Journal du 28 octobre 2003

Le projet voté en janvier 2001 a été modifié
Station balnéaire :
les plans définitifs enfin prêts

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La zone couverte des bassins ludiques,
pour les enfants mais aussi les adultes,
dans le cadre de la "remise en forme".

Dans la rotonde réaménagée,
toboggans et bassins en cascade.

La municipalité Cuvilliez avait retenu un projet en janvier 2001. Mais le changement de majorité intervenu juste après l’avait gelé, notamment pour des raisons financières. Toutefois le principe restait, et la station balnéaire verrait forcément le jour... Finalement, l’architecte initial a été conservé, pour un projet légèrement amendé permettant notamment d’accueillir des groupes. Ouverture des bassins, toboggans et installations de remise en forme prévue en juin 2006. Si tous les financements sont trouvés...

Depuis le temps qu’on en parle, il était temps de lancer autrement qu’en paroles le projet de station balnéaire. Une rénovation complète de l’actuel bassin d’eau de mer et de la rotonde, avec la construction tout autour de multiples activités de loisirs et de détentes. Un vrai complexe balnéaire destiné à redonner à Dieppe, première station balnéaire de France, un lustre sinon comparable, au moins approchant celui du premier luxueux établissement des Bains de mer fréquenté à partir de 1822 notamment par la duchesse du Berry.

Après la course aux projets, aux avancées, puis aux hésitations pour raisons financières (qui va débourser les 20 millions d’euros nécessaires ?), la municipalité a finalement tranché : ce ne sera ni le projet pharaonique du riche producteur de cinéma Claude Nedjar lancé au début des années quatre-vingts, ni celui plus récent travaillé dans l’ombre par Jean Pieters...

Edouard Leveau est resté fidèle au choix exprimé par ses prédécesseurs en janvier 2001 : la commission d’appel d’offres avait alors retenu le cabinet d’architectes de Boisguillaume Duval-Raynal, et c’est bien lui qui a établi les plans définitifs d’un projet amendé depuis.

Bains de mer
et remise en forme toute l’année

La maquette présentée en décembre dernier dans les couloirs de l’Hôtel de Ville a en effet été modifiée. « A la demande de la ville et de la SEMAD qui pilote le projet pour la municipalité, nous avons redessiné la totalité des bassins » explique l’architecte qui a œuvré à la modification des projets. « Du fait que les piscines de Dieppe ne sont pas toutes aux normes, la mairie a souhaité que la station balnéaire puisse également accueillir des groupes ». Du coup, une zone d’apprentissage, avec trois couloirs de 12,50 mètres de long, a été prévue à l’intérieur. Elle sera en contact, par un système de rivière, avec le grand bassin extérieur.

Mais la station balnéaire qui devrait voir le jour en juin 2006 ne se limite pas à l’apprentissage de la natation : elle devrait offrir une palette de loisirs et de détente dépassant largement ce qu’offre déjà Ludibulle à Saint-Martin-en-Campagne, et presque comparable à un établissement de thalassothérapie ou aux fameux Center Parcs installés en Europe par un groupe hollandais.

L’actuelle station balnéaire, c’est en effet une piscine d’eau de mer avec un bassin de 50 mètres vétuste, deux courts de tennis et deux terrains de beach-volley, un mini-golf et quelques cabines de plage. Ce que prévoit le projet présenté lundi au restaurant de l’hôtel La Présidence redonnera sans aucun doute un coup de fouet à des installations décrépies. Il s’agit de la rénovation du grand bassin de 50 m, qui avec son eau chaude toute l’année permettra de se baigner dehors en plein hiver, de la création d’un bassin ludique extérieur, et de la rénovation de la rotonde pour un espace ludique intérieur avec « bassins cascades à thème » et tobbogans. Le tout dans une eau de mer à 28°C.

20,45 millions
d’euros à débourser

Tout autour de ces structures rénovées ou à construire, quatre autres bâtiments d’un étage viendront se greffer : un premier avec le hall d’entrée, les vestiaires et les bassins intérieurs (avec la fameuse zone d’apprentissage, une pataugeoire pour les enfants, des jeux aquatiques, bancs et jets massants, jets aqua tonics, geyser, palmiers...) à l’emplacement des actuels gradins. Ce bassin ludique intérieur sera en contact, grâce à une rivière, avec le bassin ludique extérieur.

