Journal du mardi 9 décembre 2003

Eglise Saint-Jacques
Une convention pour sauver le grand orgue

Voila six ans et demi que l’association pour la remise en état et l’entretien du grand orgue de l’église Saint-Jacques se bat pour sauver l’instrument de 1 637. Cette année est une consécration pour la centaine de membres de l’association.
La Ville, propriétaire du grand orgue, se penche à son chevet et la Fondation de France a été sensibilisée. Hier, les trois partenaires signaient une convention. L’an prochain, les travaux commenceront pour redonner toute sa splendeur musicale à l’instrument.

Des soufflets sont crevés, les vers ont élu domicile dans certaines pièces de bois et des tuyaux d’arrosage remplacent certains conduits usagés. Réalisé en 1637, le grand orgue de Saint-Jacques a connu quelques remaniements au xixe siècle et une reconstruction intérieure en 1929. Depuis, l’orgue néoclassique n’a profité que de quelques réparations ponctuelles et souvent urgentes.

Depuis plus de six ans, les bénévoles de l’association pour la remise en état et l’entretien du grand orgue de Saint-Jacques (Aresgosj) se battent pour conserver ce patrimoine important. Hier, la joie se lisait sur tous les visages.

Le président de l’association, Jacques Dusson, apposait, en effet sa signature aux côtés de celle d’Annie Ouvry, adjointe au maire en charge de la culture, et de Edouard Labelle, délégué régional de la fondation du patrimoine et président de la chambre régionale du commerce et de l’industrie.

« Une fois la ville convaincue de l’importance de la restauration de l’orgue de Saint-Jacques, il restait à mettre en place le financement. Il sera réparti entre la Ville pour un tiers, le conseil général pour un autre tiers et l’association pour le tiers restant » explique Jacques Dusson.

De concerts en collectes de dons, l’association a ainsi récolté 30 000 euros jusqu’au mois de juin « mais notre participation est estimée à 60 000 euros » précise le président, qui a donc lancé une opération de parrainage relayée dans nos colonnes : « Il y a plus de 2 500 tuyaux dans l’orgue. Nous proposions donc de parrainer chacun d’entre eux en versant, selon la taille du tuyau, un don de 5 à 80 euros ».

Une opération qui a pour le moment permis d’ajouter 10 000 euros dans la cagnotte. Mais ce n’est pas encore suffisant.

Alertée par différents reportages sur le grand orgue, la fondation du patrimoine s’est alors manifestée : « Créée en 1998, la fondation du patrimoine a pour but d’aider à la restauration par le biais de collectes de dons et de souscriptions du patrimoine de proximité » souligne Edouard Labelle.

Cette fondation va ainsi relayer au niveau national l’appel au don tout en complétant les fonds de l’association.

En 2004 et 2005, le grand orgue ne devrait plus chanter, afin de permettre l’ensemble des réparations (voir encadré). Mais les Dieppois pourront encore profiter du son de l’instrument le 21 décembre à 16 heures pour le concert de Noël et la messe de la nativité. Ce seront les derniers sons du grand orgue avant sa renaissance.

S. B.

Des travaux en trois phases

L’appel d’offres lancé en début d’année a déjà porté ses fruits. Dès le début de l’année 2004, c’est Denis Lacorre, un jeune facteur d’orgue de trente ans venu de Nantes qui entamera les travaux. Originaire de Rouen, le jeune homme a déjà eu l’occasion de jouer sur le grand orgue de Saint-Jacques il y a une dizaine d’années et il en est tombé amoureux. Il vient de terminer la restauration de l’orgue de Bonsecours près de Rouen, ainsi que de l’orgue de la cathédrale de Bayeux.

En trois phases de près de 60 000 euros chacune, les travaux doivent se dérouler aux cours de 2004, 2005 voire 2006 ; « Mais nous souhaitons que les deux premières phases soient réalisées en 2004, » indiquent les signataires de la convention.

Complètement démonté, le grand orgue sera totalement restauré. La première étape concernera la partie instrumentale, tant la tuyauterie que l’harmonisation de l’ensemble puis le pilotage des commandes entre le clavier et les soupapes sera changé : « C’est une traction électro-pneumatique qui fait le relais depuis 1929. Défectueuse, elle sera remplacée par une transmission électronique. Ce qui permet de diminuer le nombre de fils peu fiables et pas aux normes. » Pendant toute la durée des travaux, les organistes utiliseront l’orgue de chœur jusqu’à ce que les fidèles retrouvent leur grand orgue parfaitement restauré.


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