Journal du 21 décembre 2004

Conseil municipal :
après le rapport de la chambre régionale des comptes

Les élus communistes quittent la salle

On s’attendait à d’âpres débats après que chacun eut donné son avis sur le rapport de la chambre régionale des comptes. Finalement, les quatre élus communistes et une majorité du public se sont levés et ont quitté la salle du conseil.

Christian Cuvilliez est dans le public, entouré de ses nombreux amis communistes. Il assiste, sans y participer cette fois, au houleux conseil municipal.

Dès le début de la réunion, les élus socialistes présentent Françoise Cottard, militante socialiste neuvillaise. Elle prend la place laissée vacante par Christian Cuvilliez démissionné par le préfet suite à l’arrêt définitif de la Cour de cassation dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Dieppe. Les élus communistes assurent toute leur amitié à l’homme qui est devenu maire de la ville en 1989: « Le départ de Christian Cuvilliez du conseil municipal de Dieppe constitue un tournant dans l’histoire politique locale » affirme Arnaud Coignet, conseiller municipal socialiste.

Mais c’est le rapport de la chambre régionale des comptes, comme on s’y attendait, qui a mis le feu au poudre (voir les Infos de vendredi 17 décembre). Edouard Leveau, député-maire de Dieppe, précise : « Nous avons à gérer un lourd héritage, conséquence d’années d’immobilisme ».

Jean Beaufils, élusocialiste, s’étonnait du temps nécessaire à la municipalité pour présenter le rapport: « Il fallait que ce document n’aille pas tout à fait dans le sens de ce que vous souhaitiez pour avoir tant attendu ».

Quant au groupe communiste qui, par la bouche de Gérard Jacqueline « continue à regretter Christian Cuvilliez qui avait donné trente ans de sa vie à Dieppe et aux Dieppois » il n’ira pas par quatre chemins: « Le débat politique perd tout son sens quand il est dévoyé dans l’esprit de vengeance et de règlement de comptes. Le groupe communiste ne participera donc pas à la séance du conseil municipal ce soir ».

Et d’un même geste, les quatre conseillers municipaux communistes rassemblent leurs affaires et quittent la salle entraînant dans leur sillage presque tout le public.

Patrick Hoornaert, adjoint en charge des transports précise: « Evidemment les comptes ne sont pas si mauvais, rien n’a été fait avant notre arrivée: les trottoirs, les friches industrielles, les piscines… »

Quant à Jean Bazin, adjoint en charge des finances, il soulignait seulement : « En omettant des bouts de phrases, on peut tout faire dire à un rapport de 96 pages ».

Edouard Leveau reprend la parole assurant: « Je ne mêlerai jamais la justice avec la politique de la Ville ». Dans le couloir encombré, les sifflets fusent.

S. B.

Un monument commémoratif
sur le parvis de la mairie

Il y a quelques mois, Edouard Leveau évoquait l’idée de fabriquer une grosse boule de verre en hommage à la République et à ses textes fondateurs, lors du vernissage de l’exposition sur le tri sélectif. Une idée qui surprenait l’ensemble des élus.

Mais l’idée a fait son chemin et la boule de verre est réapparue au détour de la dernière question diverse du conseil. Evoquant le réaménagement du parvis de l’Hôtel de ville très dégradé, Edouard Leveau précisait: « Ce réaménagement sera effectué autour de la mise en valeur d’un monument commémoratif soulignant l’aspect officiel de cet espace public ».

Les conseillers municipaux socialistes, mais également, Maud Massüger et Monique Cotigny, ont donc demandé un peu plus d’explications: « Il s’agira d’honorer les sapeurs-pompiers, gendarmes et policiers tués en service. Je souhaite donc qu’une entreprise proche de Dieppe nous fasse un projet élégant et agréable à base de verre » répond Edouard Leveau qui souligne: « A la mi-décembre, il nous reste quelques subsides encore disponibles et le projet pourra être subventionné à 50 % ».

But avoué du député-maire: « Créer une sorte d’allée du devoir qui passerait par le monument des Résistants et Déportés, ce nouveau monument devant la mairie, celui de 39-45, le parallélépipède du square Carnot et celui des Canadiens sur la plage ».

Le groupe socialiste choisira de s’abstenir: « Il n’y a rien dans la délibération qui nous permette de juger ».

« Je suis d’accord avec vous » assure le maire déclenchant un rire quasi général. Il se reprend: « Les pompiers, gendarmes et policiers vous en sauront gré… »

Pas d’économies pour les écoles

En début de séance, Arnaud Coignet demandait si la fermeture envisagée de l’école Boudier n’était pas une occasion de faire des économies. Les élus de la majorité n’ont pas apporté de réponse. Pourtant, les parents d’élèves dans le public en attendaient une.

En fin de conseil, Françoise Billiez, maire déléguée de Neuville et adjointe au maire en charge de l’enseignement, profitait d’une demande de subvention au conseil général pour l’achat de mobilier scolaire pour évoquer le sujet: « Il n’a jamais été question de faire des économies sur les écoles ». Avec son franc-parler habituel, Françoise Billiez reprend les arguments qu’elle a déjà développés pour justifier la réflexion en cours sur le devenir de l’école Boudier: sécurité, vétusté et baisse démographique. « A Dieppe aussi, les écoles évoluent. Certaines ont déjà disparu, comme Fénelon. Boudier a été construite en 1967 pour désengorger Ferry qui recevait près de mille élèves avec des mobile homes dans la cours ». Elle souligne ainsi: « Le député-maire n’a encore pris aucune décision. Mais c’est sérieux, ils’agit de l’avenir de nos enfants ».

Premières orientations budgétaires

Le budget sera proposé au vote du conseil municipal le 27 janvier. Jeudi soir, Jean Bazin, adjoint au maire en charge des finances en donnait pourtant les grands traits.

Il citait ainsi la qualité du service public comme première priorité misant sur un « maintien niveau des équipements et des infrastructures existantes » et sur l’amélioration « du fonctionnement et de l’équipement des services municipaux ».

Il a promis également « une politique fiscale dans le droit fil de nos engagements… En 2004, près de 150000 euros de recettes oubliées ont été encaissés. Cela correspond à autant de tonnes d’ordures qui étaient collectées et traitées gratuitement aux frais du contribuable dieppois (...) Nous tiendrons compte de ce supplément de recette dans la détermination de notre taux de traitement d’ordures ménagères ».

Quant aux taux des trois taxes ménagères, ils seront « déterminés en fonction des résultats d’une étude prospective qui est en cours, sur l’évolution des valeurs locatives ».

En ce qui concerne les projets, Jean Bazin annonce le réaménagement du Drakkar, la création de la nouvelle structure petite enfance dans le quartier du Bout du Quai et la création d’une salle polyvalente au cœur de Neuville. Projets déjà annoncés en 2004. Sans oublier les « deux grands projets d’ampleur »: le réaménagement urbain et le complexe balnéaire.

Il conclura son discours d’un fier « Tout ce qui nous est possible, nous le mettrons en œuvre ».

Après avoir résumé la situation nationale, Arnaud Coignet indique: « Les réunions du conseil municipal, l’agressivité de certains élus de la majorité à l’encontre de l’opposition, tout comme les orientations budgétaires que vous nous présentez ce soir et qui augurent mal de votre projet de budget primitif pour 2005, illustrent un évident manque d’ambition pour Dieppe ».


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002 
Archives 2003  Archives 2004
Recherche   Accueil