| Le
Ministère public a requis six ans de prison à lencontre de labbé Potajesuk
lors de laudience fleuve qui a confronté mardi, lecclésiastique aux
magistrats dieppois. Le tribunal a mis son jugement en délibéré, le verdict tombera
mardi prochain à 15 h 30. Viendra,
viendra pas ? Il est 15 h 45 mardi après-midi. La salle daudience du tribunal
correctionnel de Dieppe est déjà pleine à craquer. Le président Pierre Charbonnier a
annoncé en début daudience quà partir de 16 heures, une affaire retiendrait
lattention du tribunal pour un bon moment.
Il sagit de « laffaire Potajesuk ». Le curé originaire
dOffranville qui a exercé de 1987 à 1991 à Neufchâtel-en-Bray et à
Tourville-la-Chapelle de 1991 à 2000, comparaît aujourdhui devant le tribunal pour
« agression sexuelles sur mineurs de plus et moins de quinze ans par personne abusant
de lautorité attenante à sa fonction ». (voir notre édition de vendredi
21 juin)
Concernées de près où de loin, personne ne reste insensible à cette affaire.
Le curé fait son entrée dans la salle et au premier coup dil, on
saperçoit que le col romain quil portait ostensiblement auparavant ne fait
plus partie de sa tenue. Il apparaît devant le tribunal vêtu dun costume gris et
dune chemise blanche dont le premier bouton est ouvert. Sobre.
Descente aux enfers
Ils sappellent Ismaël, Emmanuel, Arnaud, Thibaut,
Guillaume, Xavier, Ludovic et Jean-Claude. Tous, entre 1996 et 2000, auraient été
victimes dagressions sexuelles de la part de labbé Potajesuk.
Le président Charbonnier parle de « pénible affaire » dans son
introduction. « Je ne rentrerais pas dans les détails plus que nécessaire. Mais je
devrais cependant qualifier les faits et je serais obligé dêtre plus précis que
je ne voudrais lêtre. Entre le 1er janvier 1996 et le 24 avril 2000, on vous
reproche de vous être livré à des agressions sexuelles avec contraintes, violence,
menaces et surprise.
Vous avez eu une enfance sans histoire, sauf un fait sur lequel je reviendrais
plus tard
Vous viviez dans un milieu pieu. Vous aviez une vie sans histoire
jusquà ce que les résultats de ce que certains de vos confrères appellent des
débordements, soient portés à la connaissance de la justice.
Vous vous faites remarquer par votre sens du contact mais vraisemblablement, vos
agissements ont commencé dès votre installation à Tourville. Vous êtes une espèce de
notabilité, vous recevez souvent chez vous le sous-préfet de Dieppe ainsi que le
Procureur de la République. Ce que je ne comprends pas, cest cette parfaite
indifférence sur cette descente aux enfers qui est la vôtre et celle des victimes.
Indifférence de la part des adultes et, on peut dailleurs en être
étonné, de votre hiérarchie.
On met alors en avant votre goût du confort et des belles voitures. Ce
nest certes pas répréhensible mais la prêtrise ne semble pas permettre de tenir
un tel train de vie.
Une victime nous rapporte lors de son audition quelle avait bu de
lalcool en votre compagnie. Elle nous dit : Je me débattais, je voulais
éviter dy aller mais ma mère.
Comment peut-on expliquer que ces jeunes aient continué à vous fréquenter
compte tenu de vos agissements.
Dans les témoignages des victimes, lalcool est omniprésent. Toutes les
victimes expliquent quelles ont tenté de se défendre au début et plusieurs
parlent de masturbation, déchanges de baisers dans le cou et sur la bouche. Pour
certains, il sagit même de masturbation réciproque. Par ailleurs, la fréquence de
vos actes était arrivée à une fois tous les quinze jours. Tous ces faits ont pour cadre
le presbytère. Vos victimes ne veulent pas en parler, elles ont honte.
