Journal du mardi 4 novembre 2003

Dix-huit agriculteurs de la région dieppoise solidaires
470 tonnes de paille en convoi pour l'Allier

Dix-huit agriculteurs de la région dieppoise sont soulagés. 470 tonnes de paille mises de côté pour aider les éleveurs de l’Allier, sans nourriture pour leurs bêtes après la canicule, vont enfin prendre le chemin de ce département, mercredi. Des wagons sont actuellement en cours de chargement à Rouxmesnil-Bouteilles.

Ils étaient agacés de voir le temps passer et l’humidité menacer les meules de paille mises de côté pour les éleveurs de l’Allier. Les dix-huit agriculteurs des cantons de Dieppe, Eu, Envermeu, Bacqueville, Londinières et Offranville solidaires de leurs collègues du nord-est sont soulagés. Depuis hier matin, 470 tonnes de leur paille, soit 1 300 ballots, sont en cours de chargement sur deux convois, à la gare de fret de Rouxmesnil-Bouteilles. Les cinquante wagons devraient prendre la direction de La Ferté Hauterine dès mercredi. Ce sera le troisième chargement qui arrivera de Seine-Maritime par le rail après ceux de Gaillon et de Moteville.

Pascal Gressent, GAEC Saint-Igny de Freulleville fait partie des agriculteurs du canton d’Envermeu qui ont convergé vers la gare de Rouxmesnil avec son tracteur et sa plateforme chargée de 70 tonnes de paille. Pour lui, il était normal de faire preuve de solidarité avec les éleveurs de l’Allier. « On est déjà peu nombreux en France, alors si on n’est pas solidaires… », explique-t-il. Avec d’autres agriculteurs ils ont donc fait une meule, qu’ils ont laissée sur la plaine en attendant qu’elle puisse partir pour nourrir les bêtes de leurs confrères. « Malheureusement les ballots du dessus ont pris l’eau. On a donc dû en laisser une partie sur place », déplore-t-il. « Il était temps qu’une solution soit trouvée, car si c’était pour faire un tas de fumier, cela aurait été dommage », poursuit-il.

Wagons pare-étincelles

Sur les 470 tonnes convoyées par le rails, 300 tonnes sont offertes aux éleveurs et le reste vendu à un prix modique. « Juste pour rentrer dans nos frais », confie Pascal Gressent. « Pour ce qui est du transport, la SNCF nous facture 25 000 euros hors taxe la rame. Elle a fait un geste. Ce qui revient à 53 euros la tonne transportée, prix qui est payé par les éleveurs de l’Allier », poursuit Xavier Godefroy, directeur adjoint de l’Union syndicale agricole de Seine-Maritime, affiliée à la FNSEA.

Derrière lui, toute une équipe de bénévoles s’affaire pour transférer les ballots des plateformes jusque dans les wagons « prévus avec des bâches pare-étincelles », précise Arnaud Grinie, commercial à la SNCF.

4 500 tonnes par la route

« Mais cette paille ne représente qu’une petite partie de celle rassemblée par les agriculteurs de Seine-Maritime. Car nous en avons récupéré 5 000 tonnes. Le reste part par la route en camion », souligne Xavier Godefroy. Depuis le 20 août dernier, 40 camions sont partis chaque semaine. « L’avantage du transport par la route, c’est que la paille est chargée directement sur le lieu de stockage de la meule et transportée jusque dans la ferme de l’éleveur destinataire. On espère qu’on verra le bout vers le 20 novembre, car ça commence à être fatiguant », conclut le directeur adjoint de l’USA.

Véronique Guiborel


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