| En juin dernier, avec le retour des
beaux jours, les riverains de laérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie ont vu leur
tranquillité de nouveau menacée avec le ballet incessant des avions tournant au-dessus
de la vallée. Un comité de défense sest constitué autour de Clotilde Marchand,
résidente à lancien moulin dOffranville. En
octobre dernier, une réunion sest tenue à la sous-préfecture de Dieppe, en
présence du sous-préfet, Louis-Michel Bonté, des utilisateurs de laérodrome, des
élus de la commune de Saint-Aubin-sur-Scie et des représentants de laviation
civile, en charge de lapplication du règlement, afin de trouver un consensus.
« La mobilisation des riverains a permis de fédérer 120 familles proches de
laérodrome, qui ont soit signé la pétition, soit répondu au questionnaire
envoyé par la DGAC (Direction Générale de lAviation Civile), afin de mieux cerner
et localiser la nuisance », rappelle Clotilde Marchand qui soulignait encore que
dune petite association de parachutistes, on est passé à une véritable société
commerciale sadressant essentiellement à une clientèle parisienne.
Air Libre Parachutisme était auparavant implanté dans la Sarthe, expliquait
Serge Savin, le directeur technique. Des problèmes rencontrés avec lespace
aérien, lont conduit à sinstaller à Saint-Aubin-sur-Scie où le siège
social va être transféré, avec la réalisation de bâtiments et la création
demplois.
Le directeur technique convient quun avion à piston rend lactivité
bruyante, mais lengin est en règle avec la réglementation applicable. Dautre
part, son intention est de louer en février 2005 un avion à turbine, moins bruyant (75
décibels au lieu de 110). Il sagirait dun Cesna 207 remotorisé. Pour ce qui
est des trajectoires, le directeur technique précisait que les pilotes devaient les
respecter et éviter les piquets sur les habitations.
Pour Jean-Claude Dumont, président de laéro-club de Dieppe, les 800
heures de vol effectuées annuellement sont concentrées sur les samedis après-midi et
dimanches toute la journée et les pilotes appliquent ces consignes anti-bruit.
Du côté de Air CB Hélicoptère, Alain Vanstabel, pilote instructeur,
précisait pour sa part quil pilote depuis trois ans un Alouette 2, survolant des
zones inhabitées à 300 mètres, essentiellement le samedi.
Intégrer au mieux
lactivité à lenvironnement
Le délégué régional de laviation civile, Luc
Collet, expliquait que laérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie était réglementaire. Il
sagit dintégrer au mieux lactivité à lenvironnement et de la
préserver. Pour lui, laérodrome ne pose pas de problème. Ses services nont
pas dautorisation particulière à donner, lespace aérien nétant pas
contrôlé ; dautre part, on y pratique lauto-information.
Pour le délégué régional, la proposition qui consiste à éviter la vallée
pourrait être étudiée.
Clotilde Marchand regrettait encore laccumulation de nuisances dans un
périmètre où seront bientôt édifiées une maternité et une clinique, ajoutant que
dautres écoles viennent également sentraîner à Dieppe. « Lappât du
gain semble être le plus important. Lintérêt des riverains et même des chefs
dentreprise ne sont pas compatibles avec une telle activité. Il serait temps que la
Chambre de commerce et dindustrie comprenne que si elle veut attirer des
investisseurs sur Dieppe, elle doit offrir une qualité de vie en périphérie »,
affirme-t-elle.
La représentante des riverains saluait toutefois les efforts faits par
laéro-club de Dieppe qui a cherché à modifier ses tours de piste et la demande de
subvention faite auprès de la Ville de Dieppe pour équiper les avions de silencieux.
De son côté, le sous-préfet a rappelé quil convenait de trouver un «
modus vivendi » acceptable pour tous. Il remettait en cause le bruit créé par une
activité, le parachutisme, pratiquée par soixante personnes le week-end et gênant une
population de quatre mille personnes, voire plus.
Rendez-vous en avril 2005
Un bilan sera réalisé en avril 2005, après la mise en
service du nouvel avion de la société Air Libre Parachutisme. En cas de problèmes, des
tranches horaires seront déterminées par consensus afin de concilier les intérêts de
toutes les parties.
En attendant, il a été convenu que lavion largueur vole le samedi de 9
heures à 12 heures et de 14 heures à la nuit, le dimanche, de 10 heures à 12 heures et
de 14 heures à la nuit.
« Malheureusement, nous avons déjà pu constater que ces tranches horaires
nétaient pas respectées. Air Libre Parachutisme ne tient pas ses engagements »,
regretait Clotilde Marchand qui est bien décidée avec les riverains à continuer la
lutte.
« Les riverains se sont manifestés et continuent à se mobiliser. Nous voulons
une réglementation de tous les aéronefs basés à Dieppe et le respect des plages
horaires identiques à celles des nuisances sonores : les jours ouvrables : de 8 h 30 à
12 heures et de 14 h 30 à 20 heures, les samedis de 9 heures à 12 heures et de 15 heures
à 19 heures, les dimanches et jours fériés de 10 heures à 12 heures ».
La représentante des riverains invite toutes les personnes gênées par les
nuisances de laérodrome et qui veulent préserver leur tranquillité et leur
patrimoine, à rejoindre le comité de défense pour quune réglementation soit mise
en place avant le printemps prochain.
Ces personnes peuvent prendre contact au 06 79 60 66 55. |