| Thierry Roland était linvité
vedette de la 14e Nuit des Huskies dor. Commentateur de plus de 1 300 matches de
foot, de 11 coupes du monde, membre attitré des Grosses têtes et un peu flambeur, il
sest livré aux Infos avant dassister à la soirée, quil a quittée un
peu avant la fin pour assister devant son petit écran au sacre de Tony Parker. Quand on
aime le sport, cest pour la vie... Les Infos :
Que pensez-vous du principe des Huskies dOr?
Thierry Roland: Je suis forcément favorable à ce genre de manifestation.
Cest très bien de récompenser ainsi une fois par an les pratiquants et dirigeants
de toutes les disciplines sportives.
Si lon vous dit Foot et Sofia, à quoi pensez-vous?
Je pense évidemment au match des éliminatoires de la coupe du monde 1978 qui
avait lieu en Bulgarie en 1976. Cest un certain Monsieur Foot qui arbitrait, et
javais dit que cétait un «salaud » quand il a sifflé un penalty imaginaire
contre la France. Tout sest arrangé par la suite avec M. Foote que javais
fait venir au Havre à loccasion dun match du Variétés Club de France
disputé en lever de rideau du HAC. Je souhaitais faire arbitrer la rencontre par les deux
arbitres qui mont rendu célèbre, à savoir MM. Foote et Benaceur (larbitre
tunisien dArgentine - Angleterre avec la main de Maradona en 1994, NDLR) qui
auraient fait une mi-temps chacun. Seul M. Foote est venu. Nous avons passé deux jours
ensemble. Malheureusement, il est décédé voici cinq ans.
Ce match Bulgarie-France aurait pu vous coûter votre place de
commentateur...
Jai craint effectivement de recevoir un carton rouge. Jai eu
la chance que le match ait lieu un samedi soir, et les patrons de rédaction ne
travaillent pas le dimanche... Le lundi, les journaux ont fait leur une sur M. Foote dont
ils condamnaient à leur tour les décisions. Dès lors, le carton rouge pouvait se
transformer en carton jaune. Finalement, il ny eut pas de carton du tout, grâce aux
téléspectateurs qui mont envoyé des lettres par milliers. Durant la semaine qui a
suivi ce match, nous avons reçu pas moins de 22 sacs de courrier. Ça venait de toute la
France. Des ouvriers comme des députés partageaient mes propos sur M. Foote.
Javais dit tout haut ce que les gens pensaient tout bas.
Comment sest déroulé votre passage dAntenne 2 à TF 1?
Que ce soit à Antenne 2 ou à TF 1, je me suis toujours senti très bien dans
les rédactions où jai travaillé. A Antenne 2, il y avait Robert Chapatte que
jadorais. Quand jai senti que la direction de la chaîne souhaitait sen
séparer de manière inélégante, jai dit ce que jen pensais dans une
interview parue dans LEquipe, et ça a fait du bruit... Linterview a été
publiée alors que jétais aux Etats-Unis pour couvrir les JO de Los Angeles. La
direction ma demandé de réfuter mes propos, et jai refusé. Dès lors, notre
rupture était consommée et je suis parti sur TF 1 pour remplacer Michel Denisot qui
rejoignait Canal Plus.
Avez-vous été tenté par laventure Canal Plus ?
Cela a même failli se faire. Cette chaîne ma proposé à plusieurs
reprises de venir et à la troisième occasion, nous étions daccord. Cétait
en 1994 ou 1995, André Rousselet était ravi de mon éventuelle arrivée, mais a
préféré attendre pour lannoncer en fonction des relations en dents de scie entre
TF1 et Canal. A force dattendre, ça ne sest pas fait et je ne le regrette
pas. TF1 est une chaîne honnête et je my sens bien.
Que pensez-vous des chaînes liées à un club de football ?
Ce serait difficile pour TF1, notamment à cause du magazine Télé-Foot.
Personnellement, jaurais aimé à une époque que lon soccupe de
Saint-Etienne, qui reste un club mythique. Si quelqu'un arrive à faire revenir ce club
sur le devant de la scène, voire au niveau européen, ce sera un héros pour la ville et
la France entière.
