«On a limpression quon nous a
abandonnées. » Triste malentendu à la mairie de Saint-Nicolas-dAliermont,
vendredi matin. Attendu par les salariées, le sous-préfet ne viendra pas à la réunion
dont il avait pourtant fixé la date. «Lors de lavant-dernière réunion, nous
devions réunir un comité de suivi qui a eu lieu plus tôt que prévu le 24 octobre pour
répondre au jugement du tribunal des prudhommes. Il ny avait plus de raisons
den réunir un» souligne le sous-préfet, qui précise : «Vendredi, il
sagissait dun comité de pilotage destiné à gérer, au cas par cas, la
situation de chacun par la cellule de reclassement.»Les salariés de
Palace Parfums sont en colère, désespérés: « Plus rien ne métonne dans cette
affaire » assure une salariée.
Le 6 janvier, cela fera un an que les salariés de lentreprise de
flaconnage de parfum de Saint-Nicolas-dAliermont ont retrouvé leur atelier vidé de
tout son contenu. Et malgré la cellule de reclassement et les différentes procédures
lancées au pénal pour retrouver leurs anciens patrons comme aux prudhommes pour
faire valoir leurs droits, les salariés nont toujours rien vu venir: « Nous
navons toujours pas reçu nos indemnités pour le licenciement abusif » assurent
les salariées qui expliquent: « Le 24 octobre, la dernière fois que nous avions
rencontré le sous-préfet, il nous avait promis de faire le nécessaire et rien na
bougé. » «Ma mission était dinciter le liquidateur judiciaire et les AGS à ne
pas faire appel. Cest le cas. Ensuite, cest une affaire administrative qui ne
me concerne pas» assure le sous-préfet.
Aujourdhui, ce ne sont que les obligations administratives qui semblent
bloquer les indemnités: « Maître Leblay, le liquidateur judiciaire, attend juste
laccord de la garantie des salaires et donc de lEtat, » expliquent les
salariées.
Les salariées envisagent donc avec tristesse les fêtes de fin dannée:
« Nous devions toucher nos indemnités début janvier et la lenteur administrative
retarde encore le versement. Daprès la loi, largent doit attendre 21 jours
chez lavocat avant que nous le touchions et là, même la première étape
nest pas passée. Nous nallons pas toucher nos indemnités avant fin janvier
voire février. »
Le moral est au plus bas chez les salariées qui promettent de se reprendre: «
Si ça continue, on va refaire du grabuge et organiser des défilés pour dire quon
existe toujours.»
Conseiller général dEnvermeu, Gérard Picard précise: « Neuf dossiers
de demande daides exceptionnelles sont actuellement en cours dinstruction. La
réponse sera donnée avant Noël. »
Les lourds nuages qui minent le ciel des salariés depuis un an
séclairent pour certains dentre eux.
Reste à retrouver du travail. Une mission difficile dans la région dieppoise
ces derniers mois.
La cellule de reclassement qui en est à sa 42e semaine et doit être fermée le
20 février a permis à treize salariés de retrouver un emploi. Neuf ont des promesses
dembauche en contrat à durée indéterminée et les autres sont en formation,
profitent de missions dintérim ou travaillent quelques semaines ou mois dans le
cadre dembauche en contrat à durée déterminée.
S. B.