux (le couple est en instance de divorce) aurait surgit vers 22 heures pour faire feu sur les amants.

« Il y a déjà eu des altercations il y a quelques jours et les gendarmes étaient venus. Des cailloux avaient été envoyés dans les carreaux » se souvient un voisin. Les rares habitants au courant des faits étaient sous le choc lundi midi. « Nous connaissons Bruno depuis de nombreuses années. C’était un garçon tranquille qui n’a jamais été marié. C’est incompréhensible » explique le maire Bernard Padé.

Un portrait qui ressemble beaucoup à celui dressé par un ami proche de la victime. « Avec Bruno, on se connaissait bien puisque ses parents habitent juste à côté. C’était un bon vivant et on était tout le temps ensemble. C’était un gars tranquille qui savait animer les soirées méchoui entre copains. C’était aussi un fan de Johnny Hallyday. Mais je n’en sais pas plus à propos de son amie. Sa disparition va provoquer un vide » précise l’ancien responsable du club de football local dans lequel avait évolué autrefois Bruno.

 

Laurent Hellier

Les gendarmes attendaient
le suspect à Val-de-Saâne

Des dizaines de gendarmes ont été mobilisées lundi pour quadriller les routes des cantons de Bacqueville-en-Caux et de Tôtes. Ils recherchaient le suspect numéro 1 de ce double meurtre, M. Delaunay qui vivait avec son épouse au Village vacances de Val-de-Saâne.

« Cela faisait deux ou trois ans qu’ils habitaient dans un bungalow du VVF, expliquait hier le maire de Val-de-Saâne, Norbert Gainville, qui demeure à une cinquantaine de mètres du VVF. C’étaient des gens ordinaires, il n’y avait jamais eu d’histoires avec eux et je les voyais très peu ». Les époux Delaunay n’étaient apparemment pas originaires de Val-de-Saâne et n’avaient pas de famille dans le village. Dans le logement du couple en instance de divorce, à l’intérieur de l’enceinte du VVF non loin de l’entrée, il n’y avait rien n’y personne lundi en début d’après-midi. La porte était restée entrouverte et au rez-de-chaussée il n’y avait qu’un poste de télévision et un canapé.

Mais au cas où le meurtrier présumé serait retourné chez lui une fois le crime perpétré, les gendarmes l’attendaient. Deux véhicules guettaient les allées et venues à l’entrée du VVF, attendant un hypothétique homme âgé d’une cinquantaine d’années. Même chose à tous les carrefours stratégiques de Val-de-Saâne, Saint-Pierre-Bénouville et des villages alentours, jusqu’à Bacqueville-en-Caux.

A l’heure où nous mettions sous presse, ni le meurtrier présumé, ni son corps au cas où il se serait donné la mort, n’avait été retrouvé par les gendarmes. L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il aurait carrément quitté la région, voire qu’il aurait mis fin à ses jours dans un coin reculé du canton.

O.B.


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