Par ailleurs, un des jeunes garçons qui avait quatorze ans au moment des faits
a expliqué aux enquêteurs que vous aviez tout mis en scène pour lattirer chez
vous. Sous prétexte que vous vouliez le réprimander après quil ait sifflé des
filles, vous lavez fait venir un soir au presbytère. Ses parents ont pensé
quun simple rendez-vous aurait suffi et quil nétait pas forcément
nécessaire quil passe le week-end chez vous. Mais vous avez menti aux parents et
vous avez détourné cet enfant pour parvenir à vos fins.
Une fois chez vous, le jeune garçon a avoué avoir absorbé cinq coupes de
champagne, deux verres de vin, il avait la tête qui tournait. Il a ensuite expliqué que
vous lui aviez donné des bisous dans le cou et sur la bouche puis vous lavez
caressé autour du sexe. Par ailleurs, le lendemain, il vous trouvait complètement nu
dans la salle de bain.
Une autre victime explique : Il sest fâché, il sest mis
en colère. Javais honte et peur, il ma forcé à le masturber. Jaimais
bien aller au presbytère, il y avait des jeunes de mon âge et on samusait. Je
croyais que labbé allait arrêter.
Une autre témoin encore : Je nétais pas daccord mais il
a pris ma main et la dirigée vers son sexe. Javais peur de lui, je voulais
être ecclésiastique par la suite, cest pour ça que je nai rien dit.
Un témoin âgé de 20 ans en 1993 explique quil y avait toujours de
lalcool dans vos soirées. On peut penser que votre système était déjà au point »,
explique Pierre Charbonnier.
« Je ne suis pas violent »
Cest alors au tour de labbé de prendre la
parole dans une ambiance pesante. « Javais 31 ans, je suis arrivé dans cette
paroisse qui comptait 14 villages. Jai voulu mattacher au souci de
convivialité qui ma manqué lorsque jétais plus jeune.
En revanche, je nai pas bien compris ce que vous avez dit concernant la
violence car ce nest pas dans ma nature.
Je voyais cela comme un moment de tendresse, le prêtre est celui qui écoute.
Je nai pas le sentiment davoir infligé des contraintes mais je pense que
cétait plutôt de linsistance. Je caressais les enfants sur le torse
jusquau sexe mais sils manifestaient du mécontentement, jarrêtais
aussitôt.
Ces faits se sont produits dans une période difficile de ma vie. Mon père est
décédé le 1er mai 1993. Jai été très entouré et javais besoin de la
présence de ces jeunes. Parallèlement, ma charge de travail a augmenté et je me suis
retrouvé avec 23 communes. Je nai jamais su dire non à ce quon me demandait.
Jai perdu mes repères humains et spirituels. Jai perdu le sens du bien et du
mal. Est-ce que le prêtre doit toujours être au top de sa forme ? Jai alors
trouvé refuge dans lalcoolisme mondain et dans lalcoolisme plus régulier
ensuite », explique Michel Potajesuk.
Et Pierre Charbonnier de reprendre : « En somme, vous dites que vous avez
été le jouet dune situation dont vous nêtes pas responsable. Vous dites
dans une lettre que vous avez envoyé à vos paroissiens, que vous aimeriez demander
pardon. Vous voulez demander pardon, mais de quoi ? puisque vous dites que vous
nêtes pas vraiment responsable »
« Je veux demander pardon à tous ces jeunes dont jai trahi la confiance,
à mes paroissiens, à ma famille ».
Pierre Charbonnier linterrompt de nouveau : « Nous ne sommes pas là
pour recueillir votre pardon mais il faut dire au tribunal ce que vous considérez comme
anormal dans vos agissements ».
Mensonges
Labbé tente alors de justifier ses actes : « Il
était anormal que je reçoive ces jeunes pour faire ce que jai fait. Pour
quils boivent de lalcool dans des proportions insupportables, jai trahi
leur confiance. Les enfants venaient chercher au presbytère, un prêtre, un ami, un
confident. Je nai pas rempli cette mission ».
