| Jeudi, entre Dieppe et Newhaven, un
camion de la TOE Transmanche sest couché dans la soute du ferry Le Dieppe. Il
semble que le mauvais temps soit à lorigine de lincident qui na fait
aucune victime. Mais pour le transporteur, cest la vague de trop. Il fera désormais
passer ses camions par le tunnel. Cest un incident
rarissime », tient à préciser demblée Yves Papelard, directeur opérationnel de
Transmanche ferries. Jeudi matin alors que le ferry Le Dieppe faisait route vers Newhaven,
lun des dix semi-remorques qui se trouvaient dans sa soute sest renversé. «
Lorsque le Dieppe a appareillé à 8 h 10, un vent force 5-6 soufflait. Seulement celui-ci
a forci durant la traversée et arrivé dans le rail au milieu de la Manche, les rafales
étaient de force 8, explique-t-il. Le navire a réduit sa vitesse mais une lame
douest plus forte que les autres, avec des vents à plus de 45 noeuds, soit 80 km/h
selon le commandant, la balayé. Le navire a pris de la gîte », poursuit-il.
Cest alors que le semi-remorque sest désarrimé et a basculé. «
Il était peut-être plus exposé que les autres au roulis, car il se trouvait à babord
dans le garage », précise le directeur. Son chargement, 24 tonnes de panneaux de bois,
sest retrouvé dans la cale. « Pourtant le camion était arrimé dans le respect de
la réglementation en la matière. Aussitôt léquipage du ferry est intervenu et a
arrimé le camion », explique le directeur opérationnel.
Responsabilités à déterminer
La moitié des panneaux a pu ensuite être déchargée à
Newhaven, mais le camion est resté sur le flanc. Toujours couché dans le garage du
bateau, il est revenu à Dieppe avec lui à 22 h 30. « Il ny a pas eu dautres
dommages. Les passagers ont été débarqués en Angleterre », ajoute Yves Papelard.
Différents partenaires de Transmanche ferries sur le port de Dieppe ont uni
leurs forces pour pouvoir sortir le semi-remorque. Lentreprise Fromager la
remis sur ses roues à lintérieur même du ferry. Reste désormais aux experts des
assurances à déterminer les responsabilités. Mauvais temps ou défaillance technique ?
Leur enquête le dira.
V.G.
La colère de TOE Transmanche
« Un comportement non commercial »
Les responsables de TOE Transmanche ne décolèrent pas. Le
PDG de la société de transport dieppoise propriétaire du camion accidenté se déclare
« scandalisé » par lattitude des responsables de Transmanche ferries. «
Jai reçu un coup de téléphone de la compagnie vers midi et demi mannonçant
que lun de mes camions sétait couché à bord du ferry » explique Thierry
Weber.
Seulement voilà, au téléphone, il naura aucune autre explication.
Pourtant à bord du bateau, se trouvent deux camions de la société, dont lun
transporte des produits de matière dangereuse. « Je suis resté assis sur ma chaise. Au
téléphone, on ma affirmé que les assureurs de la compagnie prendraient tout en
charge ». Le camion qui sest couché est en réalité celui qui transportait du
bois. Le pire a donc été évité. Mais pour le transporteur, les surprises ne sont pas
terminées.
« Lorsque le bateau est arrivé à Newhaven, ils ont déchargé une partie du
chargement et poussé le camion dans un coin de la soute pour le ramener à Dieppe le soir
même » précise le chef dentreprise. Ce nest que vers 22 h 30 au retour du
ferry quune quinzaine de salariés de TOE Transmanche ont découvert lampleur
des dégâts. « Transmanche ferries navait rien prévu. Nous avons donc dû
décharger le reste de la marchandise nous-mêmes. En réalité, notre chauffeur avait
parfaitement sanglé son chargement ». Un problème darrimage serait à
lorigine de laccident selon le transporteur. « Pour un camion de 40 tonnes,
il me semble quil aurait fallu des chaînes. Or, le camion nétait attaché
quavec des sangles. Les sangles ont cassé » estime M. Weber particulièrement
remonté contre Transmanche ferries. Et dajouter : « Il y a déjà eu un incident
il y a quinze jours. Treize camions sont partis sur Newhaven à 4 heures du matin. Mais
des problèmes de mer ont obligé le navire à faire demi-tour. Les camions sont revenus
sur Dieppe après avoir passé la journée à bord, de 4 heures du matin jusquà 16
heures. Les treize camions sont finalement passés par le tunnel ». Il semble
dailleurs que le transporteur ait pris sa décision.
Coup de colère ou non, désormais, les 110 camions passeront systématiquement
par le tunnel. « Transmanche ferries na pas eu un comportement commercial » estime
au passage M. Weber. Déjà considérablement touchée par la hausse du gasoil qui
remettrait en cause léquilibre de la société, TOE Transmanche et ses 170
employés navaient pas besoin de ce mini-tremblement de mer qui a peut être, fait
vaciller un peu plus quun camion de 100 000 euros et 10 000 autres de marchandises.
L. H. |