| Le contrat de plan entre lEtat
et la Poste prévoit de réduire le nombre de bureaux de Poste de 11500 à 5000 ou 6000 en
France dici 2007. En Seine-Maritime, les syndicats estiment que 60 bureaux sur 148
pourraient faire les frais de la restructuration. On ne connaît pas encore la liste, mais
on sait déjà quà Dieppe, louverture matinale sera retardée dune
demi-heure. Le projet de contrat de plan entre lEtat et la
Poste présenté aujourdhui (jeudi 23 octobre) au conseil dadministration de
la Poste met en péril le service public postal » estiment les syndicats Sud, CFDT, CGT
et FO de Seine-Maritime. Se voulant les défenseurs dun « service public de
qualité », les organisations syndicales de la Poste évoquent les fermetures
programmées des bureaux de Villequier, Saint-Wandrille et Morgny-la-Pommeraie, en
attendant dautres noms sur une liste noire estimée à soixante fermetures de
bureaux de Poste dans lensemble du département.
« Une partie des activités des bureaux fermés serait alors prise en charge
par les communes, ou livrée au commerce local » ajoutent les syndicats, qui dénoncent
aussi le fait que « la Poste prévoit également de diminuer les horaires
douverture de nombreux bureaux, y compris en zone urbaine ». Ce sera
dailleurs le cas à la Poste principale de Dieppe à compter du 1er décembre.
« Il est effectivement question douvrir à 8h30 au lieu de 8 heures, y
compris le samedi » confirme-t-on au bureau de Poste dieppois, avenue du Maréchal-Foch.
« Mais cest en pourparlers pour linstant, et si cela devait se faire, ce
serait début décembre ». Les bureaux de Neuville-lès-Dieppe (9 heures - 12 heures et
13h30 - 17h30), du Pollet (9 heures - 12 heures et 14h30 - 17h30), ainsi que lannexe
de Janval ne seraient en revanche pas concernés par ces réductions dhoraires. Mais
pour Dieppe principal, comme pour les autres bureaux qui seraient menacés par la même
mesure, voire par une suppression pure et simple comme ce sera le cas de nombreux bureaux
de Poste ruraux (60 sur 148!), cette réduction du service vient sajouter à celle
déjà intervenue au printemps dernier, avec lavancement dune heure, voire
plus, de la levée du courrier (17 heures au lieu de 18 heures, heure de fermeture du
bureau à Dieppe principal, 16 heures au lieu de 17h30 en semaine et 10h50 au lieu de 12
heures le samedi à Neuville).
Une liste noire
encore secrète
Quant aux bureaux des bourgs et villages, lesquels vont-ils
faire les frais de la restructuration imposée par lEtat, pour faire de la Poste
comme le suggère la Cour des Comptes, « un établissement concurrentiel face aux banques
privées », ce qui suppose un abandon dune partie du service public dont le
personnel est jugé « pléthorique »? « Pour linstant, la direction
départementale ne dit rien » explique Eric Morizot de Sud-PTT. « Mais il est
effectivement bien possible que le nombre de bureaux supprimés soit de 60 sur 148 ».
Certains directeurs de groupements postaux disposeraient dinformations
plus précises, et le gouvernement aurait demandé aux députés dexaminer la carte
de bureaux de Poste de leur circonscription, afin denvisager de rayer de la carte
ceux qui seraient estimés les moins indispensables. Si Edouard Leveau déclarait il y a
quelques semaines ne sêtre pas encore penché sur le sujet, en revanche le député
de la Xe circonscription et maire de Yerville, Alfred Trassy-Paillogues, émet une
suggestion: demander aux buralistes, dont le chiffre daffaires chute avec la hausse
du prix du tabac, de se substituer aux bureaux de poste ruraux pour assurer cette nouvelle
mission de service public (voir encadré).
Du côté du responsable du groupement postal de Neufchâtel-en-Bray, Patrick
Martel déclare nenvisager « aucune fermeture de bureau entre les vallées de la
Bresle et de la Durdent. Le chiffre de 60 fermetures de bureaux (pourtant avancé par les
syndicats, NDLR) me semble impossible. Tout au plus y aura-t-il sur mon secteur
(Dieppe-Neufchâtel - Le Tréport) des réductions dhoraires limitées en fonction
de la fréquentation des bureaux, mais cest tout ».
Si le gouvernement envisage effectivement la fermeture de 5 à 6 000 bureaux en
France, on voit mal comment la Seine-Maritime et notre secteur y échapperaient. En
attendant la liste de ces bureaux menacés dans les campagnes, et autres réductions
dhoraires dans les bureaux des bourgs plus importants, les spéculations vont bon
train. Mais sil est évident que les actifs qui travaillent en ville ne seront pas
ou peu touchés par la mesure, en revanche les personnes âgées ou à mobilité réduite
qui ne quittent guère leur village seront fortement pénalisées par ce recul programmé
du service public.
O.B.
Action des syndicats et lettre
dun député
Alfred Trassy Paillogues écrit à la ministre
Cest traditionnellement au ministre de
lIndustrie quéchoit la responsabilité des « Postes et Télécommunications
». Cest donc à Nicole Fontaine, « ministre déléguée à lIndustrie
auprès du ministre de lEconomie, des Finances et de lIndustrie » que le
député-maire de Yerville a écrit la semaine dernière pour lui faire part de sa
suggestion.
Lélu du Pays de Caux estime que « devant le désengagement progressif de
la Poste en milieu rural et face au désarroi des buralistes devant les hausses
successives du tabac qui génèrent une diminution du chiffre daffaires », il
souhaiterait que « soit examinée, dans le cadre du maintien du service public sur
lensemble du territoire français, la possibilité que des activités de la Poste
soient basculées aux débitants ». Et dajouter que les débitants, qui assurent
déjà des missions de service public même si la vignette a été supprimée, « ne
seraient pas dépaysés, puisquils vendent déjà des timbres et différents
documents fiscaux aux administrés ».
Une position qui permettrait en effet de ne pas isoler encore plus du reste du
territoire national les campagnes les plus reculées, mais qui ne résoudra pas le
problème de lemploi mis en évidence par les syndicats des personnels postaux, qui
se promettent de proposer « aux salariés et aux usagers de la Poste des initiatives
daction dans les semaines à venir». |