Le président Charbonnier parlera ensuite de « mise en condition des enfants
par labus dalcool et de mensonges. Dune vie de dissimulation et de
traquenards dans laquelle vous vous êtes installé petit à petit. Vous mentez beaucoup
dans cette affaire. Vous mentez à votre hiérarchie, aux parents et aux enfants. Les
enfants disent même que vous les forciez à boire lorsquils ne voulaient pas.
Cest une partie de la contrainte ».
« Volonté anesthésiée »
Le prévenu contredit encore une fois le tribunal : « Je
ne les ai jamais forcés à boire. Je laissais lalcool à disposition, cest
également coupable de ma part mais je ne les ai pas forcés. Cet alcool nétait
destiné quà moi, pour me griser, pour anesthésier ma volonté », explique
Michel Potajesuk.
« Avec la pression que vous exerciez, vers qui les enfants pouvaient-ils se
tourner pour dénoncer vos actes ? », questionne Pierre Charbonnier. Labbé de
répondre : « Vers leurs parents ».
« Les parents ont tenté dalerter votre hiérarchie et il ne
sest rien passé. Ces familles se sont retrouvées dans lembarras face à vos
supérieurs qui ne leur ont pas prêté loreille nécessaire. Comment expliquez-vous
que votre entourage nait rien dit ? Si les adultes avaient été à la hauteur, nous
aurions gagné cinq ans sur cette situation pour vous et surtout pour ceux qui
nauraient pas eu à être victimes », ajoute Pierre Charbonnier.
« Je ne sais pas, je pensais que cétait à moi de réagir »,
répond le prêtre.
« Secret de Polichinelle »
Comme à plusieurs reprises au cours de cette audience, le
président sen prend une nouvelle fois à la hiérarchie de Michel Potajesuk dont il
souligne lattentisme : « Votre hiérarchie prétend aujourdhui
quelle ignorait que vous hébergiez des enfants durant les week-ends mais ça
paraît difficile à croire.
Monseigneur Duval disait vous avoir fait des remarques sur votre train de vie
excessif ainsi que sur le fait dêtre trop possessif envers les jeunes. Ceci dit, il
vous trouve trop possessif mais il vous donne tout de même des places pour emmener des
jeunes au concert du 25ème anniversaire de son ordination.
Des prêtres qui ont été entendus disent quils entendaient des rumeurs
qui disent que Potajesuk est alcoolique et pédophile.
En 2000, Monseigneur Duval apprend que des enfants dorment au presbytère, il le
fait interdire mais ne donne pas de suite. Cest un peu un secret de polichinelle. Il
y a eu de multiples confessions à monseigneur Duval où au vicaire général mais rien
na bougé.
Violé à 13 ans
Durant linstruction, Michel Potajesuk a fait état
dun viol dont il aurait été victime à lâge de 13 ans, commis par un
sacristain. Cest à ce fait auquel le président faisait allusion en début
daudience.
Puis le président revient sur la lettre envoyée aux paroissiens. Lettre qui
est censée laisser apparaître le sentiment de culpabilité du curé.
Il est également question du premier rapport de lexpert psychiatre qui a
examiné Michel Potajesuk lors de sa mise en détention.
« Vous contestez lexamen du premier psychiatre. Un second est commis
et il arrive aux mêmes conclusions : Il ny a pas de sentiment de
culpabilité chez Michel Potajesuk.
Dailleurs, dans votre lettre, il ny a jamais les mots faute
et tort. Vous parlez de maladie et de manque affectif. Vous citez assez
complaisamment les qualités que lon vous prêtait. On ne voit pas la culpabilité
personnelle sexprimer dans cette lettre mais on voit quelquun qui se cherche
des excuses. Les psychiatres disent que votre appétence pour les jeunes gens est un
danger », conclut Pierre Charbonnier.
Michel Potajesuk terminera quant à lui en disant quil navait
envoyé cette lettre quà ses amis et non à tous les paroissiens en soulignant
quil avait écrit cette lettre pendant linstruction et quil voulait
juste demander pardon.
