Journal du 29 novembre 2002

Grâce au conseil général et la CCI
L'espoir renaît sur le site de Regma Solutions

Mercredi, l’antenne dieppoise du conseil général a fait le point sur le dossier Regma Solutions à Arques-la-Bataille qui a fait couler tant d’encre depuis le début de l’année. Aujourd’hui, c’est l’optimisme qui est de mise chez les principaux acteurs de cette réindustrialisation du site. Cependant, sur les 153 salariés de Regma qui avaient été licenciés, 73 restent toujours à reclasser.

On se souvient d’avril 2002, de ces regards embués par l’émotion, de ces visages pâles de colère et de détresse. Cette centaine de personnes, hommes et femmes qui jettent un dernier regard sur l’entreprise dans laquelle ils ont effectué la majeure partie de leur carrière.

Ce jour-là, c’en était fini de l’histoire de Regma Solutions. L’entreprise arquaise venait de laisser 153 salariés « sur le carreau », tout ça pour contenter le désir de quelconques boursicoteurs.

C’est le début d’une descente aux enfers pour ces salariés qui sont au creux de la vague. On leur avait promis une cellule de reclassement et finalement rien ne vient. L’intersyndicale se bat alors sur tous les fronts pour que les salariés puissent continuer à vivre de façon décente.

Réaction immédiate

Heureusement, la réaction et la mobilisation des pouvoirs publics ne se font pas attendre. Secoués par l’intersyndicale, le sous-préfet, les responsables de la Chambre de commerce et d’industrie de Dieppe propriétaire du terrain sur lequel est implantée l’entreprise, et le conseil général prennent le dossier en main.

Mais encore faut-il réfléchir à ce que pourrait devenir ce site. Le dossier est confié à Seine-Maritime Expansion qui fait appel à un cabinet d’audit pour étudier les possibilités de réindustrialisation.

Le coût de cette étude qui s’est déroulée en deux phases est entièrement supporté par le conseil général qui débourse alors la coquette somme de 80 960 euros.

Il s’agit d’abord de procéder à un état des lieux des bâtiments et des réseaux. A l’issue de ces premières études, il résulte que les partenaires sont en face d’un site industriel de 10 hectares très disparate. D’un site desservi par un réseau interne de fluides et non raccordé au réseau public d’eau et d’assainissement. Il s’avère également que ce site est classé ZA par le plan d’occupation des sols mais qu’il est considéré inondable en cas de forte crue de la Béthune.

D’ailleurs, un plan de prévention des risques est actuellement en cours d’élaboration. Il apparaît également que le site répond aux besoins immobiliers des entreprises mais qu’en revanche, il n’est ni organisé, ni structuré pour répondre à une vocation de site industriel multi-entreprises locataires.

Privatisation ou location ?

« Au vu de ce premier diagnostic, un choix stratégique est alors nécessaire. Soit le site est privatisé (vente progressive des bâtiments et terrains), soit on crée une offre locative. Le maître d’ouvrage aurait alors l’obligation de supporter les coûts de rationalisation des aménagements existants, la réhabilitation des parties inexploitables, la mise en place de structures de partage de terrain et de gestion du site », explique René Delcourt, vice-président du conseil général.

Et de poursuivre : « Le 29 août dernier, l’option de créer une offre locative est renouvelée. Le sous-préfet s’engage alors à trouver auprès du contrat de plan Etat-Région, les crédits nécessaires pour aider le porteur du projet.

Grâce au soutien du conseil général, nous avons aujourd’hui toutes les cartes en mains pour passer à une deuxième étape primordiale : celle de la remise en état du site et de sa réindustrialisation proprement dite ».

Reclassement

Pendant ce temps, il fallait également penser aux reclassements des salariés qui se retrouvaient pour la plupart dans des conditions de vie précaires. René Delcourt est alors intervenu auprès de Charles Revet pour pallier à la défaillance de l’employeur qui n’a pas su proposer une cellule digne de ce nom.

Le conseil général a financé quelque 38 000 euros des 233 000 nécessaires à l’animation de la cellule.

« Les premiers résultats de la cellule sont plus qu’encourageants. Sur les 151 salariés concernés, on décompte à ce jour quelque 75 salariés reclassés. Restent donc 73 candidats à suivre pour une recherche active d’emploi. Ces résultats sont le fruit de trois mois de travail, la cellule n’étant finalement active et opérationnelle que depuis le 1er septembre », souligne René Delcourt.

Dépollution

Depuis le début des problèmes de Regma, la pollution du site industriel fait partie des sujets qui fâchent.

« Nous touchons là à l’une des grandes difficultés du dossier. La législation sur la pollution des sous-sols peut faire hésiter l’EPBS (Etablissement public de la Basse-Seine), éventuel acquéreur.

Une étude est actuellement en cours, elle est menée pour le compte du liquidateur », précise René Delcourt.

Renaissance

Grâce aux efforts de tous les partenaires, des entreprises ont décidé de venir s’installer sur le site industriel de Regma. C’est le cas de Rousseau, Eurochannel Logistique, Normandy-Coating, Afadis, RTT Calor et bientôt, Nipson. Ces quatre sociétés sont les principales incarnations de la renaissance des activités de feu Regma Solutions.

Lors de la réunion de mercredi, Hubert Léger et Jean-Claude Leroy, responsables des sociétés Afadis et Regma Transfert Thermique Calor, étaient présents. C’était l’occasion de faire part de la bonne santé de ces entreprises qui, en plus d’avoir repris à elles seules une petite quarantaine d’anciens salariés de Regma, sont aujourd’hui en train d’investir dans de nouveaux équipements.

C’est le cas de RTT Calor qui vient de se doter d’une découpeuse au top de la technologie. « Notre but est de conquérir de nouveaux marchés. C’est le manque d’investissements depuis 1986 qui a causé le dépôt de bilan de Regma », explique Jean-Claude Leroy.

Actuellement, 25 000 m2 sur 39 000 sont occupés sur ce site. Tout le monde s’en réjouit mais la route est encore longue même si le bout du tunnel ne semble plus très loin.

Eric Bonté


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