Journal du 5 décembre 2003

Coupables d'avoir trempé des noix de Saint-Jacques
Six mille euros d'amende pour les six mareyeurs

Les six mareyeurs dieppois, qui ont comparu devant le tribunal correctionnel en octobre, ont été condamnés à 6000 euros d’amende chacun. Ils étaient poursuivis pour falsification de denrées alimentaires. Ils devraient faire appel de ce jugement.

Six mareyeurs dieppois viennent d’être condamnés à une amende de 6000 euros chacun par le tribunal correctionnel de Dieppe.

Une peine plus clémente que celle requise par le procureur qui demandait 15 000 euros d’amende. Ils s’étaient retrouvés à la barre à la fin du mois d’octobre pour « falsification de denrées alimentaires ».

Il leur était reproché d’avoir pratiqué le trempage de noix de coquilles Saint-Jacques dans de l’eau. En décembre 2002, un contrôle de la gendarmerie maritime et des contrôleurs de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans leurs entreprises avait mis cette pratique au grand jour. Pratique que les mareyeurs n’ont jamais nié utiliser.

Mais qui est interdite selon une note de service de la DGCCRF établissant un taux maximum d’humidité par rapport aux protéines contenues dans la noix. Or, la noix trempée dans l’eau se gonfle et ce taux est dépassé.

Avec leur avocat maître Raymond Dehors, ils avaient tenté d’expliquer le but du trempage: dessabler les noix et leur donner une meilleure apparence. Ils avaient également voulu mettre en avant qu’ils ne les trempaient que dans de l’eau douce contrairement à leurs voisins européens.

Les noix écossaises qui se retrouvent sur le marché français en concurrence directe avec les noix dieppoises sont immergées dans une solution contenant des rétenteurs d’eau et des conservateurs.

Les mareyeurs devraient faire appel

Mardi, après la lecture du délibéré par le tribunal de Dieppe, maître Dehors était surpris de voir que tous les mareyeurs avaient été condamnés à la même peine. « Il n’y a pas eu individualisation, or les situations ne sont pas identiques », note-t-il. En effet chez l’un des six mareyeurs par exemple, les contrôleurs n’ont pas trouvé de noix trempant dans l’eau, mais conservées dans la glace.

Par ailleurs « la notion de différentiel entre la législation française et européenne n’a pas été retenue », poursuit-il.

A la sortie du tribunal, l’avocat confiait qu’il était plus que probable que ses clients fassent appel de ce jugement.

V.G.


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