| Rien à voir avec des camps
dentraînement dAl-Qaïda. Mais il nempêche que des enquêteurs de la
DST auraient révélé à notre confrère du Parisien-Aujourdhui en France que des
groupes dislamistes radicaux étaient venus dans la région dieppoise pour y
effectuer des «marches» dentraînement. A loffice du tourisme de Dieppe, on
confirme que des individus « louches » cherchaient des hébergements dans la région, «
un peu après le 11 septembre 2001 ». Oui, je me souviens, un
peu après le 11 septembre, nous avons reçu la visite dindividus suspects. Il
sagissait de deux ou trois personnes louches qui demandaient des renseignements sur
des hébergements dans la région ». A loffice du tourisme de Dieppe, les
employées se souviennent vaguement davoir vu passer des « clients un peu bizarres
» qui cherchaient à se loger. Selon la nouvelle directrice, Elisabeth Potel, « ce
nétait pas flagrant, en revanche nous nous sommes davantage fait la réflexion
après la fermeture du camp de Sangatte ».
Cependant, il pourrait sagir pour les premiers de ces apprentis
terroristes du djihad qui auraient, selon notre confrère Le Parisien-Aujourdhui en
France, effectué des randonnées dentraînement « de plus en plus ardues » sur
différents chemins en France. Daprès Christophe Dubois, le journaliste qui a
réalisé lenquête publiée à la « une » dAujourdhui en France du
mercredi 10 décembre que nous avons joint au téléphone, « Dieppe a été citée par
les participants comme faisant partie dune des randonnées effectuées par le groupe
».
Un groupe dans lequel on retrouve notamment les terroristes présumés mis en
examen dans le cadre de lenquête sur lassassinat du commandant Massoud en
Afghanistan. Les noms de Willy Brigitte (extradé dAustralie), de Samir Ferraga
(mort en Afghanistan), ou de Brahim Yadel (détenu dans le camp américain de Guantanamo)
sont cités comme faisant partie de ces « randonneurs » qui ont sillonné la France
entre 1998 et 2002 afin de sy entraîner. Selon les informations des enquêteurs de
la DST recueillies par notre confrère, les promenades en bord de mer à Dieppe, mais
également à Etretat, auraient constitué lapéritif dun menu plus corsé
ensuite.
De Paris aux Alpes en passant
par Dieppe
Car après les plages normandes et leurs petites
déclivités de falaise en falaise, les plus « costauds » dentre les apprentis
terroristes auraient poursuivi leur entraînement dans le Jura, les forêts de Rambouillet
et Fontainebleau, Annecy et les Alpes. Avant dêtre envoyé ensuite pour les plus
déterminés dentre eux dans de véritables camps, ou carrément au front, en
Afghanistan, au Pakistan, en Bosnie et en Tchétchénie.
Au départ, cette « présélection » qui serait passée par nos côtes se
faisait dans les mosquées salafistes de la région parisienne. Des endroits aux vitrines
plus ou moins légales, ou des officines enfouies au fond des caves, où les imams
prônent un Islam extrémiste. Dieppe na donc pas été - loin sen faut - un
camp dentraînement régulier des islamistes intégristes. Mais si lon en
croit les révélations des enquêteurs de la DST à notre confrère, sur la base des
témoignages recueillis lors de leur enquête auprès des participants à ces «
promenades paramilitaires », plusieurs dentre ces candidats au djihad ont cité la
région comme but dexcursion.
A lheure où un Imam réputé modéré vient dacheter à
Saint-Laurent-en-Caux une propriété destinée à accueillir un centre de loisirs pour
jeunes musulmans dAubervilliers en région parisienne, ces révélations ne font que
raviver linquiétude des populations locales. Même sil ny a pas lieu
détablir une relation entre les « randonneurs » peu fréquentables davant
2002 et le projet de M. Dhaou Meskine, secrétaire général des Imams de France, membre
du conseil représentatif des musulmans de France, les habitants du pays de Caux se
méfient de plus en plus...
O.B. |