| Dix-huit agriculteurs de la région
dieppoise sont soulagés. 470 tonnes de paille mises de côté pour aider les éleveurs de
lAllier, sans nourriture pour leurs bêtes après la canicule, vont enfin prendre le
chemin de ce département, mercredi. Des wagons sont actuellement en cours de chargement
à Rouxmesnil-Bouteilles. Ils étaient agacés de voir le temps
passer et lhumidité menacer les meules de paille mises de côté pour les éleveurs
de lAllier. Les dix-huit agriculteurs des cantons de Dieppe, Eu, Envermeu,
Bacqueville, Londinières et Offranville solidaires de leurs collègues du nord-est sont
soulagés. Depuis hier matin, 470 tonnes de leur paille, soit 1 300 ballots, sont en cours
de chargement sur deux convois, à la gare de fret de Rouxmesnil-Bouteilles. Les cinquante
wagons devraient prendre la direction de La Ferté Hauterine dès mercredi. Ce sera le
troisième chargement qui arrivera de Seine-Maritime par le rail après ceux de Gaillon et
de Moteville.
Pascal Gressent, GAEC Saint-Igny de Freulleville fait partie des agriculteurs du
canton dEnvermeu qui ont convergé vers la gare de Rouxmesnil avec son tracteur et
sa plateforme chargée de 70 tonnes de paille. Pour lui, il était normal de faire preuve
de solidarité avec les éleveurs de lAllier. « On est déjà peu nombreux en
France, alors si on nest pas solidaires
», explique-t-il. Avec dautres
agriculteurs ils ont donc fait une meule, quils ont laissée sur la plaine en
attendant quelle puisse partir pour nourrir les bêtes de leurs confrères. «
Malheureusement les ballots du dessus ont pris leau. On a donc dû en laisser une
partie sur place », déplore-t-il. « Il était temps quune solution soit trouvée,
car si cétait pour faire un tas de fumier, cela aurait été dommage »,
poursuit-il.
Wagons pare-étincelles
Sur les 470 tonnes convoyées par le rails, 300 tonnes sont
offertes aux éleveurs et le reste vendu à un prix modique. « Juste pour rentrer dans
nos frais », confie Pascal Gressent. « Pour ce qui est du transport, la SNCF nous
facture 25 000 euros hors taxe la rame. Elle a fait un geste. Ce qui revient à 53 euros
la tonne transportée, prix qui est payé par les éleveurs de lAllier », poursuit
Xavier Godefroy, directeur adjoint de lUnion syndicale agricole de Seine-Maritime,
affiliée à la FNSEA.
Derrière lui, toute une équipe de bénévoles saffaire pour transférer
les ballots des plateformes jusque dans les wagons « prévus avec des bâches
pare-étincelles », précise Arnaud Grinie, commercial à la SNCF.
4 500 tonnes par la route
« Mais cette paille ne représente quune petite
partie de celle rassemblée par les agriculteurs de Seine-Maritime. Car nous en avons
récupéré 5 000 tonnes. Le reste part par la route en camion », souligne Xavier
Godefroy. Depuis le 20 août dernier, 40 camions sont partis chaque semaine. «
Lavantage du transport par la route, cest que la paille est chargée
directement sur le lieu de stockage de la meule et transportée jusque dans la ferme de
léleveur destinataire. On espère quon verra le bout vers le 20 novembre, car
ça commence à être fatiguant », conclut le directeur adjoint de lUSA.
Véronique Guiborel |