Effervescence à la brigade de
gendarmerie de Longueville-sur-Scie après une nuit de travail pour les gendarmes et une
nuit de fête qui se termine bien mal pour les jeunes raveurs: « Pourtant, nous nous
étions assurés que nous ne gênerions personne dans ce champ éloigné de toute
habitation » racontait dimanche une participante à la fête.Dans
la nuit de samedi à dimanche, vers une heure du matin, une rave-party était organisée
dans une pâture adossée au bois du Four à Chaux. Pour sy rendre, les jeunes
avertis comme ils en ont lhabitude par flyers et messages téléphoniques doivent
emprunter des chemins de terre.
Un accès difficile qui a encore compliqué le travail de la gendarmerie
alertée par les allées et venues de nombreuses voitures pleines de jeunes: « La rave
était particulièrement difficile à détecter puisquà lécart de toute
habitation dans une grande vallée. Nous nous sommes dirigés avec les bruits de la
musique particulièrement diffus » indique-t-on à la gendarmerie qui est revenue
plusieurs fois dans la nuit avant de décider dune intervention.
A 15 h, dimanche, alors que le gros de la fête est déjà passé, soixante-dix
gendarmes interviennent pour arrêter la rave-party et saisir lensemble du
matérielpuisque le rassemblement navait pas fait lobjet dune demande
dautorisation préalable auprès de la préfecture. la saisie du matériel entre
ainsi dans le cadre strict de lapplication de la loi réglementant ce genre de
manifestation.
Une conclusion qui évidemment na pas manqué de susciter des réactions
des « raveurs » « Lintervention est complètement démesurée. Nous étions 35
dans le champ et ils sont arrivés à 50 alors que, quelques heures plus tôt, cinq
gendarmes étaient venus nous dire que tout se passerait bien parce quon ne gênait
personne. Et puis finalement, alors que la fête est finie et que chacun sapprête
à ranger pour rentrer, la gendarmerie débarque » explique une jeune femme proche des
organisateurs.
Alors que, dans la nuit, entre 400 à 500 personnes, selon la gendarmerie, se
sont rendues à la fête, ils nétaient effectivement plus quune cinquantaine
lorsque les forces de lordre sont arrivées: « A 15 h, dimanche, avec les renforts
des pelotons de surveillance et dintervention de la gendarmerie des autres
compagnies du département, nous sommes intervenus pour procéder à la saisie du
matériel » indique le capitaine Nollet qui avait pris soin dorganiser un
itinéraire pour les secours en cas de besoin.
Une application de la loi qui nest évidemment pas du goût des jeunes
organisateurs et propriétaires du matériel: « Il y en a pour 5000 F de disques et 15000
F de matériel » déplore une jeune « raveuse ». Et un autre participant-organisateur
dajouter: « Pour moi, cela représente 50000 F. On travaille pour sacheter ce
matériel-là. En plus, on ne sait même pas dans quel état il est parce quils ont
tout chargé nimporte comment. Cela ne leur plairait sans doute pas, aux gendarmes,
si on se pointait chez eux pour leur prendre leurs affaires. Cest pareil pour nous,
on nest pas des délinquants, on voulait juste faire la fête. »
Une fête où ont manifestement circulé divers produits interdits comme en
témoignent les gendarmes, « il y avait des jeunes très fortement alcoolisés mais nous
avons aussi remarqué que certains étaient drogués. Sur le site, nous avons retrouvé du
gaz hilarant, des restes de produits injectables et des seringues. »
Venus de la région dieppoise, rouennaise ou parisienne, les jeunes ont mal
terminé leur fête. Sept dentre eux, organisateurs ou propriétaires de matériel
de sonorisation, ont été entendus dimanche après-midi dans les locaux de la
gendarmerie.
Les tables de mixage, enceintes et disques sont, quant à eux, restés à la
gendarmerie de Longueville. La justice décidera ou non de les rendre à leurs
propriétaires.
Si, en saisissant lensemble du matériel, les forces de lordre
signaient une première dans la région, ils promettent de renouvelerce genre
dintervention: « Ce sera fait systématiquement à chaque rave, prévient le
capitaine Nollet. Et nous nous donnerons les moyens dintervenir! »
S. B.