Avez-vous une idée du nombre de matches que vous avez pu commenter?
Environ 1 320 dont 820 avec Jean-Michel (Larqué). Cela représente six mois en
continu...
La réussite dun duo
Quelle est la clé de la réussite de votre duo
?
Nous sommes complémentaires et dès le début, ça a été très vite marché.
Jean-Michel a fait preuve de beaucoup dhumilité et dintelligence au début.
Il ma fait confiance. Je pense que le ton utilisé est le bon et correspond à ce
quattend le public. Nous ne passons pas notre temps à hurler comme certains sur
dautres chaînes.
Pour quelquun qui a tout vu dans le foot, quel effet vous a
fait la finale France-Brésil de 1998?
Ce fut un moment exceptionnel. Après la réussite que la France avait eue
successivement contre le Paraguay (victoire sur un but en or de Laurent Blanc),
lItalie (succès aux tirs au but) et contre la Croatie (victoire 2 -1 grâce à deux
buts de Lilian Thuram qui navait jamais marqué), jétais persuadé que nous
allions battre le Brésil.
Quel match vous a le plus marqué ?
La demi-finale France-Allemagne de 1982, avec la France qui mène 3-1 puis se
fait battre après la faute de Schumacher sur Battiston.
Revendiquez-vous létiquette de franchouillard qui a fait
votre notoriété ?
Lorsque le téléspectateur français est derrière sa télévision, il supporte
léquipe de France. Nous commentons les matches pour lui faire ressentir des
émotions. Dès lors, nous sommes à fond derrière la France. Ça mémeut toujours
autant dentendre la Marseillaise. Et ça me fait chier quand elle est sifflée.
Etiez-vous favorable à larrivée de Jacques Santini à la
tête de léquipe de France ?
Il y avait besoin de changement. Moi, jétais favorable à la solution
Philippe Troussier, pour faire un peu de ménage. Mais je dois reconnaître que Santini
sen tire bien. Il a fait des progrès, notamment en communication.
Quelle destination choisiriez-vous pour les vacances, Venise,
Sydney, Pékin ou Las Vegas ?
Vous connaissez ma passion pour les jeux. Je prends Las Vegas pour aller y
passer deux jours. Jadore jouer et je suis un peu flambeur.
Que pensez-vous de larbitre normand Laurent Duhamel et
êtes-vous favorable à larbitrage assisté par la vidéo?
Laurent Duhamel fait partie des bons arbitres français. Il est en tout cas bien
meilleur que beaucoup dautres... Concernant larbitrage électronique, jy
suis favorable. On ne peut pas continuer ainsi à refuser des buts valables. A défaut de
vidéo, il faudrait au moins deux arbitres supplémentaires, un derrière chaque but pour
surveiller ce qui se passe dans les surfaces de réparation.
Comment les rapports ont-ils évolué entre vous et les sportifs de
haut niveau?
Jétais très proche des athlètes voici quelques années. Doù mon
amitié avec Jean-Claude (Nallet, membre du jury des Huskies, NDR) qui était un excellent
coureur et ma fait venir ce soir. Jai tissé des liens avec léquipe de
France des années 70-80, avec Marius Trésor, Alain Giresse et évidemment Michel
Platini. Maintenant, cest beaucoup plus difficile. Les agents sont omniprésents et
le football a beaucoup changé. Jai été surpris, par exemple, quand Thierry Henry
sest mis à me vouvoyer, parce que depuis quil suivait le foot, javais
bercé sa passion avec mes commentaires.
Vous êtes-vous fixé une limite dâge pour arrêter ?
Non, jespère aller jusquà la coupe du monde 2006 et après on
verra. Depuis le 1er mai, je suis officiellement retraité et désormais travailleur
indépendant. Lenvie est toujours là, et tant que lon me propose de
continuer, jy vais avec plaisir.
Comment un journaliste sportif se retrouve aux Grosses Têtes ?
