| Quand on est handicapé en fauteuil
roulant, ce nest déjà pas terrible dhabiter au septième étage
Mais
quand lascenseur est en panne une semaine, cest carrément lenfer ! La
première panne est survenue le mardi 28 octobre. Plus dascenseur dans
limmeuble Ventôse, place des Acacias au Val-Druel. Ceux qui le peuvent sont
descendus à pied, quant aux autres, ils sont restés chez eux
Cest ce qui est arrivé à un handicapé en fauteuil, Thierry Stuki, qui
recevait justement ce jour-là la visite dun ami lui aussi invalide. Lami
était monté, mais il na pu redescendre et
a couché sur place faute de
mieux.
Mais le lendemain, le locataire de lappartement situé au septième étage
de limmeuble Ventôse prévient lOPAC, loffice HLM propriétaire du
bâtiment.
Un réparateur est alors appelé pour remettre la cage en route. Le copain
handicapé peut redescendre, mais les déboires de Thierry Stuki ne sont hélas pas finis.
Les jours suivants sont tout aussi infernaux : de nouvelles pannes sont suivies
quotidiennement de la visite du réparateur, qui ré-enclenche le moteur de
lascenseur
à chaque fois en pure perte.
Sept jours, sept nuits
De pannes en réparations, lascenseur est finalement
immobilisé pour de bon le samedi 1er novembre : moteur grillé. Il a donc fallu commander
un autre moteur et linstaller. Ce qui a pris pas moins de sept jours
Sept jours et sept nuits enfermés dans lappartement pour
lhandicapé, qui a rongé son frein avant de nous appeler. « Je suis sorti le
samedi 1er novembre, puis plus rien » raconte Thierry Stuki à qui nous avons rendu
visite le vendredi 7, le jour-même où lascenseur a été remis en service. «
Lan dernier, ça métait déjà arrivé de rester coincé en bas, mais
javais appelé les pompiers, et ils étaient venus sans problème. Mais maintenant,
cest fini, ils ne le font plus».
Le samedi 1er, de retour de sa sortie en ville, et alors que lascenseur
était à nouveau en panne, Thierry na eu dautre solution que dappeler
les voisins à la rescousse pour le hisser dans son logement du septième
par
lescalier. Deux hommes, vigoureux certes mais nempêche, ont bataillé avec
les marches et le fauteuil pour hisser le locataire jusque chez lui. Hallucinant !
« Limpression
dêtre en prison »
Rentré chez lui, Thierry nen est donc plus sorti
jusquau vendredi 7 novembre. « Je vais enfin pouvoir sortir cet après-midi » nous
raconte-t-il au terme de son calvaire. « Quand on est obligé de rester chez soi comme
ça, on a limpression dêtre en prison. Je commence à en avoir marre de la
télé et de regarder sans cesse par la fenêtre ce qui se passe dehors ».
Les autres locataires ont également souffert de la situation, en particulier
une dame âgée qui devait remonter ses courses au sixième, et un voisin de Thierry
Stuki, lui aussi installé au septième, qui vient de se faire opérer, et que les
ambulanciers ont dû monter par les escaliers dans une chaise spéciale.
Mais le plus incroyable dans cette histoire, cest que depuis le temps
quil occupe limmeuble Ventôse (trois ans et demi), lOPAC na
jamais proposé à Thierry un appartement au rez-de-chaussée. Il en a fait la demande,
ainsi quà la Sodineuf, mais il attend toujours. Condamné au septième étage. Le
plus haut de tout limmeuble
O.B. |