| Passionné de glisse, François Boutry
va jusquà réaliser lui-même ses planches de surf. Il a aménagé son garage en
atelier et peaufine jour après jour sa technique grâce aux conseils de pros. Quand
cet instituteur neuvillais ne fait pas la classe, il senferme dans son garage
transformé en atelier pour créer des planches. Et pas nimporte lesquelles. Ni
celles pour repasser ni celles pour couper du pain. Mais celles bien plus efficaces pour
dompter les vagues de nos côtes ou des plages de lAtlantique. François Boutry est
passionné de surf. Avec une bande damis originaires de Dieppe et sa région, il se
met régulièrement à leau. Et pour aller jusquau bout de son plaisir, il
sest lancé dans la réalisation de longboards et de shortboards.
« En fait, jai débuté il y a 20 ans par la planche à voile. Et au bout
de quelques années, jai commencé à fabriquer mon propre matériel. Seulement les
procédés ont évolué, cest devenu plus compliqué, plus technique et le coût
plus important », explique François Boutry. Sétant tourné vers le surf, il
sest de nouveau replongé dans la fabrication de planches il y a deux ans. «
Depuis, jen ai déjà réalisé sept ou huit. Il me faut environ douze heures de
travail par surf », explique ce passionné. Son but nest pas mercantile. Ses
planches, il ne les vend pas. Il les fait pour lui et ses amis.
Digne dun pro
Pour construire ses planches Malibu de 2,40 m ou ses
longboard de 2,80 m, il a appris les techniques dans des livres ou sur des sites Internet
damateurs. Et lorsquil rencontre des professionnels, à Biarritz par exemple,
il tente de leur soutirer quelques infos pour parfaire son travail. Mais déjà, le
résultat quil obtient est digne dun pro.
Au départ il achète un simple pain de mousse en polystyrène. Il en sculpte
deux morceaux longilignes. Il réalise ensuite une latte centrale en contre-plaqué qui
assure la résistance de la planche et colle le long de celle-ci ses deux demi-pains. «
Ensuite je découpe la planche au fil chaud », explique-t-il. Puis tout le travail
réside dans la découpe, le rabotage et le ponçage de plus en plus fin. La planche est
alors lisse.
Vient ensuite lun des moments clés pour donner à la planche son
identité. « Je la décore à laérographe », explique-t-il. Sans oublier sa «
signature », sa marque de fabrique, le logo quil a créé représentant un poisson
souligné de linscription « Goodluck Surfboard ». Touche finale, la stratification
à la fibre de verre de la planche et à la résine époxy pour une meilleure rigidité.
Nouvelle technique
« Actuellement je travaille avec une nouvelle technique.
Pour la base de la planche, jutilise de la mousse de polyuréthane. La densité est
différente, les techniques à employer également. Mais le travail est simplifié dans sa
première étape puisque le bloc de mousse est pré-latté », explique-t-il. Il
soriente désormais vers la fabrication de grosses planches « plus adaptées dans
notre région où il y a peu de vagues », précise-t-il. Car la finalité de son travail
est bien entendu de se faire plaisir sur les rouleaux qui lèchent les plages. De
Pourville à Saint-Martin-en-Campagne lorsque le temps et le vent le permettent, les
promeneurs peuvent apercevoir ces fous de sensations fortes sadonner à leur sport
favori.
Il aimerait maintenant par le biais de lassociation dont il est membre,
proposer à dautres férus de surf dapprendre sous ses bons conseils à
réaliser leur propre planche. En avant-goût, les amateurs de glisse peuvent découvrir
son travail sur un site Internet: www.dieppeglisse.tk/
Véronique Guiborel |