Journal du vendredi 26 novembre 2004

Aérodrome de Dieppe
Nuisances sonores :
les riverains protestent toujours

En juin dernier, avec le retour des beaux jours, les riverains de l’aérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie ont vu leur tranquillité de nouveau menacée avec le ballet incessant des avions tournant au-dessus de la vallée. Un comité de défense s’est constitué autour de Clotilde Marchand, résidente à l’ancien moulin d’Offranville.

En octobre dernier, une réunion s’est tenue à la sous-préfecture de Dieppe, en présence du sous-préfet, Louis-Michel Bonté, des utilisateurs de l’aérodrome, des élus de la commune de Saint-Aubin-sur-Scie et des représentants de l’aviation civile, en charge de l’application du règlement, afin de trouver un consensus.

« La mobilisation des riverains a permis de fédérer 120 familles proches de l’aérodrome, qui ont soit signé la pétition, soit répondu au questionnaire envoyé par la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile), afin de mieux cerner et localiser la nuisance », rappelle Clotilde Marchand qui soulignait encore que d’une petite association de parachutistes, on est passé à une véritable société commerciale s’adressant essentiellement à une clientèle parisienne.

Air Libre Parachutisme était auparavant implanté dans la Sarthe, expliquait Serge Savin, le directeur technique. Des problèmes rencontrés avec l’espace aérien, l’ont conduit à s’installer à Saint-Aubin-sur-Scie où le siège social va être transféré, avec la réalisation de bâtiments et la création d’emplois.

Le directeur technique convient qu’un avion à piston rend l’activité bruyante, mais l’engin est en règle avec la réglementation applicable. D’autre part, son intention est de louer en février 2005 un avion à turbine, moins bruyant (75 décibels au lieu de 110). Il s’agirait d’un Cesna 207 remotorisé. Pour ce qui est des trajectoires, le directeur technique précisait que les pilotes devaient les respecter et éviter les piquets sur les habitations.

Pour Jean-Claude Dumont, président de l’aéro-club de Dieppe, les 800 heures de vol effectuées annuellement sont concentrées sur les samedis après-midi et dimanches toute la journée et les pilotes appliquent ces consignes anti-bruit.

Du côté de Air CB Hélicoptère, Alain Vanstabel, pilote instructeur, précisait pour sa part qu’il pilote depuis trois ans un Alouette 2, survolant des zones inhabitées à 300 mètres, essentiellement le samedi.

Intégrer au mieux l’activité à l’environnement

Le délégué régional de l’aviation civile, Luc Collet, expliquait que l’aérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie était réglementaire. Il s’agit d’intégrer au mieux l’activité à l’environnement et de la préserver. Pour lui, l’aérodrome ne pose pas de problème. Ses services n’ont pas d’autorisation particulière à donner, l’espace aérien n’étant pas contrôlé ; d’autre part, on y pratique l’auto-information.

Pour le délégué régional, la proposition qui consiste à éviter la vallée pourrait être étudiée.

Clotilde Marchand regrettait encore l’accumulation de nuisances dans un périmètre où seront bientôt édifiées une maternité et une clinique, ajoutant que d’autres écoles viennent également s’entraîner à Dieppe. « L’appât du gain semble être le plus important. L’intérêt des riverains et même des chefs d’entreprise ne sont pas compatibles avec une telle activité. Il serait temps que la Chambre de commerce et d’industrie comprenne que si elle veut attirer des investisseurs sur Dieppe, elle doit offrir une qualité de vie en périphérie », affirme-t-elle.

La représentante des riverains saluait toutefois les efforts faits par l’aéro-club de Dieppe qui a cherché à modifier ses tours de piste et la demande de subvention faite auprès de la Ville de Dieppe pour équiper les avions de silencieux.

De son côté, le sous-préfet a rappelé qu’il convenait de trouver un « modus vivendi » acceptable pour tous. Il remettait en cause le bruit créé par une activité, le parachutisme, pratiquée par soixante personnes le week-end et gênant une population de quatre mille personnes, voire plus.

Rendez-vous en avril 2005

Un bilan sera réalisé en avril 2005, après la mise en service du nouvel avion de la société Air Libre Parachutisme. En cas de problèmes, des tranches horaires seront déterminées par consensus afin de concilier les intérêts de toutes les parties.

En attendant, il a été convenu que l’avion largueur vole le samedi de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à la nuit, le dimanche, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à la nuit.

« Malheureusement, nous avons déjà pu constater que ces tranches horaires n’étaient pas respectées. Air Libre Parachutisme ne tient pas ses engagements », regretait Clotilde Marchand qui est bien décidée avec les riverains à continuer la lutte.

« Les riverains se sont manifestés et continuent à se mobiliser. Nous voulons une réglementation de tous les aéronefs basés à Dieppe et le respect des plages horaires identiques à celles des nuisances sonores : les jours ouvrables : de 8 h 30 à 12 heures et de 14 h 30 à 20 heures, les samedis de 9 heures à 12 heures et de 15 heures à 19 heures, les dimanches et jours fériés de 10 heures à 12 heures ».

La représentante des riverains invite toutes les personnes gênées par les nuisances de l’aérodrome et qui veulent préserver leur tranquillité et leur patrimoine, à rejoindre le comité de défense pour qu’une réglementation soit mise en place avant le printemps prochain.

Ces personnes peuvent prendre contact au 06 79 60 66 55.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002 
Archives 2003  Archives 2004
Recherche   Accueil