Journal du mardi 17 juin 2003

Thierry Roland invité d'honneur de la Nuit des Huskies d'or
"J'espère commenter la coupe du monde 2006"

Thierry Roland était l’invité vedette de la 14e Nuit des Huskies d’or. Commentateur de plus de 1 300 matches de foot, de 11 coupes du monde, membre attitré des Grosses têtes et un peu flambeur, il s’est livré aux Infos avant d’assister à la soirée, qu’il a quittée un peu avant la fin pour assister devant son petit écran au sacre de Tony Parker. Quand on aime le sport, c’est pour la vie...

Les Infos : Que pensez-vous du principe des Huskies d’Or?

Thierry Roland: Je suis forcément favorable à ce genre de manifestation. C’est très bien de récompenser ainsi une fois par an les pratiquants et dirigeants de toutes les disciplines sportives.

Si l’on vous dit Foot et Sofia, à quoi pensez-vous?

Je pense évidemment au match des éliminatoires de la coupe du monde 1978 qui avait lieu en Bulgarie en 1976. C’est un certain Monsieur Foot qui arbitrait, et j’avais dit que c’était un «salaud » quand il a sifflé un penalty imaginaire contre la France. Tout s’est arrangé par la suite avec M. Foote que j’avais fait venir au Havre à l’occasion d’un match du Variétés Club de France disputé en lever de rideau du HAC. Je souhaitais faire arbitrer la rencontre par les deux arbitres qui m’ont rendu célèbre, à savoir MM. Foote et Benaceur (l’arbitre tunisien d’Argentine - Angleterre avec la main de Maradona en 1994, NDLR) qui auraient fait une mi-temps chacun. Seul M. Foote est venu. Nous avons passé deux jours ensemble. Malheureusement, il est décédé voici cinq ans.

Ce match Bulgarie-France aurait pu vous coûter votre place de commentateur...

…J’ai craint effectivement de recevoir un carton rouge. J’ai eu la chance que le match ait lieu un samedi soir, et les patrons de rédaction ne travaillent pas le dimanche... Le lundi, les journaux ont fait leur une sur M. Foote dont ils condamnaient à leur tour les décisions. Dès lors, le carton rouge pouvait se transformer en carton jaune. Finalement, il n’y eut pas de carton du tout, grâce aux téléspectateurs qui m’ont envoyé des lettres par milliers. Durant la semaine qui a suivi ce match, nous avons reçu pas moins de 22 sacs de courrier. Ça venait de toute la France. Des ouvriers comme des députés partageaient mes propos sur M. Foote. J’avais dit tout haut ce que les gens pensaient tout bas.

Comment s’est déroulé votre passage d’Antenne 2 à TF 1?

Que ce soit à Antenne 2 ou à TF 1, je me suis toujours senti très bien dans les rédactions où j’ai travaillé. A Antenne 2, il y avait Robert Chapatte que j’adorais. Quand j’ai senti que la direction de la chaîne souhaitait s’en séparer de manière inélégante, j’ai dit ce que j’en pensais dans une interview parue dans L’Equipe, et ça a fait du bruit... L’interview a été publiée alors que j’étais aux Etats-Unis pour couvrir les JO de Los Angeles. La direction m’a demandé de réfuter mes propos, et j’ai refusé. Dès lors, notre rupture était consommée et je suis parti sur TF 1 pour remplacer Michel Denisot qui rejoignait Canal Plus.

Avez-vous été tenté par l’aventure Canal Plus ?

Cela a même failli se faire. Cette chaîne m’a proposé à plusieurs reprises de venir et à la troisième occasion, nous étions d’accord. C’était en 1994 ou 1995, André Rousselet était ravi de mon éventuelle arrivée, mais a préféré attendre pour l’annoncer en fonction des relations en dents de scie entre TF1 et Canal. A force d’attendre, ça ne s’est pas fait et je ne le regrette pas. TF1 est une chaîne honnête et je m’y sens bien.

Que pensez-vous des chaînes liées à un club de football ?