Cest grâce à Sophie Davant, la femme de Pierre Sled. Elle avait fait un
essai et ça navait pas collé. Elle a parlé de moi à Philippe Bouvard, et dès le
début, la mayonnaise a pris. Cest ma récréation en dehors du football et même si
un jour, jarrête de commenter les matches, je continuerai de venir mamuser
aux Grosses têtes.
Propos recueillis par Philippe Beaufils et Christophe
Quesne
Les Rois du Stade
Tradition respectée. La 14e Nuit des Huskies
dor a eu, à limage du sport, son lot de joies et de peines, démotions
et de déceptions. 15 trophées ont été remis aux sportifs méritants de la région
dieppoise; le palmarès a mis en valeur, une fois nest pas coutume,
lathlétisme et le Stade dieppois avec trois trophées et la formation multisports
des Piranhas avec deux récompenses. Comme prévu, les Forbans ont assuré lambiance
et Thierry Roland a été un parrain hors-pair.
Comparer lincomparable, cest ce que tente de réaliser depuis
plusieurs années le jury de lassociation Les Huskies dor au moment de choisir
les futurs lauréats. Traditionnel animateur de la soirée en compagnie de Stéphane
Balle, Patrice Bon-neau a rappelé la difficulté pour départager les nominés dans la
plupart des catégories. A lorigine de lévénement, François Etienne
la également souligné après avoir remis une récompense : « Il faut se faire une
joie dêtre à la soirée et de faire la fête entre sportifs. Dans certaines
catégories, tous les nominés mériteraient un trophée mais cest comme dans le
sport, il ne faut quun seul gagnant. » Ainsi, sans dévoiler le déroulement du
vote effectué en présence de Maître Folliot, plusieurs tours de scrutin ont été
souvent nécessaires et même à la fin, une voix a parfois départagé le lauréat de son
rival. La déception pouvait donc être légitime sur certains visages mais
lincertitude du résultat fait aussi partie de la Nuit des Huskies dor.
Hommage et émotion
Avant de commencer la remise des trophées, Patrice Bonneau
a également tenu à dédier la soirée à Jürgen Hasenohr. Celui qui fut son compagnon
de route et de travail à NRJ durant de nombreuses années était aussi un membre de
lassociation Les Huskies dor depuis le début et sa brutale disparition
lété dernier a marqué les esprits. Les applaudissements fournis de la salle ont
salué celui qui remettait régulièrement le trophée sports mécaniques et qui aimait
tous les sports de façon globale.
Pour redonner une note un peu plus gaie à la soirée, Stéphane Balle a ensuite
appelé linvité dhonneur sportif à le rejoindre, un invité apprécié du
public des Huskies mais de lensemble des passionnés de football, Thierry Roland
ayant commenté plus de 1.300 matches en quarante ans de carrière (voir interview en page
2).
Comme pour de nombreux domaines de la vie, le sport commence à lécole.
Cest donc logiquement le trophée des sports scolaires qui a ouvert le bal avec
Daniel Joffroy, maire de Belleville-sur-Mer, en maître de cérémonie. Beaucoup de monde
sur scène et le Lycée Ango à lhonneur, un établissement représenté par un
professeur ravi, Francis Ledru : « Grâce au nombre important délèves, le lycée
dispose dun gros potentiel et rassemble des jeunes de tous les clubs de la région.
Cest la clé de notre réussite dans lAcadémie. »
Du VTT au Grand Prix des
Nations
Pour les sports de combat, la variété des disciplines
était importante et cest le judo qui lemportait grâce à la bonne saison de
Romain Montarou, ce dernier ayant une pensée pour son entraîneur Luc Cretté qui aurait
mérité une part du trophée. En plus dune progression fulgurante ces derniers
mois, cest certainement la récente sélection en équipe de France de VTT qui
permettait à Laura Metzler dêtre lauréate de la catégorie cyclisme. A cette
occasion, Gérard Picard rappelait que le prochain Grand prix des Nations se déroulerait
dans la région dieppoise le 20 septembre. Il dévoilait les grandes lignes du parcours
avec un départ pris de la plage de Dieppe pour prendre la direction de Neuville, Grèges,
Bellengreville, la côte de Saint-Nicolas, Arques et Martin-Eglise.