Eric Bonté
Les parties civiles ne trouvent
pas dexcuses
« Il faut que léglise
balaie devant sa porte »
Sur lensemble des victimes qui ont été entendues
durant cette affaire, deux familles seulement se sont constitué partie civile. Mardi,
elles étaient représentées par Jean-Jacques Brument et Marie-France Pêtre-Renaud.
Tour à tour, les deux avocats sétonnent de constater linaction des
victimes et labsence de partie civile. « Aujourdhui nous sommes deux
parties civiles contre deux avocats de la défense », souligne Jean-Jacques Brument.
Et dajouter : « Jai du mal à croire que de 1990 à 2000, on se soit
limité aux actes qui ont été, non sans peine, reconnus.
Quelle que soit la profession, il faut juger les actes même si cette affaire
prend une dimension particulière du fait que nous ayons à faire à un ministre de Dieu.
Cest parce que ça cest passé avec un prêtre que les enfants ont
eu limpression de porter une part de la culpabilité. Les rapports dexperts le
disent, les victimes nétaient pas choisies, cétait un système organisé
dans lequel avait lieu une sorte de tournante.
Cest un sujet dangereux dun point de vue criminologie. Les rapports
laissent apparaître un refus de la sexualité. On est en plein dans un dédoublement de
personnalité, une sorte de docteur Jeckyll et M. Hyde avec un côté qui présentait
bien, et un revers avec les nuits au presbytère. Michel Potajesuk est confronté à une
homosexualité quil assume mal.
Jai tout de même beaucoup de mal à croire quil ny ait pas
dautres actes dans ce dossier. Il ne faut pas oublier les blessures et les
cicatrices quont laissées ces comportements sur ces jeunes gens », termine
Jean-Jacques Brument.
Arrière-goût sulfureux
Marie-France Pêtre-Renaud, représentante de la seconde
famille qui sest constituée partie civile, sera beaucoup plus acerbe :« Ce
dossier a un arrière-goût sulfureux désagréable. Michel Potajesuk a le caractère
certain dun pédophile. Il est menteur, dissimulateur et séducteur. Il ne donnait
pas une image de prêtre.
Vous disiez toute à lheure que le prêtre cest celui qui écoute.
Cest peut-être celui qui écoute mais ce nest pas celui qui masturbe les
enfants.
Il se trouve des excuses à tout. Remarquez que les pédophiles ont souvent une
profession où ils sont proches denfants.
Il évoque une période difficile de sa vie avec le décès de son père et ce
viol dont il aurait été victime. Il ne faut pas lui trouver dexcuses, tout le
monde perd un jour un être cher et comme par hasard, tous les pédophiles ont été
victimes dactes similaires
Michel Potajesuk sest pris pour Dieu en pensant quil ne risquait
rien en croyant que la parole dun enfant ne valait pas grand chose.
Il faut que lEglise balaie devant sa porte. Ça a été un véritable
chemin de croix pour les enfants et leurs parents car je trouve quon ne mesure pas
suffisamment le traumatisme des victimes », conclut-elle.
E.B.
La défense réclame lindulgence du
tribunal
« Ce nest pas un pervers !
»
Lorsque Thierry Dulière se présente devant le tribunal
pour débuter sa plaidoirie, il insiste sur le fait que « Michel Potajesuk est un ami
».
« Cest pourquoi jai demandé à mon confrère Philippe Beaussart de
mépauler sur ce dossier. Un dossier chargé démotion. Vous navez pas
seulement à juger des faits mais vous avez à juger un homme. Je trouve que dans cette
affaire, tout le monde est resté muet sur les blessures de sa vie. Personne na
associé ces blessures au viol dont le prêtre a été victime lorsquil avait 13
ans. On a balayé ça dun revers de main en prétendant que cétait une parade
pour alléger sa responsabilité pénale », explique-t-il.
Avant de passer la parole à Philippe Beaussart, lavocat soulignera les
difficultés de communication quavait rencontrées Michel Potajesuk au sein même de
sa famille.
