Journal du 19 décembre 2003

Les quatre fils dealaient, le père stockait des armes
Un arsenal découvert chez le père des trafiquants

Les quatre fils étaient les pièces maîtresses d’un trafic de résine de cannabis. Le père stockait des armes de guerre en tout genre. En démantelant un trafic de stupéfiants sur la région, les gendarmes dieppois ont fait cette découverte détonante dans une maison familiale de Saint-Vaast-d’Equiqueville.

L’enquête a débuté sur commission rogatoire délivrée en avril dernier par le juge d’instruction dieppois Antoine Le Vaillant de Charny. Elle portait sur un trafic de résine de cannabis. » La précision du lieutenant Lefèvre, l’adjoint au commandant de la compagnie de Dieppe, n’est pas superflue. Devant lui, dans les locaux de la brigade, rue Jehan-Véron, une table est recouverte d’armes de toutes sortes.

Un arsenal de guerre. Des fusils de chasse, une 22 long rifle, la réplique d’une kalachnikov, une ancienne arme de l’armée française (un MAS 36), des revolvers de différents calibres, un silencieux, une lunette, des grenades, plusieurs mètres de mèches lentes, 3 000 cartouches, un masque à gaz... et 130 grammes de résine de cannabis. C’est en perquisitionnant dans une maison familiale de Saint-Vaast-d’Equiqueville, lundi, à l’aube, que les gendarmes ont fait cette découverte détonante.

« Des armes dans tous les tiroirs, même sous le lit des parents », commente un enquêteur. « Nous avions des renseignements portant sur un trafic de stupéfiants alimentant une partie de la vallée de l’Aliermont, entre Dieppe et Neufchâtel-en-Bray », poursuit le gendarme. L’enquête a duré plusieurs mois. La filière conduira les millitaires dieppois en Seine-Saint-Denis, près de Pantin.

C’est là, dans l’appartement d’un couple, que le principal maillon du réseau de trafiquants locaux vient s’approvisionner en « shit » depuis plus de deux ans, à raison de deux à trois voyages par semaine. Les enquêteurs ont mis fin au manège dimanche soir aux Grandes-Ventes. Un dealer a été interpellé à 18 h 30 alors qu’il revenait d’un de ses périples, au volant d’une 309.

Près de 70 kilos
de cannabis

Ses complices, des jeunes âgés de 17 à 30 ans, de Dieppe, de Freulleville et des Grandes-Ventes ont été interpellés simultanément le lendemain, à l’aube. Le trafic porterait sur près de 70 kg de résine. Une valeur marchande estimée à 315 000 euros.

Treize personnes au total ont été placées en garde à vue dont le couple de la région parisienne. Dans la demeure de Saint-Vaast-d’Equiqueville, considérée comme la plaque tournante du trafic, quatre frères vivaient de ce commerce illicite. Ils en consommaient aussi. Les armes, pour la plupart interdites à la détention, retrouvées au domicile familial, appartiendraient au père. La petite famille, originaire du Val d’Oise, était venue s’installer il y a trois ans en Normandie. Deux des enfants avaient fait leurs études au collège de Saint-Nicolas-d’Aliermont.

Après une présentation au tribunal de grande instance de Dieppe, mardi soir, deux des quatre frères et le dealer de la banlieue parisienne ont été conduits à la maison d’arrêt de Rouen. Une quatrième personne a été placée sous contrôle judiciaire. Le père, qui semble être à l’origine de la provenance des armes et travaille en région parisienne, a été remis en liberté.

Lors de ce vaste coup de filet, les gendarmes dieppois ont également récolté de nombreux renseignements sur les consommateurs de la région. Une cinquantaine de fumeurs de joints devraient être convoqués à la gendarmerie dans les semaines à venir.

Briac Trébert


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