| On sattendait à dâpres
débats après que chacun eut donné son avis sur le rapport de la chambre régionale des
comptes. Finalement, les quatre élus communistes et une majorité du public se sont
levés et ont quitté la salle du conseil. Christian Cuvilliez
est dans le public, entouré de ses nombreux amis communistes. Il assiste, sans y
participer cette fois, au houleux conseil municipal.
Dès le début de la réunion, les élus socialistes présentent Françoise
Cottard, militante socialiste neuvillaise. Elle prend la place laissée vacante par
Christian Cuvilliez démissionné par le préfet suite à larrêt définitif de la
Cour de cassation dans laffaire des emplois fictifs de la Ville de Dieppe. Les élus
communistes assurent toute leur amitié à lhomme qui est devenu maire de la ville
en 1989: « Le départ de Christian Cuvilliez du conseil municipal de Dieppe constitue un
tournant dans lhistoire politique locale » affirme Arnaud Coignet, conseiller
municipal socialiste.
Mais cest le rapport de la chambre régionale des comptes, comme on
sy attendait, qui a mis le feu au poudre (voir les Infos de vendredi 17 décembre).
Edouard Leveau, député-maire de Dieppe, précise : « Nous avons à gérer un lourd
héritage, conséquence dannées dimmobilisme ».
Jean Beaufils, élusocialiste, sétonnait du temps nécessaire à la
municipalité pour présenter le rapport: « Il fallait que ce document naille pas
tout à fait dans le sens de ce que vous souhaitiez pour avoir tant attendu ».
Quant au groupe communiste qui, par la bouche de Gérard Jacqueline « continue
à regretter Christian Cuvilliez qui avait donné trente ans de sa vie à Dieppe et aux
Dieppois » il nira pas par quatre chemins: « Le débat politique perd tout son
sens quand il est dévoyé dans lesprit de vengeance et de règlement de comptes. Le
groupe communiste ne participera donc pas à la séance du conseil municipal ce soir ».
Et dun même geste, les quatre conseillers municipaux communistes
rassemblent leurs affaires et quittent la salle entraînant dans leur sillage presque tout
le public.
Patrick Hoornaert, adjoint en charge des transports précise: « Evidemment les
comptes ne sont pas si mauvais, rien na été fait avant notre arrivée: les
trottoirs, les friches industrielles, les piscines
»
Quant à Jean Bazin, adjoint en charge des finances, il soulignait seulement :
« En omettant des bouts de phrases, on peut tout faire dire à un rapport de 96 pages ».
Edouard Leveau reprend la parole assurant: « Je ne mêlerai jamais la justice
avec la politique de la Ville ». Dans le couloir encombré, les sifflets fusent.
S. B.
Un monument commémoratif
sur le parvis de la mairie
Il y a quelques mois, Edouard Leveau évoquait lidée
de fabriquer une grosse boule de verre en hommage à la République et à ses textes
fondateurs, lors du vernissage de lexposition sur le tri sélectif. Une idée qui
surprenait lensemble des élus.
Mais lidée a fait son chemin et la boule de verre est réapparue au
détour de la dernière question diverse du conseil. Evoquant le réaménagement du parvis
de lHôtel de ville très dégradé, Edouard Leveau précisait: « Ce
réaménagement sera effectué autour de la mise en valeur dun monument
commémoratif soulignant laspect officiel de cet espace public ».
Les conseillers municipaux socialistes, mais également, Maud Massüger et
Monique Cotigny, ont donc demandé un peu plus dexplications: « Il sagira
dhonorer les sapeurs-pompiers, gendarmes et policiers tués en service. Je souhaite
donc quune entreprise proche de Dieppe nous fasse un projet élégant et agréable
à base de verre » répond Edouard Leveau qui souligne: « A la mi-décembre, il nous
reste quelques subsides encore disponibles et le projet pourra être subventionné à 50 %
».
But avoué du député-maire: « Créer une sorte dallée du devoir qui
passerait par le monument des Résistants et Déportés, ce nouveau monument devant la
mairie, celui de 39-45, le parallélépipède du square Carnot et celui des Canadiens sur
la plage ».
Le groupe socialiste choisira de sabstenir: « Il ny a rien dans la
délibération qui nous permette de juger ».
« Je suis daccord avec vous » assure le maire déclenchant un rire quasi
général. Il se reprend: « Les pompiers, gendarmes et policiers vous en sauront
gré
»
Pas déconomies pour les
écoles
En début de séance, Arnaud Coignet demandait si la
fermeture envisagée de lécole Boudier nétait pas une occasion de faire des
économies. Les élus de la majorité nont pas apporté de réponse. Pourtant, les
parents délèves dans le public en attendaient une.
En fin de conseil, Françoise Billiez, maire déléguée de Neuville et adjointe
au maire en charge de lenseignement, profitait dune demande de subvention au
conseil général pour lachat de mobilier scolaire pour évoquer le sujet: « Il
na jamais été question de faire des économies sur les écoles ». Avec son
franc-parler habituel, Françoise Billiez reprend les arguments quelle a déjà
développés pour justifier la réflexion en cours sur le devenir de lécole
Boudier: sécurité, vétusté et baisse démographique. « A Dieppe aussi, les écoles
évoluent. Certaines ont déjà disparu, comme Fénelon. Boudier a été construite en
1967 pour désengorger Ferry qui recevait près de mille élèves avec des mobile homes
dans la cours ». Elle souligne ainsi: « Le député-maire na encore pris aucune
décision. Mais cest sérieux, ilsagit de lavenir de nos enfants ».
Premières orientations
budgétaires
Le budget sera proposé au vote du conseil municipal le 27
janvier. Jeudi soir, Jean Bazin, adjoint au maire en charge des finances en donnait
pourtant les grands traits.
Il citait ainsi la qualité du service public comme première priorité misant
sur un « maintien niveau des équipements et des infrastructures existantes » et sur
lamélioration « du fonctionnement et de léquipement des services municipaux
».
Il a promis également « une politique fiscale dans le droit fil de nos
engagements
En 2004, près de 150000 euros de recettes oubliées ont été
encaissés. Cela correspond à autant de tonnes dordures qui étaient collectées et
traitées gratuitement aux frais du contribuable dieppois (...) Nous tiendrons compte de
ce supplément de recette dans la détermination de notre taux de traitement
dordures ménagères ».
Quant aux taux des trois taxes ménagères, ils seront « déterminés en
fonction des résultats dune étude prospective qui est en cours, sur
lévolution des valeurs locatives ».
En ce qui concerne les projets, Jean Bazin annonce le réaménagement du
Drakkar, la création de la nouvelle structure petite enfance dans le quartier du Bout du
Quai et la création dune salle polyvalente au cur de Neuville. Projets déjà
annoncés en 2004. Sans oublier les « deux grands projets dampleur »: le
réaménagement urbain et le complexe balnéaire.
Il conclura son discours dun fier « Tout ce qui nous est possible, nous
le mettrons en uvre ».
Après avoir résumé la situation nationale, Arnaud Coignet indique: « Les
réunions du conseil municipal, lagressivité de certains élus de la majorité à
lencontre de lopposition, tout comme les orientations budgétaires que vous
nous présentez ce soir et qui augurent mal de votre projet de budget primitif pour 2005,
illustrent un évident manque dambition pour Dieppe ». |