Journal du 3 septembre 2002

Heugleville-sur-Scie : rave-party dans les champs
La gendarmerie saisit le matériel

Effervescence à la brigade de gendarmerie de Longueville-sur-Scie après une nuit de travail pour les gendarmes et une nuit de fête qui se termine bien mal pour les jeunes raveurs: « Pourtant, nous nous étions assurés que nous ne gênerions personne dans ce champ éloigné de toute habitation » racontait dimanche une participante à la fête.

Dans la nuit de samedi à dimanche, vers une heure du matin, une rave-party était organisée dans une pâture adossée au bois du Four à Chaux. Pour s’y rendre, les jeunes avertis comme ils en ont l’habitude par flyers et messages téléphoniques doivent emprunter des chemins de terre.

Un accès difficile qui a encore compliqué le travail de la gendarmerie alertée par les allées et venues de nombreuses voitures pleines de jeunes: « La rave était particulièrement difficile à détecter puisqu’à l’écart de toute habitation dans une grande vallée. Nous nous sommes dirigés avec les bruits de la musique particulièrement diffus » indique-t-on à la gendarmerie qui est revenue plusieurs fois dans la nuit avant de décider d’une intervention.

A 15 h, dimanche, alors que le gros de la fête est déjà passé, soixante-dix gendarmes interviennent pour arrêter la rave-party et saisir l’ensemble du matérielpuisque le rassemblement n’avait pas fait l’objet d’une demande d’autorisation préalable auprès de la préfecture. la saisie du matériel entre ainsi dans le cadre strict de l’application de la loi réglementant ce genre de manifestation.

Une conclusion qui évidemment n’a pas manqué de susciter des réactions des « raveurs » « L’intervention est complètement démesurée. Nous étions 35 dans le champ et ils sont arrivés à 50 alors que, quelques heures plus tôt, cinq gendarmes étaient venus nous dire que tout se passerait bien parce qu’on ne gênait personne. Et puis finalement, alors que la fête est finie et que chacun s’apprête à ranger pour rentrer, la gendarmerie débarque » explique une jeune femme proche des organisateurs.

Alors que, dans la nuit, entre 400 à 500 personnes, selon la gendarmerie, se sont rendues à la fête, ils n’étaient effectivement plus qu’une cinquantaine lorsque les forces de l’ordre sont arrivées: « A 15 h, dimanche, avec les renforts des pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie des autres compagnies du département, nous sommes intervenus pour procéder à la saisie du matériel » indique le capitaine Nollet qui avait pris soin d’organiser un itinéraire pour les secours en cas de besoin.

Une application de la loi qui n’est évidemment pas du goût des jeunes organisateurs et propriétaires du matériel: « Il y en a pour 5000 F de disques et 15000 F de matériel » déplore une jeune « raveuse ». Et un autre participant-organisateur d’ajouter: « Pour moi, cela représente 50000 F. On travaille pour s’acheter ce matériel-là. En plus, on ne sait même pas dans quel état il est parce qu’ils ont tout chargé n’importe comment. Cela ne leur plairait sans doute pas, aux gendarmes, si on se pointait chez eux pour leur prendre leurs affaires. C’est pareil pour nous, on n’est pas des délinquants, on voulait juste faire la fête. »

Une fête où ont manifestement circulé divers produits interdits comme en témoignent les gendarmes, « il y avait des jeunes très fortement alcoolisés mais nous avons aussi remarqué que certains étaient drogués. Sur le site, nous avons retrouvé du gaz hilarant, des restes de produits injectables et des seringues. »

Venus de la région dieppoise, rouennaise ou parisienne, les jeunes ont mal terminé leur fête. Sept d’entre eux, organisateurs ou propriétaires de matériel de sonorisation, ont été entendus dimanche après-midi dans les locaux de la gendarmerie.

Les tables de mixage, enceintes et disques sont, quant à eux, restés à la gendarmerie de Longueville. La justice décidera ou non de les rendre à leurs propriétaires.

Si, en saisissant l’ensemble du matériel, les forces de l’ordre signaient une première dans la région, ils promettent de renouvelerce genre d’intervention: « Ce sera fait systématiquement à chaque rave, prévient le capitaine Nollet. Et nous nous donnerons les moyens d’intervenir! »

S. B.


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