Journal du 11 novembre 2003

Un handicapé n'a pu sortir de chez lui
Coincé une semaine sans ascenseur !

Quand on est handicapé en fauteuil roulant, ce n’est déjà pas terrible d’habiter au septième étage… Mais quand l’ascenseur est en panne une semaine, c’est carrément l’enfer !

La première panne est survenue le mardi 28 octobre. Plus d’ascenseur dans l’immeuble Ventôse, place des Acacias au Val-Druel. Ceux qui le peuvent sont descendus à pied, quant aux autres, ils sont restés chez eux…

C’est ce qui est arrivé à un handicapé en fauteuil, Thierry Stuki, qui recevait justement ce jour-là la visite d’un ami lui aussi invalide. L’ami était monté, mais il n’a pu redescendre et… a couché sur place faute de mieux.

Mais le lendemain, le locataire de l’appartement situé au septième étage de l’immeuble Ventôse prévient l’OPAC, l’office HLM propriétaire du bâtiment.

Un réparateur est alors appelé pour remettre la cage en route. Le copain handicapé peut redescendre, mais les déboires de Thierry Stuki ne sont hélas pas finis.

Les jours suivants sont tout aussi infernaux : de nouvelles pannes sont suivies quotidiennement de la visite du réparateur, qui ré-enclenche le moteur de l’ascenseur… à chaque fois en pure perte.

Sept jours, sept nuits…

De pannes en réparations, l’ascenseur est finalement immobilisé pour de bon le samedi 1er novembre : moteur grillé. Il a donc fallu commander un autre moteur et l’installer. Ce qui a pris pas moins de sept jours…

Sept jours et sept nuits enfermés dans l’appartement pour l’handicapé, qui a rongé son frein avant de nous appeler. « Je suis sorti le samedi 1er novembre, puis plus rien » raconte Thierry Stuki à qui nous avons rendu visite le vendredi 7, le jour-même où l’ascenseur a été remis en service. « L’an dernier, ça m’était déjà arrivé de rester coincé en bas, mais j’avais appelé les pompiers, et ils étaient venus sans problème. Mais maintenant, c’est fini, ils ne le font plus».

Le samedi 1er, de retour de sa sortie en ville, et alors que l’ascenseur était à nouveau en panne, Thierry n’a eu d’autre solution que d’appeler les voisins à la rescousse pour le hisser dans son logement du septième… par l’escalier. Deux hommes, vigoureux certes mais n’empêche, ont bataillé avec les marches et le fauteuil pour hisser le locataire jusque chez lui. Hallucinant !

« L’impression d’être en prison »

Rentré chez lui, Thierry n’en est donc plus sorti jusqu’au vendredi 7 novembre. « Je vais enfin pouvoir sortir cet après-midi » nous raconte-t-il au terme de son calvaire. « Quand on est obligé de rester chez soi comme ça, on a l’impression d’être en prison. Je commence à en avoir marre de la télé et de regarder sans cesse par la fenêtre ce qui se passe dehors ».

Les autres locataires ont également souffert de la situation, en particulier une dame âgée qui devait remonter ses courses au sixième, et un voisin de Thierry Stuki, lui aussi installé au septième, qui vient de se faire opérer, et que les ambulanciers ont dû monter par les escaliers dans une chaise spéciale.

Mais le plus incroyable dans cette histoire, c’est que depuis le temps qu’il occupe l’immeuble Ventôse (trois ans et demi), l’OPAC n’a jamais proposé à Thierry un appartement au rez-de-chaussée. Il en a fait la demande, ainsi qu’à la Sodineuf, mais il attend toujours. Condamné au septième étage. Le plus haut de tout l’immeuble…

O.B.


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