| La municipalité Cuvilliez avait
retenu un projet en janvier 2001. Mais le changement de majorité intervenu juste après
lavait gelé, notamment pour des raisons financières. Toutefois le principe
restait, et la station balnéaire verrait forcément le jour... Finalement,
larchitecte initial a été conservé, pour un projet légèrement amendé
permettant notamment daccueillir des groupes. Ouverture des bassins, toboggans et
installations de remise en forme prévue en juin 2006. Si tous les financements sont
trouvés... Depuis le temps quon en parle, il était temps
de lancer autrement quen paroles le projet de station balnéaire. Une rénovation
complète de lactuel bassin deau de mer et de la rotonde, avec la construction
tout autour de multiples activités de loisirs et de détentes. Un vrai complexe
balnéaire destiné à redonner à Dieppe, première station balnéaire de France, un
lustre sinon comparable, au moins approchant celui du premier luxueux établissement des
Bains de mer fréquenté à partir de 1822 notamment par la duchesse du Berry.
Après la course aux projets, aux avancées, puis aux hésitations pour raisons
financières (qui va débourser les 20 millions deuros nécessaires ?), la
municipalité a finalement tranché : ce ne sera ni le projet pharaonique du riche
producteur de cinéma Claude Nedjar lancé au début des années quatre-vingts, ni celui
plus récent travaillé dans lombre par Jean Pieters...
Edouard Leveau est resté fidèle au choix exprimé par ses prédécesseurs en
janvier 2001 : la commission dappel doffres avait alors retenu le cabinet
darchitectes de Boisguillaume Duval-Raynal, et cest bien lui qui a établi les
plans définitifs dun projet amendé depuis.
Bains de mer
et remise en forme toute lannée
La maquette présentée en décembre dernier dans les
couloirs de lHôtel de Ville a en effet été modifiée. « A la demande de la ville
et de la SEMAD qui pilote le projet pour la municipalité, nous avons redessiné la
totalité des bassins » explique larchitecte qui a uvré à la modification
des projets. « Du fait que les piscines de Dieppe ne sont pas toutes aux normes, la
mairie a souhaité que la station balnéaire puisse également accueillir des groupes ».
Du coup, une zone dapprentissage, avec trois couloirs de 12,50 mètres de long, a
été prévue à lintérieur. Elle sera en contact, par un système de rivière,
avec le grand bassin extérieur.
Mais la station balnéaire qui devrait voir le jour en juin 2006 ne se limite
pas à lapprentissage de la natation : elle devrait offrir une palette de loisirs et
de détente dépassant largement ce quoffre déjà Ludibulle à
Saint-Martin-en-Campagne, et presque comparable à un établissement de thalassothérapie
ou aux fameux Center Parcs installés en Europe par un groupe hollandais.
Lactuelle station balnéaire, cest en effet une piscine deau
de mer avec un bassin de 50 mètres vétuste, deux courts de tennis et deux terrains de
beach-volley, un mini-golf et quelques cabines de plage. Ce que prévoit le projet
présenté lundi au restaurant de lhôtel La Présidence redonnera sans aucun doute
un coup de fouet à des installations décrépies. Il sagit de la rénovation du
grand bassin de 50 m, qui avec son eau chaude toute lannée permettra de se baigner
dehors en plein hiver, de la création dun bassin ludique extérieur, et de la
rénovation de la rotonde pour un espace ludique intérieur avec « bassins cascades à
thème » et tobbogans. Le tout dans une eau de mer à 28°C.
20,45 millions
deuros à débourser
Tout autour de ces structures rénovées ou à construire,
quatre autres bâtiments dun étage viendront se greffer : un premier avec le hall
dentrée, les vestiaires et les bassins intérieurs (avec la fameuse zone
dapprentissage, une pataugeoire pour les enfants, des jeux aquatiques, bancs et jets
massants, jets aqua tonics, geyser, palmiers...) à lemplacement des actuels
gradins. Ce bassin ludique intérieur sera en contact, grâce à une rivière, avec le
bassin ludique extérieur.
