Journal du 24 octobre 2003

Sauvée de la liquidation judiciaire
Rougette redémarre avec l'aide de la Région

Menacée en février dernier d’une liquidation judiciaire, l’entreprise d’usinage Rougette et fils a finalement été rachetée le 1er août par une société de Yainville. Quarante-cinq emplois sur quatre-vingts ont pu être sauvés, et d’autres devraient être recréés grâce à l’aide régionale pour l’emploi votée lundi dernier.

L’entreprise de découpe métallique Rougette et fils de Saint-Nicolas-d’Aliermont est devenue le 1er août la SARL Rougette. Un sauvetage qui a été permis notamment grâce à une aide de 240 000 euros promise par le conseil régional, dont la commission permanente vient effectivement de débloquer les crédits. L’annonce en a été faite le lundi 13 octobre par la Région.

En février dernier, le liquidateur judiciaire de l’entreprise placée en redressement annonçait vingt-deux suppressions d’emplois. Et les inquiétudes du personnel portaient alors sur un très fort risque de liquidation judiciaire, ce qui aurait signifié la disparition pure et simple de la société, et la perte de quatre-vingts emplois. Il n’en restait d’ailleurs plus que cinquante-six quand, en cours de liquidation, un sauveur s’est présenté : l’entreprise Euro maintenance industrielle (E.M.I.) dont le siège est à Yainville.

« Nous avons repris Rougette, qui est devenue la SARL Rougette, le 1er août dernier alors que la société était en cours de liquidation » explique Joël Bellet, patron de EMI. Quarante-cinq emplois sur cinquante-six ont pu être sauvés, car « le nombre d’emplois repris dépendait des aides de la Région » ajoute-t-il. De fait, dans le cadre de l’aide régionale pour l’emploi, la commission permanente du conseil régional a voté lundi dernier une enveloppe de 345 000 euros (un maximum de 3 600 euros par emploi créé) pour créer 90 emplois en contrat à durée indéterminée dans cinq entreprises haut-normandes, dont Rougette.

A terme, c’est 240 000 euros d’aide versés sur trois ans que l’entreprise aliermontaise devrait toucher pour un total de soixante-sept emplois.

De 45 à 67 emplois ?

Car si « la conjoncture est difficile », Joël Bellet annonce avoir « retrouvé certains clients depuis le 1er août », et la SARL Rougette devrait connaître un bon redémarrage, « surtout l’an prochain avec de très bonnes prévisions début 2004 ». Objectif : passer de 45 emplois aujourd’hui à 67 l’an prochain. « Notre arrivée a été l’ultime recours avant la liquidation, à quelques semaines près, car les clients commençaient à partir » conclut Joël Bellet, ravi de constater qu’en ce qui le concerne, la Région a tenu ses promesses en votant les crédits de l’aide régionale pour l’emploi.

De fait, les machines tournent à plein régime à Saint-Nicolas-d’Aliermont, où la nouvelle SARL Rougette étudie des outils destinés aux presses de l’industrie, et réalise ces mêmes outils en découpant - la plupart du temps au fil d’acier trempé dans un bain d’eau conducteur d’électricité - des pièces en acier trempé. Deux personnes travaillent actuellement au bureau d’études, vingt sont affectés à la production des outils d’acier, vingt-et-un travaillent à la découpe rapide de pièces plus légères, et quatre travaillent à l’administration de l’usine.

« Nous fournissons surtout les sous-traitants de l’industrie automobile, pour équiper leurs presses en outils inaltérables » explique le nouveau directeur de Rougette, Jean-Pierre Burlot, qui a travaillé lui-même durant trente ans dans l’automobile. Ça aide pour dénicher des marchés, ce qui peut expliquer les « bonnes perspectives » attendues par la maison-mère… Sauvée des eaux, Rougette revit grâce à un repreneur miraculeux, et l’aide régionale des contribuables.

Dans le contexte des licenciements et autres plans sociaux qui émaillent hélas la région dieppoise, c’est effectivement un moindre mal…

O.B.


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