| Le jour même où Edouard Leveau
obtenait une décision de justice favorable à son ancien bateau, le Snekkar, lui laissant
espérer percevoir 270000 euros dindemnités, le liquidateur judiciaire demandait la
mise à la casse du bateau. Cest que les frais de port coûtent très cher
Le
même jour
Jeudi matin, le tribunal de commerce de Dieppe donne raison à Edouard
Leveau, le député-maire de Dieppe, dans son combat (privé) contre le From-Nord, le
fonds régional qui a organisé les quotas de pêche pour la profession en Manche et Mer
du Nord. Estimant que léviction de larmement dieppois du fonds régional
nest pas valide, que de ce fait des quotas devaient lui être attribués et non à
un armateur malouin comme ce fut le cas, et que de ce fait limmobilisation de
lunique bateau de larmement Leveau depuis lautomne 2003 na pas
lieu dêtre, le tribunal de commerce condamnait le From-Nord à verser 270000 euros
à larmement Leveau.
Mais les tribulations du dernier chalutier-surgélateur dieppois pour la grande
pêche nétaient pas pour autant finies, loin sen faut. Dabord, parce
que le From-Nord fera évidemment appel, et que largent devra être placé sous
séquestre en attendant larrêt de la cour dappel. Mais ensuite et surtout
parce que les frais de mise à quai du Snekkar commencent à constituer une addition que
le liquidateur devra payer un jour ou lautre à la chambre de commerce. Et sil
est lui-même auxiliaire de justice mandaté par le même tribunal, il se doit
deffectuer la mission de liquidation qui lui a été confiée.
Décision - ou report - début
novembre
Du coup, le soir même du jour où Edouard Leveau apprenait
la bonne nouvelle, le liquidateur déposait une requête devant le même tribunal pour le
« déchirement » du bateau. En clair, Me Lemoine demande que le Snekkar parte à la
casse, la prime de « déchirement » permettant dès lors dhonorer les créances,
parmi lesquelles ces fameux frais de port dus à la chambre de commerce.
« Je ne comprends pas pourquoi le liquidateur a demandé cette démolition à
vil prix, alors que le tribunal venait de nous redonner de lespoir » commentait
dépité Edouard Leveau mardi dernier. « Il a sans doute besoin dargent pour le
mettre sur le compte 2004, mais ça pouvait attendre un peu, car nous allons percevoir
270000 euros ».
Mais si la justice peut être lente dun côté - avec une procédure
dappel de la part du From-Nord qui peut durer plusieurs mois, voire plusieurs
années - en revanche les besoins de la liquidation judiciaire, eux, doivent aller à
marche forcée. Le liquidateur ne peut en effet laisser saccumuler les dettes
engendrées par le navire, et nayant ni repreneur, ni acheteur pour le bateau, ni
argent, il en trouve où il peut. La prime à la casse est peut-être la seule solution
qui soffre pour solder les comptes. A moins quil ne cherche à vendre le
bateau à létranger
Car si décision du tribunal de commerce est exécutoire - cest-à-dire
que les 270000 euros doivent être versés par le From-Nord - en revanche le liquidateur
ne peut les percevoir. En attendant le délai dappel, largent sera placé sous
séquestre jusquà ce que la cour le rende soit au From-Nord, soit à
larmement Leveau en cours de liquidation.
En tout état de cause, le tribunal de commerce devra se prononcer rapidement
sur la requête de mise à la casse. « Le juge-commissaire devra décider rapidement, ou
surseoir à la décision » commente Edouard Leveau. Laffaire sera examinée selon
toute vraisemblance début novembre.
O.B. |