Le deuxième bâtiment accueillera lespace de remise en forme, avec
jaccuzzis, hammam, sauna, baignoires de balnéothérapie, douches fortes... ; le
troisième recevra une salle de congrès de 350 personnes, et le quatrième un restaurant
accessible depuis la plage et un bar accessible depuis le bassin extérieur. Le mini-golf
devrait quant à lui rester en place, et pour accueillir tout ce monde attendu, un parking
de 400 places est prévu sous terre entre le front de mer et le casino.
Le coût total de lopération avant modifications était estimé à 14,3
millions deuros à la charge de la Ville. Finalement, il en coûtera plus cher :
20,45 millions deuros (9 millions pour les bassins, 3,32 pour lespace de
remise en forme, 6,4 pour le parking souterrain et 1,16 pour la salle de
congrès-restaurant), mais « seulement » 3,65 millions deuros à la charge de la
Ville de Dieppe, qui espère boucler le financement avec le conseil général (19 %), le
conseil régional (11 %), létat et les fonds européens pour le développement
touristique. Cette dernière enveloppe nest pas encore fixée. Mais si largent
narrivait pas, la Ville lancerait dores et déjà la rénovation de la piscine
deau de mer, mais échelonnerait dans la durée les autres aménagements.
Maintenant que lavant-projet a été dévoilé par le maire, la SEMAD et
le cabinet darchitectes, reste à le faire voter au conseil municipal. Une fois le
feu vert obtenu, les appels doffres pour la construction devraient intervenir en
mars 2004, pour un démarrage du chantier prévu six mois plus tard. Si tout va bien, le
« bijou » touristique et de loisirs verra le jour en deux phases : louverture de
la piscine deau de mer rénovée en mai 2005, et celle de lensemble du
complexe balnéaire en juin 2006. A condition de trouver tous les sous...
O.B.
Lappel dEdouard Leveau
:
« Un projet indispensable à Dieppe »
Evoquant le passé prestigieux des premiers bains de mer à
Dieppe au début du XIXe siècle et lancienne « thalasso » aujourdhui
tombée dans loubli, Edouard Leveau sest voulu lyrique lundi matin à
lhôtel La Présidence pour la présentation de « sa » station balnéaire. Selon
le député-maire, elle participe, « autant que le transmanche ou la pêche, de
lâme de Dieppe ».
A propos dun dossier « qui depuis plusieurs décennies a fait couler
beaucoup dencre », le maire est rapidement passé sur les « nombreux projets
évoqués, certains modestes, dautres fantasques » avant de « vendre » son
produit en même temps que sa ville, qui peut « légitimement revendiquer et opposer à
dautres stations la qualité de lauthenticité». Cest pourquoi, selon
lui, il ny a plus de saison pour fréquenter Dieppe comme la démontré
lafflux enregistré par les professionnels du tourisme depuis le week-end de
Pâques, avec son lot « daccroissement de la circulation et, bien sûr, la
quasi-impossibilité de stationner sur la plage le week-end, été comme hiver ».
Mais sadressant à ces pros du tourisme, hôteliers, restaurateurs,
responsables du golf, de lhippodrome, du casino, de loffice du tourisme ou de
la chambre de commerce, Edouard Leveau leur a enjoint de « fédérer nos efforts pour
fidéliser le tourisme à Dieppe ». Et la station balnéaire devrait selon lui être
lun de ces points de fixation des touristes, même si léquipement est aussi
prévu pour les Dieppois, « qui pourront prolonger en toute saison les plaisirs des bains
de mer » et prendre soin deux, avec le centre de remise en forme qui « nous
apportera le bien-être, là, à notre porte ». Finissant aussi lyrique quil avait
commencé, le député-maire a conclu en appelant les partenaires de la ville à « créer
cette «task force» dieppoise au service de notre projet », pour le faire connaître,
mais aussi, au-delà de la métaphore guerrière, convaincre ceux qui sont sollicités
pour apporter les 17 millions deuros que Dieppe ne pourra pas financer (un appel a
été lancé à la communauté dagglomération), « que ce projet est indispensable
à notre ville ». |