Journal du vendredi 28 juin 2002

L'abbé Potajesuk devant le tribunal
"Je veux demander pardon"

Le Ministère public a requis six ans de prison à l’encontre de l’abbé Potajesuk lors de l’audience fleuve qui a confronté mardi, l’ecclésiastique aux magistrats dieppois. Le tribunal a mis son jugement en délibéré, le verdict tombera mardi prochain à 15 h 30.

Viendra, viendra pas ? Il est 15 h 45 mardi après-midi. La salle d’audience du tribunal correctionnel de Dieppe est déjà pleine à craquer. Le président Pierre Charbonnier a annoncé en début d’audience qu’à partir de 16 heures, une affaire retiendrait l’attention du tribunal pour un bon moment.

Il s’agit de « l’affaire Potajesuk ». Le curé originaire d’Offranville qui a exercé de 1987 à 1991 à Neufchâtel-en-Bray et à Tourville-la-Chapelle de 1991 à 2000, comparaît aujourd’hui devant le tribunal pour « agression sexuelles sur mineurs de plus et moins de quinze ans par personne abusant de l’autorité attenante à sa fonction ». (voir notre édition de vendredi 21 juin)

Concernées de près où de loin, personne ne reste insensible à cette affaire.

Le curé fait son entrée dans la salle et au premier coup d’œil, on s’aperçoit que le col romain qu’il portait ostensiblement auparavant ne fait plus partie de sa tenue. Il apparaît devant le tribunal vêtu d’un costume gris et d’une chemise blanche dont le premier bouton est ouvert. Sobre.

Descente aux enfers

Ils s’appellent Ismaël, Emmanuel, Arnaud, Thibaut, Guillaume, Xavier, Ludovic et Jean-Claude. Tous, entre 1996 et 2000, auraient été victimes d’agressions sexuelles de la part de l’abbé Potajesuk.

Le président Charbonnier parle de « pénible affaire » dans son introduction. « Je ne rentrerais pas dans les détails plus que nécessaire. Mais je devrais cependant qualifier les faits et je serais obligé d’être plus précis que je ne voudrais l’être. Entre le 1er janvier 1996 et le 24 avril 2000, on vous reproche de vous être livré à des agressions sexuelles avec contraintes, violence, menaces et surprise.

Vous avez eu une enfance sans histoire, sauf un fait sur lequel je reviendrais plus tard… Vous viviez dans un milieu pieu. Vous aviez une vie sans histoire jusqu’à ce que les résultats de ce que certains de vos confrères appellent des débordements, soient portés à la connaissance de la justice.

Vous vous faites remarquer par votre sens du contact mais vraisemblablement, vos agissements ont commencé dès votre installation à Tourville. Vous êtes une espèce de notabilité, vous recevez souvent chez vous le sous-préfet de Dieppe ainsi que le Procureur de la République. Ce que je ne comprends pas, c’est cette parfaite indifférence sur cette descente aux enfers qui est la vôtre et celle des victimes.

Indifférence de la part des adultes et, on peut d’ailleurs en être étonné, de votre hiérarchie.

On met alors en avant votre goût du confort et des belles voitures. Ce n’est certes pas répréhensible mais la prêtrise ne semble pas permettre de tenir un tel train de vie.

Une victime nous rapporte lors de son audition qu’elle avait bu de l’alcool en votre compagnie. Elle nous dit : “Je me débattais, je voulais éviter d’y aller mais ma mère”.

Comment peut-on expliquer que ces jeunes aient continué à vous fréquenter compte tenu de vos agissements.

Dans les témoignages des victimes, l’alcool est omniprésent. Toutes les victimes expliquent qu’elles ont tenté de se défendre au début et plusieurs parlent de masturbation, d’échanges de baisers dans le cou et sur la bouche. Pour certains, il s’agit même de masturbation réciproque. Par ailleurs, la fréquence de vos actes était arrivée à une fois tous les quinze jours. Tous ces faits ont pour cadre le presbytère. Vos victimes ne veulent pas en parler, elles ont honte.

Par ailleurs, un des jeunes garçons qui avait quatorze ans au moment des faits a expliqué aux enquêteurs que vous aviez tout mis en scène pour l’attirer chez vous. Sous prétexte que vous vouliez le réprimander après qu’il ait sifflé des filles, vous l’avez fait venir un soir au presbytère. Ses parents ont pensé qu’un simple rendez-vous aurait suffi et qu’il n’était pas forcément nécessaire qu’il passe le week-end chez vous. Mais vous avez menti aux parents et vous avez détourné cet enfant pour parvenir à vos fins.

Une fois chez vous, le jeune garçon a avoué avoir absorbé cinq coupes de champagne, deux verres de vin, il avait la tête qui tournait. Il a ensuite expliqué que vous lui aviez donné des bisous dans le cou et sur la bouche puis vous l’avez caressé autour du sexe. Par ailleurs, le lendemain, il vous trouvait complètement nu dans la salle de bain.

Une autre victime explique : “Il s’est fâché, il s’est mis en colère. J’avais honte et peur, il m’a forcé à le masturber. J’aimais bien aller au presbytère, il y avait des jeunes de mon âge et on s’amusait. Je croyais que l’abbé allait arrêter”.

Une autre témoin encore : “Je n’étais pas d’accord mais il a pris ma main et l’a dirigée vers son sexe. J’avais peur de lui, je voulais être ecclésiastique par la suite, c’est pour ça que je n’ai rien dit”.

Un témoin âgé de 20 ans en 1993 explique qu’il y avait toujours de l’alcool dans vos soirées. On peut penser que votre système était déjà au point », explique Pierre Charbonnier.