Le second avocat de la défense sinscrira comme un « technicien du
droit ». Cest dailleurs le seul qui, au cours de cette audience,
utilisera le terme de « père » pour qualifier Michel Potajesuk.
« Tout homme mérite quon prenne en compte son actif et son passif. La
justice est représentée par une balance et on doit y mettre ce qui va et ce qui ne va
pas.
Les rapports dexperts, contrairement à ce que jai entendu, ne
voient pas tout en noir. Le père Potajesuk nest pas un pervers. Il a encore envie
dêtre prêtre.
Jai de la compassion pour les jeunes. Ce qui leur est arrivé est anormal.
Mais le père Potajesuk nest pas quelquun quil faut éliminer.
Si vous examinez ce dossier, vous verrez quil a fait des choses bien.
Cest pourquoi je réclame lindulgence du tribunal ».
En conclusion, Philippe Beaussart rappellera le séjour du prêtre en
prison. Séjour qui a été suivi dune « retraite » chez les « petites surs
de Bethléem » et à la « Communauté des béatitudes ».
E.B.
Pierre Charbonnier :
« En 1995, monseigneur
Duval savait tout »
Comme nous lexpliquions auparavant, le
président Charbonnier a souvent dénoncé lindifférence qui a accompagné les
faits. Il révélera un fait qui a du faire froid dans le dos aux proches des victimes.
« En 1995, Monseigneur Duval, des parents sont au courant. En 95, tout le
monde sait que labbé Potajesuk a une réputation sulfureuse et pourtant, les jeunes
continuent à alimenter ses week-ends.
Il y avait une volonté de ne pas vouloir comprendre qui faisait votre force.
Vous pensiez même quand la machine a commencé à dérailler, quil ne pouvait rien
vous arriver ».
La loi du silence aurait-elle pris le dessus ?
E. B.
Brigitte Lamy requiert six ans
de prison
« On ne se doute pas que la
pédophilie
peut être à notre porte »
Dans son réquisitoire, Brigitte Lamy, Procureur de la
République, ny va pas par quatre chemins. Elle met notamment laccent sur
labsence de culpabilité du prévenu : « Le prévenu rejette encore
aujourdhui une partie des responsabilités sur ses victimes. Pour les enfants,
raconter ce qui leur est arrivé est insupportable. Ils se sentent honteux dautant
quon croit plus facilement le curé que le gamin. Les enfants qui revenaient au
presbytère savaient ce qui pouvait se passer.
La gravité des faits est à la mesure de lémoi suscité. Même si on en
parle beaucoup à la radio et à la télévision, on ne se doute pas que la pédophilie
peut être à notre porte et même dans un presbytère de campagne.
Il y a eu de la mise en confiance des parents, des enfants et si la confiance ne
fonctionnait pas, il nhésitait pas à abuser du mensonge. Il usait également
dun autre procédé, celui de faire boire les enfants. On a tous en tête
lhistoire amusante des enfants de chur qui boivent le vin de messe dans la
sacristie mais cette fois cest différent.
Les enfants qui sont victimes subissent honte, humiliation, dévalorisation de
soi. Et cest encore plus grave quand cest quelquun de proche et a
fortiori le curé de la paroisse.
Ce qui est également très grave, cest labsence de culpabilité.
Dans cette lettre quil a envoyée il résume : « Ne jugez pas ».
Le viol dont il a été victime, on a pris ça pour argent comptant alors que
ces faits ont été révélés devant le vicaire général à un moment où Michel
Potajesuk na fait que mentir.
Je reviens également sur le rapport des experts psychiatres qui dit : « Je
lui caressais le thorax, javais un baromètre avec le coude. Si je ne sentais pas
lérection, jarrêtais immédiatement, si je sentais lérection, je
continuais ».
En clair, ce nest pas lui le responsable, cest lautre. Je
pense quil faut également prendre en compte la facilité procurée par sa fonction.
Je requiers donc six ans de prisons avec une obligation de soin dune durée minimum
de cinq ans ».
E. B. |