Le deuxième bâtiment accueillera l’espace de remise en forme, avec jaccuzzis, hammam, sauna, baignoires de balnéothérapie, douches fortes... ; le troisième recevra une salle de congrès de 350 personnes, et le quatrième un restaurant accessible depuis la plage et un bar accessible depuis le bassin extérieur. Le mini-golf devrait quant à lui rester en place, et pour accueillir tout ce monde attendu, un parking de 400 places est prévu sous terre entre le front de mer et le casino.

Le coût total de l’opération avant modifications était estimé à 14,3 millions d’euros à la charge de la Ville. Finalement, il en coûtera plus cher : 20,45 millions d’euros (9 millions pour les bassins, 3,32 pour l’espace de remise en forme, 6,4 pour le parking souterrain et 1,16 pour la salle de congrès-restaurant), mais « seulement » 3,65 millions d’euros à la charge de la Ville de Dieppe, qui espère boucler le financement avec le conseil général (19 %), le conseil régional (11 %), l’état et les fonds européens pour le développement touristique. Cette dernière enveloppe n’est pas encore fixée. Mais si l’argent n’arrivait pas, la Ville lancerait d’ores et déjà la rénovation de la piscine d’eau de mer, mais échelonnerait dans la durée les autres aménagements.

Maintenant que l’avant-projet a été dévoilé par le maire, la SEMAD et le cabinet d’architectes, reste à le faire voter au conseil municipal. Une fois le feu vert obtenu, les appels d’offres pour la construction devraient intervenir en mars 2004, pour un démarrage du chantier prévu six mois plus tard. Si tout va bien, le « bijou » touristique et de loisirs verra le jour en deux phases : l’ouverture de la piscine d’eau de mer rénovée en mai 2005, et celle de l’ensemble du complexe balnéaire en juin 2006. A condition de trouver tous les sous...

O.B.

L’appel d’Edouard Leveau :
« Un projet indispensable à Dieppe »

Evoquant le passé prestigieux des premiers bains de mer à Dieppe au début du XIXe siècle et l’ancienne « thalasso » aujourd’hui tombée dans l’oubli, Edouard Leveau s’est voulu lyrique lundi matin à l’hôtel La Présidence pour la présentation de « sa » station balnéaire. Selon le député-maire, elle participe, « autant que le transmanche ou la pêche, de l’âme de Dieppe ».

A propos d’un dossier « qui depuis plusieurs décennies a fait couler beaucoup d’encre », le maire est rapidement passé sur les « nombreux projets évoqués, certains modestes, d’autres fantasques » avant de « vendre » son produit en même temps que sa ville, qui peut « légitimement revendiquer et opposer à d’autres stations la qualité de l’authenticité». C’est pourquoi, selon lui, il n’y a plus de saison pour fréquenter Dieppe comme l’a démontré l’afflux enregistré par les professionnels du tourisme depuis le week-end de Pâques, avec son lot « d’accroissement de la circulation et, bien sûr, la quasi-impossibilité de stationner sur la plage le week-end, été comme hiver ».

Mais s’adressant à ces pros du tourisme, hôteliers, restaurateurs, responsables du golf, de l’hippodrome, du casino, de l’office du tourisme ou de la chambre de commerce, Edouard Leveau leur a enjoint de « fédérer nos efforts pour fidéliser le tourisme à Dieppe ». Et la station balnéaire devrait selon lui être l’un de ces points de fixation des touristes, même si l’équipement est aussi prévu pour les Dieppois, « qui pourront prolonger en toute saison les plaisirs des bains de mer » et prendre soin d’eux, avec le centre de remise en forme qui « nous apportera le bien-être, là, à notre porte ». Finissant aussi lyrique qu’il avait commencé, le député-maire a conclu en appelant les partenaires de la ville à « créer cette «task force» dieppoise au service de notre projet », pour le faire connaître, mais aussi, au-delà de la métaphore guerrière, convaincre ceux qui sont sollicités pour apporter les 17 millions d’euros que Dieppe ne pourra pas financer (un appel a été lancé à la communauté d’agglomération), « que ce projet est indispensable à notre ville ».


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