Ce serait difficile pour TF1, notamment à cause du magazine Télé-Foot. Personnellement, j’aurais aimé à une époque que l’on s’occupe de Saint-Etienne, qui reste un club mythique. Si quelqu'un arrive à faire revenir ce club sur le devant de la scène, voire au niveau européen, ce sera un héros pour la ville et la France entière.

Avez-vous une idée du nombre de matches que vous avez pu commenter?

Environ 1 320 dont 820 avec Jean-Michel (Larqué). Cela représente six mois en continu...

La réussite d’un duo

Quelle est la clé de la réussite de votre duo ?

Nous sommes complémentaires et dès le début, ça a été très vite marché. Jean-Michel a fait preuve de beaucoup d’humilité et d’intelligence au début. Il m’a fait confiance. Je pense que le ton utilisé est le bon et correspond à ce qu’attend le public. Nous ne passons pas notre temps à hurler comme certains sur d’autres chaînes.

Pour quelqu’un qui a tout vu dans le foot, quel effet vous a fait la finale France-Brésil de 1998?

Ce fut un moment exceptionnel. Après la réussite que la France avait eue successivement contre le Paraguay (victoire sur un but en or de Laurent Blanc), l’Italie (succès aux tirs au but) et contre la Croatie (victoire 2 -1 grâce à deux buts de Lilian Thuram qui n’avait jamais marqué), j’étais persuadé que nous allions battre le Brésil.

Quel match vous a le plus marqué ?

La demi-finale France-Allemagne de 1982, avec la France qui mène 3-1 puis se fait battre après la faute de Schumacher sur Battiston.

Revendiquez-vous l’étiquette de franchouillard qui a fait votre notoriété ?

Lorsque le téléspectateur français est derrière sa télévision, il supporte l’équipe de France. Nous commentons les matches pour lui faire ressentir des émotions. Dès lors, nous sommes à fond derrière la France. Ça m’émeut toujours autant d’entendre la Marseillaise. Et ça me fait chier quand elle est sifflée.

Etiez-vous favorable à l’arrivée de Jacques Santini à la tête de l’équipe de France ?

Il y avait besoin de changement. Moi, j’étais favorable à la solution Philippe Troussier, pour faire un peu de ménage. Mais je dois reconnaître que Santini s’en tire bien. Il a fait des progrès, notamment en communication.

Quelle destination choisiriez-vous pour les vacances, Venise, Sydney, Pékin ou Las Vegas ?

Vous connaissez ma passion pour les jeux. Je prends Las Vegas pour aller y passer deux jours. J’adore jouer et je suis un peu flambeur.

Que pensez-vous de l’arbitre normand Laurent Duhamel et êtes-vous favorable à l’arbitrage assisté par la vidéo?

Laurent Duhamel fait partie des bons arbitres français. Il est en tout cas bien meilleur que beaucoup d’autres... Concernant l’arbitrage électronique, j’y suis favorable. On ne peut pas continuer ainsi à refuser des buts valables. A défaut de vidéo, il faudrait au moins deux arbitres supplémentaires, un derrière chaque but pour surveiller ce qui se passe dans les surfaces de réparation.

Comment les rapports ont-ils évolué entre vous et les sportifs de haut niveau?

J’étais très proche des athlètes voici quelques années. D’où mon amitié avec Jean-Claude (Nallet, membre du jury des Huskies, NDR) qui était un excellent coureur et m’a fait venir ce soir. J’ai tissé des liens avec l’équipe de France des années 70-80, avec Marius Trésor, Alain Giresse et évidemment Michel Platini. Maintenant, c’est beaucoup plus difficile. Les agents sont omniprésents et le football a beaucoup changé. J’ai été surpris, par exemple, quand Thierry Henry s’est mis à me vouvoyer, parce que depuis qu’il suivait le foot, j’avais bercé sa passion avec mes commentaires.

Vous êtes-vous fixé une limite d’âge pour arrêter ?

Non, j’espère aller jusqu’à la coupe du monde 2006 et après on verra. Depuis le 1er mai, je suis officiellement retraité et désormais travailleur indépendant. L’envie est toujours là, et tant que l’on me propose de continuer, j’y vais avec plaisir.

