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Journal du 26 décembre 2003
Beauval-en-Caux :
les habitants saisissent la justice
Le maire a-t-il profité d'avantages en
nature ?
| Accusé par les habitants de
bénéficier dun logement payé par la commune, Jean-Pierre Passemar a été entendu
par les gendarmes spécialistes des affaires financières. « Je
fais suffisamment de choses dans la commune pour être logé gratuitement », cest
le maire de Beauval-en-Caux, Jean-Pierre Passemar, qui le dit. « Le maire de Paris est
bien logé, lui ». Effectivement, sauf que si le maire de Paris est logé, cest que
cela fait partie de ses attributions. « De toute façon, jai une maison à
Berneval, où je paie toutes mes factures, alors si on moblige à payer un loyer à
Beauval, je quitterai ce logement de fonction ».
Le maire reconnaît être logé gratuitement, mais ajoute que depuis quatre ans,
il a « demandé à ses conseillers municipaux de fixer un montant à ce loyer ». Ces
derniers auraient ainsi considéré quavec sa femme, le maire faisait assez de
choses dans la commune, comme soccuper de la cantine scolaire, pour pouvoir occuper
le logement de fonction. De plus, « le logement en question est sans prétention, il
ny a pas grand chose dedans ».
Pendant presque quarante ans, le couple, alors enseignant, a occupé le logement
situé dans la cour de lécole. Après avoir atteint tous les deux lâge de la
retraite, ils ont continué à occuper lappartement. Lassociation
dhabitants « Reflets de Beauval », sest insurgée contre ce quelle
estime être un passe-droit. On peut dailleurs lire dans le journal de
lassociation de novembre 2003, « Bellivallaises, Bellivallais, le saviez-vous ?
Depuis des années, nous offrons le gîte à notre maire ».
Les opposants portent plainte
Des enquêteurs ont confirmé ces dires : « Tout le monde
dans le village avait entendu cette rumeur ». En 2002, une lettre a atterri sur le bureau
du procureur de la République, Brigitte Lamy, pour dénoncer cet état de fait. Celle-ci
a saisi le groupe des affaires financières de la section de recherches de la gendarmerie
de Rouen. Une source proche de lenquête confirme : « En effet, Jean-Pierre
Passemar a été entendu, en début dannée 2003, et a répondu aux questions
relatives à ce logement. Les faits semblent, en partie, avérés mais toutes les plaintes
ne semblaient pas fondées ».
La lettre au procureur indiquait quen outre « le maire naurait pas
réglé les factures deau et délectricité de ce logement ». Ces accusations
nont pas été attestées par les enquêteurs.
Reste que si on loblige à payer, le maire est décidé à « quitter cet
habitat pour rejoindre Berneval », tout en restant maire dune commune située à 35
km de son domicile. Affaire à suivre.
Virginie Veiss
Lors des conseils municipaux
Le huis clos à lordre du jour
Un murmure est à lorigine de cette fâcheuse histoire
de huis clos. Ainsi, une femme du public aurait murmuré lors dune réunion du
conseil municipal le 7 avril 2003. Elle sest alors vu refuser laccès du
conseil municipal, le 29 septembre suivant. Voté en huis clos, le conseil municipal
sest donc déroulé sans la dizaine de personnes qui souhaite y assister. Ayant
appris la chose, le mari de la personne (qui avait osé murmurer) est arrivé en plein
conseil et a assené un coup de poing sur le visage du maire.
Ce dernier a porté plainte. Le conseil suivant, le 18 décembre, « pour
montrer quon ne peut pas admettre un tel comportement, le huis clos a de nouveau
été voté », explique le maire. Lassociation « Reflets de Beauval », manifeste
son mécontentement, « Est-ce-que ça va encore durer longtemps cette histoire de huis
clos ? ». Réponse du maire, Jean-Pierre Passemar : « Nous faisons ce quil nous
semble bon de faire. Tant que le public ne se tiendra pas tranquille, le huis clos sera
voté ». |
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