Journal du 16 décembre 2003

Saint-Nicolas-d'Aliermont
Tristes fêtes pour les Palace Parfums

«On a l’impression qu’on nous a abandonnées. » Triste malentendu à la mairie de Saint-Nicolas-d’Aliermont, vendredi matin. Attendu par les salariées, le sous-préfet ne viendra pas à la réunion dont il avait pourtant fixé la date. «Lors de l’avant-dernière réunion, nous devions réunir un comité de suivi qui a eu lieu plus tôt que prévu le 24 octobre pour répondre au jugement du tribunal des prud’hommes. Il n’y avait plus de raisons d’en réunir un» souligne le sous-préfet, qui précise : «Vendredi, il s’agissait d’un comité de pilotage destiné à gérer, au cas par cas, la situation de chacun par la cellule de reclassement.»

Les salariés de Palace Parfums sont en colère, désespérés: « Plus rien ne m’étonne dans cette affaire » assure une salariée.

Le 6 janvier, cela fera un an que les salariés de l’entreprise de flaconnage de parfum de Saint-Nicolas-d’Aliermont ont retrouvé leur atelier vidé de tout son contenu. Et malgré la cellule de reclassement et les différentes procédures lancées au pénal pour retrouver leurs anciens patrons comme aux prud’hommes pour faire valoir leurs droits, les salariés n’ont toujours rien vu venir: « Nous n’avons toujours pas reçu nos indemnités pour le licenciement abusif » assurent les salariées qui expliquent: « Le 24 octobre, la dernière fois que nous avions rencontré le sous-préfet, il nous avait promis de faire le nécessaire et rien n’a bougé. » «Ma mission était d’inciter le liquidateur judiciaire et les AGS à ne pas faire appel. C’est le cas. Ensuite, c’est une affaire administrative qui ne me concerne pas» assure le sous-préfet.

Aujourd’hui, ce ne sont que les obligations administratives qui semblent bloquer les indemnités: « Maître Leblay, le liquidateur judiciaire, attend juste l’accord de la garantie des salaires et donc de l’Etat, » expliquent les salariées.

Les salariées envisagent donc avec tristesse les fêtes de fin d’année: « Nous devions toucher nos indemnités début janvier et la lenteur administrative retarde encore le versement. D’après la loi, l’argent doit attendre 21 jours chez l’avocat avant que nous le touchions et là, même la première étape n’est pas passée. Nous n’allons pas toucher nos indemnités avant fin janvier voire février. »

Le moral est au plus bas chez les salariées qui promettent de se reprendre: « Si ça continue, on va refaire du grabuge et organiser des défilés pour dire qu’on existe toujours.»

Conseiller général d’Envermeu, Gérard Picard précise: « Neuf dossiers de demande d’aides exceptionnelles sont actuellement en cours d’instruction. La réponse sera donnée avant Noël. »

Les lourds nuages qui minent le ciel des salariés depuis un an s’éclairent pour certains d’entre eux.

Reste à retrouver du travail. Une mission difficile dans la région dieppoise ces derniers mois.

La cellule de reclassement qui en est à sa 42e semaine et doit être fermée le 20 février a permis à treize salariés de retrouver un emploi. Neuf ont des promesses d’embauche en contrat à durée indéterminée et les autres sont en formation, profitent de missions d’intérim ou travaillent quelques semaines ou mois dans le cadre d’embauche en contrat à durée déterminée.

S. B.

« Palace Parfums a fait des petits »

« Dans l’Eure, il y a encore eu des salariés qui ont retrouvé leur entreprise complètement vidée. Palace Parfums a fait des petits » assure Sylvain Bienaimé, secrétaire général de la CFDT.

Il en est certain: « Si l’Etat avait condamné suffisamment tôt les anciens patrons de Palace Parfums, il n’y aurait pas eu Flodor et tous les autres. Palace Parfums fera jurisprudence. »

Les salariés et le représentant syndical en restent persuadés: « C’est la liberté de licencier qui se met en place. »


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