En mars 2005, limmeuble Rollon
sera démoli et à la fin de cette même année, cest le Duguay-Trouin qui suivra.
Un réaménagement que Sodineuf propose pour construire des maisons individuelles à la
place des deux tours neuvillaises. Petit à petit, les locataires quittent le Rollon.
Hier, le conseil municipal sintéressait au cas des familles qui ne pouvaient
assurer leur déménagement.Hier soir, le conseil municipal se
penchait sur un projet évoqué de longue date : la destruction des immeubles Rollon et
Duguay-Trouin à Neuville-lès-Dieppe. « Les élus ont ainsi certifié à lEtat et
au conseil général quil existait bien un tel projet et quil était
nécessaire de mettre en place un protocole daccompagnement social des habitants. Il
concernerait une douzaine de familles dans le Rollon » indique Thérèse Charriau du
contrat de Ville.
Létape administrative est indispensable pour lancer les dossiers
daide aux habitants ne pouvant assurer seuls leur déménagement : « La ville est
une sorte de caution morale. » Ensuite, lEtat et le conseil général, sollicités
par Sodineuf Habitat normand pour un financement, étudieront le dossier pour décider de
la mise en place de ce processus daccompagnement.
La première étape est donc lancée pour un projet qui tourne dans les têtes
depuis prés de cinq ans. Henry Gagnaire, directeur de Sodineuf, lassure : « Le
Rollon et le Duguay-Trouin seront démolis parce que le patrimoine HLM des années
soixante ne correspond plus aux attentes des locataires. »
Comportant chacun 36 logements, les deux immeubles « sont les plus hauts de
Neuville avec neuf étages » indique Henry Gagnaire qui souhaite multiplier les maisons
individuelles autant que le territoire constructible de la ville le permet.
Après avoir réhabilité les 1 500 logements collectifs de Neuville, Sodineuf
se lance dans la construction avant de démolir les deux tours. Ainsi, quelques locataires
ont déjà quitté le Rollon pour rejoindre les maisons construites rues Jean-Mérault,
Jean-Puech et de la Caravelle. Des projets sont dores et déjà prévus dans la rue
Albert-Lamotte, la rue du Marché et sur lespace Debussy (lemplacement actuel
des immeubles). Au total, ce sont ainsi 79 logements individuels qui seront créés pour
remplacer la démolition des 72 appartements. « Et certains locataires souhaitent un
appartement dans un autre immeuble, ce qui va permettre de répondre à des demandes sur
la liste dattente » assure Henry Gagnaire.
Un optimisme que ne partage pas Didier Marchand, président de la
confédération nationale du logement : « Il manque 1 600 logements sociaux à Dieppe et
cette opération est blanche, parce quil ny a aucune création » assure le
président de la CNL qui ne pense pas que les problèmes de voisinage ou doccupation
des halls puissent être résolus par la seule destruction dimmeubles. « Nous
sommes soucieux des intérêts des locataires et nous craignons que ce soit eux qui
financent ces frais » souligne Didier Marchand, qui estime que la transparence, notamment
financière, nest pas de mise dans ce dossier.
Et pour cause : « Sur cette zone de revitalisation urbaine, le dossier de
financement passera par lagence nationale de renouvellement urbain. »
Aujourdhui, Henry Gagnaire doit donc travailler avec la municipalité pour préciser
le financement de ces opérations. « Mais on peut déjà dire que les collecteurs du 1 %
logement financeront ces projets en grande partie. »
S. B.