Comment un journaliste sportif se retrouve aux Grosses Têtes ?

C’est grâce à Sophie Davant, la femme de Pierre Sled. Elle avait fait un essai et ça n’avait pas collé. Elle a parlé de moi à Philippe Bouvard, et dès le début, la mayonnaise a pris. C’est ma récréation en dehors du football et même si un jour, j’arrête de commenter les matches, je continuerai de venir m’amuser aux Grosses têtes.

Propos recueillis par Philippe Beaufils et Christophe Quesne

Les Rois du Stade

Tradition respectée. La 14e Nuit des Huskies d’or a eu, à l’image du sport, son lot de joies et de peines, d’émotions et de déceptions. 15 trophées ont été remis aux sportifs méritants de la région dieppoise; le palmarès a mis en valeur, une fois n’est pas coutume, l’athlétisme et le Stade dieppois avec trois trophées et la formation multisports des Piranhas avec deux récompenses. Comme prévu, les Forbans ont assuré l’ambiance et Thierry Roland a été un parrain hors-pair.

Comparer l’incomparable, c’est ce que tente de réaliser depuis plusieurs années le jury de l’association Les Huskies d’or au moment de choisir les futurs lauréats. Traditionnel animateur de la soirée en compagnie de Stéphane Balle, Patrice Bon-neau a rappelé la difficulté pour départager les nominés dans la plupart des catégories. A l’origine de l’événement, François Etienne l’a également souligné après avoir remis une récompense : « Il faut se faire une joie d’être à la soirée et de faire la fête entre sportifs. Dans certaines catégories, tous les nominés mériteraient un trophée mais c’est comme dans le sport, il ne faut qu’un seul gagnant. » Ainsi, sans dévoiler le déroulement du vote effectué en présence de Maître Folliot, plusieurs tours de scrutin ont été souvent nécessaires et même à la fin, une voix a parfois départagé le lauréat de son rival. La déception pouvait donc être légitime sur certains visages mais l’incertitude du résultat fait aussi partie de la Nuit des Huskies d’or.

Hommage et émotion

Avant de commencer la remise des trophées, Patrice Bonneau a également tenu à dédier la soirée à Jürgen Hasenohr. Celui qui fut son compagnon de route et de travail à NRJ durant de nombreuses années était aussi un membre de l’association Les Huskies d’or depuis le début et sa brutale disparition l’été dernier a marqué les esprits. Les applaudissements fournis de la salle ont salué celui qui remettait régulièrement le trophée sports mécaniques et qui aimait tous les sports de façon globale.

Pour redonner une note un peu plus gaie à la soirée, Stéphane Balle a ensuite appelé l’invité d’honneur sportif à le rejoindre, un invité apprécié du public des Huskies mais de l’ensemble des passionnés de football, Thierry Roland ayant commenté plus de 1.300 matches en quarante ans de carrière (voir interview en page 2).

Comme pour de nombreux domaines de la vie, le sport commence à l’école. C’est donc logiquement le trophée des sports scolaires qui a ouvert le bal avec Daniel Joffroy, maire de Belleville-sur-Mer, en maître de cérémonie. Beaucoup de monde sur scène et le Lycée Ango à l’honneur, un établissement représenté par un professeur ravi, Francis Ledru : « Grâce au nombre important d’élèves, le lycée dispose d’un gros potentiel et rassemble des jeunes de tous les clubs de la région. C’est la clé de notre réussite dans l’Académie. »

Du VTT au Grand Prix des Nations

Pour les sports de combat, la variété des disciplines était importante et c’est le judo qui l’emportait grâce à la bonne saison de Romain Montarou, ce dernier ayant une pensée pour son entraîneur Luc Cretté qui aurait mérité une part du trophée. En plus d’une progression fulgurante ces derniers mois, c’est certainement la récente sélection en équipe de France de VTT qui permettait à Laura Metzler d’être lauréate de la catégorie cyclisme. A cette occasion, Gérard Picard rappelait que le prochain Grand prix des Nations se déroulerait dans la région dieppoise le 20 septembre. Il dévoilait les grandes lignes du parcours avec un départ pris de la plage de Dieppe pour prendre la direction de Neuville, Grèges, Bellengreville, la côte de Saint-Nicolas, Arques et Martin-Eglise.

