| Une grande région à cinq
départements, la question est posée, mais les convictions entre les différents acteurs
ne sont pas les mêmes. La venue dHervé Morin, président du groupe UDF à
lAssemblée nationale et président de lassociation pour la réunification de
la Normandie était loccasion de faire le point sur cette réunification qui est une
évidence pour certains et qui nécessite une réflexion approfondie pour dautres. Depuis
la modification de la Constitution pour décentraliser ladministration française,
on peut voir certaines sensibilités régionales se réveiller, alléchées par les
nouvelles possibilités quoffre la loi. Au plan local, la question qui fait à
présent débat est la suivante: faut-il réunifier la Haute et la Basse-Normandie? Selon
les sondages, à peu près deux Normands sur trois seraient pour. Hervé Morin, président
du groupe UDF à lAssemblée nationale et président de lassociation pour la
réunification de la Normandie, était à Dieppe jeudi soir pour vanter les bienfaits
dun référendum sur une grande région normande, à cinq départements.
« Jy vois plusieurs avantages: tout dabord, si lon
représente plus de monde, on a plus de chances dobtenir des crédits et des
subventions pour mener de grands projets. Ensuite, cela permettra de faire des économies:
il y a par exemple quatre aéroports sur les deux Normandie aujourdhui, et pas un
nest relié convenablement aux grandes capitales régionales ou européennes!
Concentrer les moyens financiers sur un plus petit nombre, ou mieux répartir les
dessertes entre les sites serait plus rentable. Le réseau ferré, qui pour la ligne
Rouen-Caen est digne dun pays en voie de développement, et les nouvelles
technologies de communication pourraient également en bénéficier », avance le député
de lEure. Selon son projet, la capitale de Région serait soit Rouen soit Caen,
lautre ville accueillant la préfecture de Région.
Quant au Havre, il hébergerait le conseil économique et social. Pour Hervé
Morin comme pour Patrick Hoornaert, adjoint UDF au maire de Dieppe, « ce débat dépasse
la politique, et fédère des gens de droite comme de gauche ». Même si lun et
lautre sen défendent, force est de constater que la réunification est un bon
moyen pour lUDF dexister face à une UMP de plus en plus tentaculaire. Et ce,
à une année des élections régionales.
B.S.
Lexemple du tourisme
Pour les acteurs du tourisme, la réunification est une
évidence. « Cela fait vingt-cinq ans que nous avons un seul comité régional du
tourisme, avec une présidence tournante entre la Haute et la Basse-Normandie, indique
Michel Agodi, directeur de loffice du tourisme de Dieppe. A létranger, la
Normandie est connue comme une seule identité culturelle et historique. Le touriste
na pas peur de bouger, de faire 200 km dans la journée si cela lui chante. Il est
donc aberrant de vendre la Haute-Normandie seule. »
Alain Le Vern a demandé
les services dun comité dexperts
Alain Le Vern, le président du conseil régional de
Haute-Normandie pour le moins réservé jusquici sur la nécessité dune
unification des deux Régions normandes a décidé de sattaquer au problème. «
Jai demandé à Nicolas Plantrou, président du conseil économique et social
régional (CESR), de réunir un groupe dexperts reconnus pour leurs connaissances de
ces questions afin quils apportent à ce débat le sérieux et la sérénité
quil mérite », a expliqué Alain Le Vern lors dune séance plénière au
conseil régional, fin mars. Une réponse au discours maintenant rôdé dHervé
Morin, député UDF, et président du comité pour la réunification de la Normandie (voir
ci-dessus). Le CESR rassemblera des représentants des deux régions normandes appartenant
au monde de léconomie, du social ou de léducation. « Il sera ainsi chargé
danalyser la pertinence dune évolution des limites administratives des
Régions et, surtout, le bénéfice que pourraient en retirer les Haut-Normands », a
déclaré Alain Le Vern.
B. T.
Daniel Lemoine est président de
lassociation
Demain la Normandie
« Jaime mon pays
et je le souhaite attractif »
Il faut construire la Normandie de demain. » Le Dieppois
Daniel Lemoine ne cesse de le répéter. Auteur des Brèves de Normandie, diffusées sur
les sites Internet normandie.fr et normandie.asso.fr, le Valeriquais dorigine vante
les atouts de son « pays ». Le président de lassociation Demain la Normandie est
persuadé que lavenir des populations normandes passe inéluctablement par
lunion des cinq départements (Orne, Calvados, Manche, Eure et Seine-Maritime) dans
une région Normandie. Fermement opposé à la division administrative de la région de
ses rêves, Daniel Lemoine multiplie les exemples des désavantages de la séparation
actuelle: « Inégalités sociales et économiques, faiblesse des investissements, et des
créations demploi, baisse de population, fuite des cerveaux
Il faut décider
le remariage dun couple divorcé autoritairement », martèle-t-il. Le président de
lassociation qui se veut apolitique na pas sa langue dans sa poche concernant
Alain Le Vern et René Garrec (respectivement président de la Haute-Normandie et de la
Basse-Normandie) « qui ignorent lhistoire et les atouts de la Normandie et
préfèrent se livrer à des querelles idéologiques personnelles ». Ses 700 km de
littoral qui en font la région de France avec la plus grande longueur de côtes, ses
ports
les exemples sont nombreux et Daniel Lemoine, féru dhistoire normande,
voudrait des actions. « Jaime mon pays et je souhaite quon le rende attractif
», explique-t-il. À partir des sondages parus récemment dans la presse (Ouest-France
annonçait que deux Normands sur trois étaient favorables à lunification de la
Normandie), Daniel Lemoine ne comprend absolument pas pourquoi des décisions ne sont
toujours pas prises et il poursuit ses actes militants sans relâche. « Aujourdhui,
2200 personnes reçoivent la lettre dinformation par Internet », se félicite le
président de Demain la Normandie.
« Lopinion du peuple est souveraine et certains élus et administratifs
ne pourront pas mépriser encore longtemps lutilité de construire une Normandie,
sociale, économique, culturelle, sportive, administrative. Elle développerait ses atouts
et compétences et apporterait avenir, solidarité, valeurs humanistes qui ont toujours
été lapanage des Normands », semporte Daniel Lemoine, souhaitant que les
Normands soient « heureux dans le pays quils ont choisi ».
B.T. |