Journal du 24 septembre 2004

François Boutry crée des longboards dans son garage
Des planches de surf
made in Neuville-lès-Dieppe

Passionné de glisse, François Boutry va jusqu’à réaliser lui-même ses planches de surf. Il a aménagé son garage en atelier et peaufine jour après jour sa technique grâce aux conseils de pros.

Quand cet instituteur neuvillais ne fait pas la classe, il s’enferme dans son garage transformé en atelier pour créer des planches. Et pas n’importe lesquelles. Ni celles pour repasser ni celles pour couper du pain. Mais celles bien plus efficaces pour dompter les vagues de nos côtes ou des plages de l’Atlantique. François Boutry est passionné de surf. Avec une bande d’amis originaires de Dieppe et sa région, il se met régulièrement à l’eau. Et pour aller jusqu’au bout de son plaisir, il s’est lancé dans la réalisation de longboards et de shortboards.

« En fait, j’ai débuté il y a 20 ans par la planche à voile. Et au bout de quelques années, j’ai commencé à fabriquer mon propre matériel. Seulement les procédés ont évolué, c’est devenu plus compliqué, plus technique et le coût plus important », explique François Boutry. S’étant tourné vers le surf, il s’est de nouveau replongé dans la fabrication de planches il y a deux ans. « Depuis, j’en ai déjà réalisé sept ou huit. Il me faut environ douze heures de travail par surf », explique ce passionné. Son but n’est pas mercantile. Ses planches, il ne les vend pas. Il les fait pour lui et ses amis.

Digne d’un pro

Pour construire ses planches Malibu de 2,40 m ou ses longboard de 2,80 m, il a appris les techniques dans des livres ou sur des sites Internet d’amateurs. Et lorsqu’il rencontre des professionnels, à Biarritz par exemple, il tente de leur soutirer quelques infos pour parfaire son travail. Mais déjà, le résultat qu’il obtient est digne d’un pro.

Au départ il achète un simple pain de mousse en polystyrène. Il en sculpte deux morceaux longilignes. Il réalise ensuite une latte centrale en contre-plaqué qui assure la résistance de la planche et colle le long de celle-ci ses deux demi-pains. « Ensuite je découpe la planche au fil chaud », explique-t-il. Puis tout le travail réside dans la découpe, le rabotage et le ponçage de plus en plus fin. La planche est alors lisse.

Vient ensuite l’un des moments clés pour donner à la planche son identité. « Je la décore à l’aérographe », explique-t-il. Sans oublier sa « signature », sa marque de fabrique, le logo qu’il a créé représentant un poisson souligné de l’inscription « Goodluck Surfboard ». Touche finale, la stratification à la fibre de verre de la planche et à la résine époxy pour une meilleure rigidité.

Nouvelle technique 

« Actuellement je travaille avec une nouvelle technique. Pour la base de la planche, j’utilise de la mousse de polyuréthane. La densité est différente, les techniques à employer également. Mais le travail est simplifié dans sa première étape puisque le bloc de mousse est pré-latté », explique-t-il. Il s’oriente désormais vers la fabrication de grosses planches « plus adaptées dans notre région où il y a peu de vagues », précise-t-il. Car la finalité de son travail est bien entendu de se faire plaisir sur les rouleaux qui lèchent les plages. De Pourville à Saint-Martin-en-Campagne lorsque le temps et le vent le permettent, les promeneurs peuvent apercevoir ces fous de sensations fortes s’adonner à leur sport favori.

Il aimerait maintenant par le biais de l’association dont il est membre, proposer à d’autres férus de surf d’apprendre sous ses bons conseils à réaliser leur propre planche. En avant-goût, les amateurs de glisse peuvent découvrir son travail sur un site Internet: www.dieppeglisse.tk/

Véronique Guiborel


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