| Entre Sauqueville et Tourville, le
préfet et le président du conseil régional ont tranché : le tracé A, celui qui passe
par Ecorchebuf, Tourville et Arques, a été choisi, pour prolonger la RN27
jusquà Dieppe. Un choix contesté par les agriculteurs et certains conseillers
généraux, à cause du viaduc sur la Scie. Ce matin, nous avons
tranché en faveur du tracé A. Cest une décision irrévocable et les fonds seront
engagés dès à présent pour commencer les études et les acquisitions de terrains ».
Quelques heures après sa réunion avec le préfet, mercredi 18 décembre dans la
matinée, le président du conseil régional, Alain Le Vern, explique les raisons pour
lesquelles lEtat et la région ont choisi de faire passer le prolongement de la RN27
par Ecorchebuf, Tourville et Arques. Pour permettre à la voie rapide de rallier
Dieppe depuis Manéhouville, il faudra donc construire un viaduc pour franchir la vallée
de la Scie entre Manéhouville et Sauqueville.
Reste que les crédits inscrits au contrat de Plan Etat-Région (30 millions
deuros) ne permettront pas de financer la totalité des travaux de la voie rapide.
« Avec cette somme, nous pourrons financer les études, acheter les terrains et engager
la construction du viaduc sur la Scie » explique Alain Le Vern. Mais un viaduc à deux
fois une voie, qui va provoquer un engorgement du trafic et qui débouchera sur la plaine
sans que la route quil supporte ne puisse au moins rejoindre la RD915 entre
Tourville et Beaumais, cela na pour linstant quun intérêt très
limité...
Où trouver largent ?
« Si lEtat ajoute un peu dargent, nous en
mettrons autant et nous pourrons aller jusquà la RD915 » poursuit Alain Le Vern.
Et le président de la Région daller dans ses espoirs plus loin encore : « Et si
le conseil général participe également au financement, nous bénéficierons de crédits
du Fonds européen pour le développement régional (FEDER) qui nous permettront de
boucler le tracé jusquà la 154 ».
Restent maintenant deux interrogations : lEtat va-t-il compléter son
financement dans le cadre de la renégociation du contrat de plan Etat-Région en 2003 (ce
qui permettrait daller jusquà Tourville), et le conseil général va-t-il
participer ou pas au financement (pour aller jusquà Rouxmesnil-Bouteilles) ? «
Sans lapport du conseil général, nous perdons 6 ou 7 millions deuros de
fonds européens » affirme Alain Le Vern. De son côté, le conseil général estime
quil est plus urgent de commencer les travaux côté Dieppe (voir encadré).
Plus politique, le président socialiste de la région considère que « la
variante de la solution daménagement sur place (celle qui passe par Sauqueville,
Saint-Aubin-sur-Scie et Arques, NDR) suggérée par le président du conseil général,
est incompréhensible. Comment peut-on envisager un itinéraire qui démolirait 30 maisons
? De toutes façons, les techniciens nous disent que la solution choisie est la meilleure,
et elle a obtenu lassentiment des élus locaux ». Mais pas celle des agriculteurs
de Tourville et Aubermesnil-Beaumais, dont les terres seront amputées.
Dix ans après les premières
études
Si le débat entre le Département et la Région nest
pas fini, la décision, elle, est bien prise. Cest sans surprise que loption
« viaduc sur la Scie » a été préférée. Reste que les études, qui vont être
engagées, seront longues, et que les travaux ne démarreront pas avant 2006. « Pour une
mise en service, je lespère, avant la fin de la décennie » prévoit Alain Le
Vern. Quand on songe que la première synthèse des différentes options a été
réalisée au début des années quatre-vingt-dix, on mesure le temps perdu. Cette fois,
même sil faut encore trouver les financements pour finir le tracé, le prolongement
de la RN27 est bel et bien engagé...
Olivier Bassine
Pour le conseil général
« Il faut commencer côté Dieppe »
« Je suis daccord avec la nécessité impérieuse de
prolonger la RN27 jusquà Dieppe, mais le choix aura de toutes façons des
conséquences qui ne sont pas inoffensives ». Sans entrer dans la polémique avec le
président socialiste de la Région, le vice-président (UMP) du conseil général,
chargé de larrondissement de Dieppe, ne ferme pas la porte à un financement des
travaux. Mais il les limite à la partie dieppoise du projet, du terminal ferry aux
ronds-points de la zone dactivité Eurochannel à Neuville.
« Nous souhaitons que la route se fasse, bien entendu, car cest vital
pour toute la région, mais quel que soit le tracé choisi, il y aura des inconvénients
» Dans le cas du tracé retenu, « il favorisera les inondations dans la vallée de la
Scie, détruira des terres agricoles sur Ecorchebuf, Tourville et
Aubermesnil-Beaumais, le fait que le viaduc soit à une seule voie de circulation va
ralentir le trafic, il coûtera 15 millions deuros de plus à cause de ce viaduc et
il provoquera une gêne pour les handicapés du château dEcorchebuf, dont la
résidence sera frôlée par lautoroute ». Le vice-président du conseil général
considère « quil aurait été plus judicieux de commencer les travaux côté
Dieppe, car lurgence, cest de désengorger la ville et le port ».
Dans un communiqué, Daniel Lefèvre, conseiller général de Dieppe-Est, estime
que le choix du tracé A « aurait pu être une excellente nouvelle si celui-ci avait
emporté lunanimité de tous et si le plan de financement avait été
définitivement bouclé ». Selon lui, « toutes les solutions ne semblent pas avoir été
exploitées ».
Et puis, le nerf de la guerre étant incertain, Daniel Lefèvre ajoute que «
faute dargent, le projet définitif ne pourra être opérationnel que vers 2008/2010
». Car lenveloppe prévue «ne prévoit que la réalisation dun viaduc à une
seule voie par sens de circulation, ce qui est une aberration puisquil provoquera un
goulot de ralentissement contraire au but recherché ». Mais puisque le choix est fait,
il promet que la conseil général va se lancer dans la réalisation de la rocade
dOffranville et la déviation dArques vers Saint-Nicolas. |