| Le député-maire de Dieppe vient de
mettre en avant auprès du gouvernement tous les avantages quil trouverait à
installer lEPR, le réacteur de troisième génération sur le site de Penly. Dans
sa note, il compare cette centrale aux trois autres susceptibles de recevoir le futur
réacteur. Et Penly arriverait selon lui en pole position. Cest
dans une note de quatre pages quEdouard Leveau a présenté à Nicole Fontaine,
ministre de lIndustrie, jeudi, les avantages que représente le site de Penly pour
accueillir lEPR, le générateur nouvelle génération. Si Penly était choisi face
à Flamanvillle, Tricastin et Saint-Alban, cela représenterait « un ballon
doxygène pour léconomie locale et pour lemploi ».
Plusieurs points sont développés par lélu. Tout dabord les
avantages de la situation de la centrale pour permettre le refroidissement des réacteurs
« compte tenu de lexpérience que nous devons retenir suite aux fortes
températures de cet été ». Il compare celles de leau relevées à ce moment-là,
« les températures de Penly étaient de 20 °C, Flamanville de 22 °C et Tricastin de 26
°C ». « Les difficultés de refroidissement des réacteurs ont montré quil
fallait privilégier linstallation de nouveaux réacteurs en bord de mer ou sur des
fleuves à très grand débit ».
Il argue donc que Penly est le site idéal puisquinstallé « sur la
Manche où existent de forts courants entre la Mer du Nord et lAtlantique. » Alors
que par exemple « Flamanville est située sur la presquîle du Cotentin où les
courants sont moins forts et peuvent être réduits en raison des travaux prévus sur le
site du Mont-Saint-Michel ».
Proche des lieux de
consommation
Par ailleurs il note que Penly est le lieu de production le
plus proche des grands lieux de consommation électrique : 30-60 km de la Basse-Seine, 180
km des industries de la région-parisienne, 220 km du nord de la France
Alors que
Flamanville est « complètement isolé ». « Penly est aussi le seul qui possède
actuellement des lignes pouvant transporter la totalité de la production du site avec
trois tranches sans modification des lignes de transport ». Dautres points forts
sont avancés par rapport aux moyens de transport et à laccès des lieux
En dehors des avantages représentés par le site lui-même, Edouard Leveau met
en avant les enjeux pour léconomie dieppoise. « Jespère ardemment que le
site de Penly sera retenu (
) en raison de lenjeu que représente un tel
chantier en terme demplois : entre 3 000 et 6 000 », ne cache-t-il pas. Il tient à
souligner que « la région dieppoise connaît actuellement un taux de chômage voisin de
deux fois la moyenne nationale. Le lancement dun tel chantier aurait immanquablement
un effet dentraînement sur léconomie locale ». Il poursuit en mettant en
avant la finalisation dautres projets comme « la création dun IUT à Dieppe
en y prévoyant des formations sur les métiers touchant à la production et la gestion de
lénergie nucléaire. »
Le député-maire a prêché pour sa paroisse auprès du gouvernement. Il
précise que le ministre na formulé aucune critique de son dossier en faveur de
Penly. Reste maintenant à attendre que celui-ci aborde le sujet à la fin de
lannée dans le cadre de sa « loi dorientation sur les énergies ».
V. G. et E. J.
Réacteur nucléaire contre
éolienne
Dans sa note, Edouard Leveau fait un comparatif entre les
capacités de production dun réacteur et une éolienne.« Depuis un certain temps,
on a beaucoup parlé dans notre région de lénergie produite par éolienne ». Une
énergie « intéressante », estime-t-il. Mais lorsquun « réacteur sur le site de
Penly produit 1 300 mégawatts (1 600 pour un générateur EPR), une éolienne produit en
pleine puissance 2 mégawatts. Il faudrait 800 éoliennes pour léquivalent
dun réacteur, ce qui occuperait des milliers dhectares dans des zones
inhabitées ou peu habitées conclut-il. |