| Les quatre fils étaient les pièces
maîtresses dun trafic de résine de cannabis. Le père stockait des armes de guerre
en tout genre. En démantelant un trafic de stupéfiants sur la région, les gendarmes
dieppois ont fait cette découverte détonante dans une maison familiale de
Saint-Vaast-dEquiqueville. Lenquête a débuté sur
commission rogatoire délivrée en avril dernier par le juge dinstruction dieppois
Antoine Le Vaillant de Charny. Elle portait sur un trafic de résine de cannabis. » La
précision du lieutenant Lefèvre, ladjoint au commandant de la compagnie de Dieppe,
nest pas superflue. Devant lui, dans les locaux de la brigade, rue Jehan-Véron, une
table est recouverte darmes de toutes sortes.
Un arsenal de guerre. Des fusils de chasse, une 22 long rifle, la réplique
dune kalachnikov, une ancienne arme de larmée française (un MAS 36), des
revolvers de différents calibres, un silencieux, une lunette, des grenades, plusieurs
mètres de mèches lentes, 3 000 cartouches, un masque à gaz... et 130 grammes de résine
de cannabis. Cest en perquisitionnant dans une maison familiale de
Saint-Vaast-dEquiqueville, lundi, à laube, que les gendarmes ont fait cette
découverte détonante.
« Des armes dans tous les tiroirs, même sous le lit des parents », commente
un enquêteur. « Nous avions des renseignements portant sur un trafic de stupéfiants
alimentant une partie de la vallée de lAliermont, entre Dieppe et
Neufchâtel-en-Bray », poursuit le gendarme. Lenquête a duré plusieurs mois. La
filière conduira les millitaires dieppois en Seine-Saint-Denis, près de Pantin.
Cest là, dans lappartement dun couple, que le principal
maillon du réseau de trafiquants locaux vient sapprovisionner en « shit » depuis
plus de deux ans, à raison de deux à trois voyages par semaine. Les enquêteurs ont mis
fin au manège dimanche soir aux Grandes-Ventes. Un dealer a été interpellé à 18 h 30
alors quil revenait dun de ses périples, au volant dune 309.
Près de 70 kilos
de cannabis
Ses complices, des jeunes âgés de 17 à 30 ans, de Dieppe,
de Freulleville et des Grandes-Ventes ont été interpellés simultanément le lendemain,
à laube. Le trafic porterait sur près de 70 kg de résine. Une valeur marchande
estimée à 315 000 euros.
Treize personnes au total ont été placées en garde à vue dont le couple de
la région parisienne. Dans la demeure de Saint-Vaast-dEquiqueville, considérée
comme la plaque tournante du trafic, quatre frères vivaient de ce commerce illicite. Ils
en consommaient aussi. Les armes, pour la plupart interdites à la détention, retrouvées
au domicile familial, appartiendraient au père. La petite famille, originaire du Val
dOise, était venue sinstaller il y a trois ans en Normandie. Deux des enfants
avaient fait leurs études au collège de Saint-Nicolas-dAliermont.
Après une présentation au tribunal de grande instance de Dieppe, mardi soir,
deux des quatre frères et le dealer de la banlieue parisienne ont été conduits à la
maison darrêt de Rouen. Une quatrième personne a été placée sous contrôle
judiciaire. Le père, qui semble être à lorigine de la provenance des armes et
travaille en région parisienne, a été remis en liberté.
Lors de ce vaste coup de filet, les gendarmes dieppois ont également récolté
de nombreux renseignements sur les consommateurs de la région. Une cinquantaine de
fumeurs de joints devraient être convoqués à la gendarmerie dans les semaines à venir.
Briac Trébert |