Journal du 25 juillet 2003

Centres de loisirs de l'ADDLE
La colère des parents
et l'incompréhension des directeurs

Distribués dans les boîtes aux lettres, un tract signé de l’UMP et qui concerne la future gestion des centres de loisirs de la Ville de Dieppe par l’Ifac vient de déclencher la colère des parents. Au Val-Druel, ils sont plusieurs à apporter leur soutien aux directeurs et à témoigner leur entière satisfaction quant à l’accueil de leur(s) enfant(s).

Ce qui nous choque, c’est que ce tract est signé de l’UMP alors qu’il reprend exactement les arguments défendus en conseil municipal par la Ville de Dieppe. Pourquoi le maire et ses adjoints n’affichent-ils pas clairement leurs choix, ce serait plus honnête! ».

A la sortie du centre de loisirs maternel, à Sonia-Delaunay, les parents ne décolèrent pas. Il y a quelques jours, ils ont découvert un prospectus dans leur boîte aux lettres. Signé par l’Union pour un mouvement populaire, le texte souligne que la Ville a décidé de confier la gestion de ses centres de loisirs à l’Ifac. « Un choix guidé par le souci d’améliorer les conditions d’accueil des enfants », explique le parti politique.

Remise en cause des compétences

« Ce qui est incroyable dans cette histoire, c’est que les élus s’inquiètent du bon accueil des enfants alors, qu'à ma connaissance, ils ne sont jamais venus sur le terrain voir comment ça se passait, raconte une mère de famille. L’accueil y est pourtant de qualité et s’ils avaient pris le temps de se déplacer, ils auraient pu constater qu’il respecte le rythme de vie des enfants puisque c’est un accueil échelonné et qui a d’ailleurs été mis en place après concertation avec les parents ».

Cette autre maman s’étonne aussi d’apprendre par le biais de ce tract que la nouvelle gestion va permettre « des centres plus dynamiques avec des activités renouvelées ». « Dans un premier temps, il sous-entend que les directeurs et leurs animateurs ne font pas du bon travail, ce qui est absolument faux. Ma fille est ravie de venir chaque matin, croyez-vous que si les activités et l’encadrement ne lui plaisaient pas, elle reviendrait tous les jours le sourire aux lèvres? Ensuite, je tiens à souligner que les activités sont très variées. L’an passé, des mini-camps avec jet ski, des baptêmes d’hélicoptère et des descentes de rafting ont notamment été organisés. Très peu d’enfants ont l’occasion de pratiquer ce genre de loisirs avec leurs parents ».

« La Ville casse les loisirs »

« La municipalité a accusé la gauche de vouloir politiser cette affaire mais c’est elle qui vient de politiser le débat avec ce prospectus signé de l’UMP », assure un papa avant d’ajouter: « Certainement qu’en distribuant ces tracts dans les quartiers populaires, elle croyait avoir affaire à des gens ignorants, mais elle se trompe ». « La Ville est en train de casser les loisirs des enfants des quartiers, mais tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, elle devra en payer les conséquences », prévient cette autre maman. Une autre insiste: « Aujourd’hui, nous connaissons bien le fonctionnement des centres de loisirs et nous en sommes entièrement satisfaits. En revanche, nous ne savons rien sur l’Ifac. Que va-t-elle faire de mieux? Les tarifs seront-ils plus chers? Nous sommes dans le flou le plus total ».

Les directeurs qui ont eu bien évidemment connaissance du tract ont eux aussi fait part de leur incompréhension: « Le plus grave, c’est qu’il remet en cause la compétence du personnel, et ça, nous ne pouvons l’admettre. Nous avons toujours eu le souci de répondre à la demande des enfants et des parents. Nous sommes toujours à l’écoute et disponibles. D’ailleurs, si nous étions aussi incompétents, pourquoi reprendre le personnel dans son intégralité comme la Ville l’a annoncé? », interrogent-ils.

 M. DS.


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