A soirée intense, partie variété chargée et donc aucun entracte pour laisser
la place à Sonia et Christophe Rioult, champions de danse sportive étonnants
dadresse et de complicité.
Pour les sports mécaniques, Patrice Bonneau appelait Luny, lanimateur du
12/16 sur NRJ qui montrait que remettre un trophée nest pas toujours chose facile.
Il remettait la récompense à Philippe Masselin, leader du team Le Pari Tient Toujours
qui associait Christian Philippe à son succès. Après avoir eu René Volet et ses 70
printemps sur scène, cétait au tour de Mélanie Albert dêtre nominée du
haut de ses neuf ans mais cest un local, en loccurrence le tennisman
bellevillais Nicolas Dumont qui décrochait le Husky sports de raquette. Logique
respectée pour les sports de balle collectifs, Pierre Blondel ajoutant une récompense
supplémentaire à la saison déjà exceptionnelle de lAL Neuville basket.
Deuxième pause musicale avec Cindy, jeune artiste de bientôt 17 ans, qui
était la première à faire lever la salle grâce à la belle interprétation de deux
titres aux styles différents.
Le Stade dieppois, une première fois à lhonneur ensuite, la petite «
bombe » du 60 m Marie Duval soctroyant un trophée applaudi par ses partenaires de
club. Le ton montait dun cran avec le football collectif et si de nombreux jeunes
Offranvillais montaient sur scène, ils repartaient déçus, la surprise étant créée
par lUS Grèges. Autre trophée attendu, celui de lorganisation avec un
plateau de choix. Le rallye du Pays de Dieppe, le tournoi de Belleville, le relais de
Derchigny, autant de manifestations bien huilées mais ce sont le travail de plusieurs
dizaines de bénévoles et la qualité des athlètes qui faisaient la différence en
faveur des 10 km de Dieppe.
Pas le temps de se refroidir puisque Jérôme Maugis entonnait tous les tubes
actuels ou plus anciens de Patrick Bruel et obtenait le même succès que lors de son
premier passage aux Huskies.
Qui dit dirigeant, dit souvent longévité et fidélité à un club, cest
le cas de Laurent Lefebvre présent à lES Tourville depuis plus de 25 ans et qui y
a connu tous les rôles, de joueur à président en passant par arbitre et entraîneur.
Pratiquement le seul membre de léquipe de hand dieppoise, David Duhamel a reçu le
deuxième trophée de sa carrière avant de relativiser les performances de la saison : «
Je crois que nous avons fini à notre place en étant deuxième; il y a encore beaucoup de
travail à effectuer si on veut viser la montée la saison prochaine. »
Le rock dans tous ses états
Comme sa camarade de club Laura Metzler, Charlotte Gauchet,
licenciée chez les Piranhas, a vu ses quatre titres de championne de Normandie et sa
sélection pour les prochains championnats dEurope lui valoir un trophée bien
mérité. Grand honneur ensuite pour Sébastien Démouchy qui recevait sa récompense des
mains de Thierry Roland, un connaisseur en matière de football qui recevait lui aussi un
trophée en remerciement de sa présence.
« Chante !, Chante, Danse et mets tes baskets », les Forbans ont su rapidement
se mettre au diapason de la soirée en faisant revivre tous les standards du rock. Une
prestation endiablée qui a séduit le public même si les plus jeunes ne connaissaient
pas tous les titres. Difficile denchaîner même si les deux derniers trophées ont
une valeur particulière. Soixante kilomètres de longueurs de bassin, cest ce que
réalise chaque semaine le nageur dieppois Benjamin Sellier et cest ce qui a fait
pencher la balance auprès du jury pour décerner son coup de coeur. Ultime récompense,
le super trophée a fait honneur à la fois à la jeunesse et au talent avec Marie Duval
représentant lactualité mais aussi lavenir de lathlétisme au Stade
dieppois. |