| Le déménagement des chantiers Allais
sur le site de Saint-Malo semble compromis. Une contrainte européenne imposée dans le
cadre du plan de sauvetage dAlstom interdirait la construction de gros bateaux.
François Allais est déjà sur dautres pistes, à Cherbourg
et à Dieppe. En
septembre, François Allais, gérant du chantier naval du même nom annonçait à ses
employés le déménagement de ses activités en Bretagne, à Saint-Malo sur le site des
anciens chantiers dAlstom. Spécialisée dans la construction de surfers, des
bateaux rapides utilisés pour lexploitation pétrolière off-shore,
lentreprise dieppoise florissante souhaite se développer. Le transfert devait
débuter pour le mois de novembre et lactivité commencer en mai prochain. Mais ce
déménagement semble compromis.
En effet un bâton vient de se mettre dans les hélices du projet de François
Allais. La CCI de Saint-Malo est actuellement en négociation avec Alstom pour le rachat
du site. Seulement pour fermer son chantier, Alstom a perçu des subventions européennes
dans le cadre de son plan de sauvetage. Or tout site aidé de cette manière ne peut
accueillir de nouveau chantier naval construisant des bateaux de plus de 100 tonnes
brutes, selon une directive de Bruxelles. Une clause de non concurrence qui signe du même
coup la fin des projets de lentreprise dieppoise. « Je souhaite justement
m'agrandir pour pouvoir construire des bateaux plus grands que ceux que nous sortons
actuellement. Des bateaux pouvant aller jusquà 200 tonnes », explique François
Allais.
Un site inoccupé
à Cherbourg
« Je suis allé au ministère pour me renseigner sur la
réglementation. Jattends maintenant la prise de position du gouvernement. Je pense
déjà que la suite devrait ne pas être favorable pour moi », poursuit-il. Mais déjà
dautres pistes soffrent à lui. « Je vais regarder du côté de Cherbourg où
des infrastructures sont inoccupées et où toutes les facilités pourraient mêtre
faites. Il ny a pas sur ce nouveau site dobstacle du type de celui de
Saint-Malo », confie le Dieppois.
Où iront donc les chantiers Allais, Saint-Malo, Cherbourg
ou Dieppe? Car
du côté de la cité dAngo, on ne sest pas résigné. On ne souhaite pas voir
partir cette entreprise loin des terres qui lont vue naître voilà près de vingt
ans. Edouard Leveau, député-maire de Dieppe, fait partie de ceux qui veulent retenir les
chantiers dans larrière port. « Je vais dailleurs à Saint-Malo, vendredi à
linvitation du Préfet de Région (ancienne sous-prefète de Dieppe, NDLR) »,
explique-t-il. Une réunion se tient ce jour-là à la sous-préfecture sur les chantiers
navals malouins.
Remise
en état du synchrolift
Et une solution pourrait peut-être être trouvée à
Dieppe. « On sait ce quil faut faire ici mais il ne faut pas que ce soit trop
onéreux. Jai rencontré les hommes du terrain. Il faudrait créer des
infrastructures polyvalentes pour maintenir une activité portuaire de construction ou de
réparation navale et pas seulement dédiées à nos chantiers. Car je sais que je
pourrais être là encore cinq ans, vu mes carnets de commande, mais après? Il ne
faudrait donc pas que les locaux soient abandonnés un jour. Une réflexion va être
rapidement lancée », explique François Allais.
Une idée qui va dans le même sens que la piste de travail proposée par le
député-maire: celle de remettre en état le synchrolift au fond du port de commerce pour
permettre linstallation des chantiers à côté. Un dossier qui dépend de la
chambre de commerce qui na cependant pas encore été solicitée sur le sujet.
Dans tous les cas, François Allais devra prendre rapidement une décision:
Dieppe, Cherbourg ou Saint-Malo, pour pouvoir être en mesure de signer ses prochaines
commandes, « avant la fin du premier trimestre 2004 », conclut-il.
Véronique Guiborel |