| Agathe va à lécole maternelle
de Brachy une heure et demie par jour. Handicapée moteur, elle a besoin dêtre
épaulée par un adulte. Mais ses parents attendent toujours le recrutement dune
assistante de vie scolaire. Agathe a cinq ans, de grands yeux
rieurs et un sourire dange. Depuis deux ans, elle va à lécole de Brachy avec
ses amis. Mais demain ou peut-être dans une semaine ou dans un mois, elle ne pourra plus
retrouver ses petits camarades... Car pour pouvoir être scolarisée, la petite fille,
infirme moteur cérébral suite à un manque doxygène à sa naissance, a besoin
dêtre épaulée par un adulte.
Mais cet adule est difficile à recruter. Conséquence de la disparition des
emplois-jeunes et de la création des nouveaux postes « dassistants de vie scolaire
» aux fonctions différentes. Pour le moment cest une institutrice remplaçante du
secteur de Saint-Valery-en-Caux qui a été détachée pour laider une heure et
demie par jour. Mais dès quune maîtresse de la circonscription sera absente, elle
laissera Agathe qui ne pourra retourner à lécole. Un comble en cette année dite
« année du handicap ».
Lemploi-jeune a dû
partir
Le problème rencontré par les parents de la petite fille
pour scolariser leur enfant date de sa première rentrée.
« Au départ en 2001, nous avions nous-mêmes embauché une auxiliaire de vie.
Nous avions demandé à la mairie de nous aider en participant aux frais. Ce quelle
avait fait en nous en payant la moitié », explique la maman dAgathe.
Mais en décembre 2002, lEducation nationale informe les parents
quelle vient de recruter, pour un an, un emploi-jeune pour soccuper
dAgathe.
Du jour au lendemain la famille remercie la première jeune femme et confie la
petite fille à la nouvelle assistante.
Celle-ci consacre donc chaque jour une heure et demie à Agathe et le reste de
son temps aux autres enfants de létablissement.
Solution temporaire
« Seulement cette personne a obtenu son concours à
lIUFM, six mois plus tard, en juin. Elle a donc démissionné de son poste. Et en
septembre à la veille de la rentrée, on nous a dit quAgathe ne pouvait être
scolarisée cette année », poursuit la maman. Maman qui a choisi de remuer terre et ciel
pour que sa fille puisse, comme les autres et comme elle devrait en avoir le droit, être
intégrée à lécole.
La solution temporaire de linstitutrice remplaçante a été finalement
trouvée par linspecteur de lEducation nationale de Saint-Valery-en-Caux, en
attendant le recrutement dune «assistante de vie scolaire», nouveau terme pour
nommer les postes créés après la disparition des emplois-jeunes.
Et cest là quune nouvelle fois tout est bouleversé pour la petite
Agathe. Quatre-vingt-neuf postes ont bien été créés cette rentrée dans le
département pour laccompagnement et lintégration des enfants handicapés.
Un vrai problème au niveau du
département
«Le problème cest quauparavant, un
emploi-jeune était rattaché à une école. Il pouvait donc soccuper dautres
enfants que la petite fille. Mais désormais une assistante de vie scolaire est affectée
à un enfant en particulier. Or Agathe ne va à lécole quune heure et demie
par jour. Ce qui nest pas suffisant pour recruter quelquun. Il faudrait au
moins un temps partiel. De plus Agathe va a lécole en milieu rural et il ny a
pas dautre enfant qui ait besoin de cette aide à proximité», explique Bruno
Floutier, secrétaire de la commission de la circonscription préscolaire et élémentaire
de Saint-Valery-en-Caux, Dieppe-ouest et Dieppe-est. « La solution serait peut-être de
prévoir un temps de scolarisation plus important. Ce problème se pose dans toutes les
circonscriptions de Seine-Maritime. Nous avons dailleurs une réunion vendredi sur
le recrutement de ces assistants et lintégration des enfants handicapés »,
poursuit-il, bien conscient des difficultés rencontrées par les familles.
« La personne que nous employions en 2001 et qui avait de lexpérience
aux côtés dAgathe a même passé un CAP et a postulé pour cet emploi
dassistante. Mais ils recrutent au niveau Bac... », raconte la maman qui est bien
décidée à poursuivre ses démarches pour que sa fille reste à lécole.
Elle vient dailleurs dadresser un courrier au président de la
République, au ministre de la Santé, au ministre de lEducation nationale, et au
secrétaire dEtat aux personnes handicapées pour expliquer comment la disparition
des emplois-jeunes bouleverse la vie dune petite fille qui ne demande quune
seule chose : pouvoir aller à lécole comme tous les enfants de son âge...
V. G. |