A soirée intense, partie variété chargée et donc aucun entracte pour laisser la place à Sonia et Christophe Rioult, champions de danse sportive étonnants d’adresse et de complicité.

Pour les sports mécaniques, Patrice Bonneau appelait Luny, l’animateur du 12/16 sur NRJ qui montrait que remettre un trophée n’est pas toujours chose facile. Il remettait la récompense à Philippe Masselin, leader du team Le Pari Tient Toujours qui associait Christian Philippe à son succès. Après avoir eu René Volet et ses 70 printemps sur scène, c’était au tour de Mélanie Albert d’être nominée du haut de ses neuf ans mais c’est un local, en l’occurrence le tennisman bellevillais Nicolas Dumont qui décrochait le Husky sports de raquette. Logique respectée pour les sports de balle collectifs, Pierre Blondel ajoutant une récompense supplémentaire à la saison déjà exceptionnelle de l’AL Neuville basket.

Deuxième pause musicale avec Cindy, jeune artiste de bientôt 17 ans, qui était la première à faire lever la salle grâce à la belle interprétation de deux titres aux styles différents.

Le Stade dieppois, une première fois à l’honneur ensuite, la petite « bombe » du 60 m Marie Duval s’octroyant un trophée applaudi par ses partenaires de club. Le ton montait d’un cran avec le football collectif et si de nombreux jeunes Offranvillais montaient sur scène, ils repartaient déçus, la surprise étant créée par l’US Grèges. Autre trophée attendu, celui de l’organisation avec un plateau de choix. Le rallye du Pays de Dieppe, le tournoi de Belleville, le relais de Derchigny, autant de manifestations bien huilées mais ce sont le travail de plusieurs dizaines de bénévoles et la qualité des athlètes qui faisaient la différence en faveur des 10 km de Dieppe.

Pas le temps de se refroidir puisque Jérôme Maugis entonnait tous les tubes actuels ou plus anciens de Patrick Bruel et obtenait le même succès que lors de son premier passage aux Huskies.

Qui dit dirigeant, dit souvent longévité et fidélité à un club, c’est le cas de Laurent Lefebvre présent à l’ES Tourville depuis plus de 25 ans et qui y a connu tous les rôles, de joueur à président en passant par arbitre et entraîneur. Pratiquement le seul membre de l’équipe de hand dieppoise, David Duhamel a reçu le deuxième trophée de sa carrière avant de relativiser les performances de la saison : « Je crois que nous avons fini à notre place en étant deuxième; il y a encore beaucoup de travail à effectuer si on veut viser la montée la saison prochaine. »

Le rock dans tous ses états

Comme sa camarade de club Laura Metzler, Charlotte Gauchet, licenciée chez les Piranhas, a vu ses quatre titres de championne de Normandie et sa sélection pour les prochains championnats d’Europe lui valoir un trophée bien mérité. Grand honneur ensuite pour Sébastien Démouchy qui recevait sa récompense des mains de Thierry Roland, un connaisseur en matière de football qui recevait lui aussi un trophée en remerciement de sa présence.

« Chante !, Chante, Danse et mets tes baskets », les Forbans ont su rapidement se mettre au diapason de la soirée en faisant revivre tous les standards du rock. Une prestation endiablée qui a séduit le public même si les plus jeunes ne connaissaient pas tous les titres. Difficile d’enchaîner même si les deux derniers trophées ont une valeur particulière. Soixante kilomètres de longueurs de bassin, c’est ce que réalise chaque semaine le nageur dieppois Benjamin Sellier et c’est ce qui a fait pencher la balance auprès du jury pour décerner son coup de coeur. Ultime récompense, le super trophée a fait honneur à la fois à la jeunesse et au talent avec Marie Duval représentant l’actualité mais aussi l’avenir de l’athlétisme au Stade dieppois.


Archives 1998   Archives 1999   Archives 2000  Archives 2001  Archives 2002  Archives 2003
Recherche   Accueil