« Je ne suis pas violent »

C’est alors au tour de l’abbé de prendre la parole dans une ambiance pesante. « J’avais 31 ans, je suis arrivé dans cette paroisse qui comptait 14 villages. J’ai voulu m’attacher au souci de convivialité qui m’a manqué lorsque j’étais plus jeune.

En revanche, je n’ai pas bien compris ce que vous avez dit concernant la violence car ce n’est pas dans ma nature.

Je voyais cela comme un moment de tendresse, le prêtre est celui qui écoute. Je n’ai pas le sentiment d’avoir infligé des contraintes mais je pense que c’était plutôt de l’insistance. Je caressais les enfants sur le torse jusqu’au sexe mais s’ils manifestaient du mécontentement, j’arrêtais aussitôt.

Ces faits se sont produits dans une période difficile de ma vie. Mon père est décédé le 1er mai 1993. J’ai été très entouré et j’avais besoin de la présence de ces jeunes. Parallèlement, ma charge de travail a augmenté et je me suis retrouvé avec 23 communes. Je n’ai jamais su dire non à ce qu’on me demandait. J’ai perdu mes repères humains et spirituels. J’ai perdu le sens du bien et du mal. Est-ce que le prêtre doit toujours être au top de sa forme ? J’ai alors trouvé refuge dans l’alcoolisme mondain et dans l’alcoolisme plus régulier ensuite », explique Michel Potajesuk.

Et Pierre Charbonnier de reprendre : « En somme, vous dites que vous avez été le jouet d’une situation dont vous n’êtes pas responsable. Vous dites dans une lettre que vous avez envoyé à vos paroissiens, que vous aimeriez demander pardon. Vous voulez demander pardon, mais de quoi ? puisque vous dites que vous n’êtes pas vraiment responsable »

« Je veux demander pardon à tous ces jeunes dont j’ai trahi la confiance, à mes paroissiens, à ma famille ».

Pierre Charbonnier l’interrompt de nouveau : « Nous ne sommes pas là pour recueillir votre pardon mais il faut dire au tribunal ce que vous considérez comme anormal dans vos agissements ».

Mensonges

L’abbé tente alors de justifier ses actes : « Il était anormal que je reçoive ces jeunes pour faire ce que j’ai fait. Pour qu’ils boivent de l’alcool dans des proportions insupportables, j’ai trahi leur confiance. Les enfants venaient chercher au presbytère, un prêtre, un ami, un confident. Je n’ai pas rempli cette mission ».

Le président Charbonnier parlera ensuite de « mise en condition des enfants par l’abus d’alcool et de mensonges. D’une vie de dissimulation et de traquenards dans laquelle vous vous êtes installé petit à petit. Vous mentez beaucoup dans cette affaire. Vous mentez à votre hiérarchie, aux parents et aux enfants. Les enfants disent même que vous les forciez à boire lorsqu’ils ne voulaient pas. C’est une partie de la contrainte ».

« Volonté anesthésiée »

Le prévenu contredit encore une fois le tribunal : « Je ne les ai jamais forcés à boire. Je laissais l’alcool à disposition, c’est également coupable de ma part mais je ne les ai pas forcés. Cet alcool n’était destiné qu’à moi, pour me griser, pour anesthésier ma volonté », explique Michel Potajesuk.

« Avec la pression que vous exerciez, vers qui les enfants pouvaient-ils se tourner pour dénoncer vos actes ? », questionne Pierre Charbonnier. L’abbé de répondre : « Vers leurs parents ».

« Les parents ont tenté d’alerter votre hiérarchie et il ne s’est rien passé. Ces familles se sont retrouvées dans l’embarras face à vos supérieurs qui ne leur ont pas prêté l’oreille nécessaire. Comment expliquez-vous que votre entourage n’ait rien dit ? Si les adultes avaient été à la hauteur, nous aurions gagné cinq ans sur cette situation pour vous et surtout pour ceux qui n’auraient pas eu à être victimes », ajoute Pierre Charbonnier.

« Je ne sais pas, je pensais que c’était à moi de réagir », répond le prêtre.

 « Secret de Polichinelle »

Comme à plusieurs reprises au cours de cette audience, le président s’en prend une nouvelle fois à la hiérarchie de Michel Potajesuk dont il souligne l’attentisme : « Votre hiérarchie prétend aujourd’hui qu’elle ignorait que vous hébergiez des enfants durant les week-ends mais ça paraît difficile à croire.

Monseigneur Duval disait vous avoir fait des remarques sur votre train de vie excessif ainsi que sur le fait d’être trop possessif envers les jeunes. Ceci dit, il vous trouve trop possessif mais il vous donne tout de même des places pour emmener des jeunes au concert du 25ème anniversaire de son ordination.

Des prêtres qui ont été entendus disent qu’ils entendaient des rumeurs qui disent que “Potajesuk est alcoolique et pédophile”.

En 2000, Monseigneur Duval apprend que des enfants dorment au presbytère, il le fait interdire mais ne donne pas de suite. C’est un peu un secret de polichinelle. Il y a eu de multiples confessions à monseigneur Duval où au vicaire général mais rien n’a bougé.

Violé à 13 ans

Durant l’instruction, Michel Potajesuk a fait état d’un viol dont il aurait été victime à l’âge de 13 ans, commis par un sacristain. C’est à ce fait auquel le président faisait allusion en début d’audience.

Puis le président revient sur la lettre envoyée aux paroissiens. Lettre qui est censée laisser apparaître le sentiment de culpabilité du curé.

Il est également question du premier rapport de l’expert psychiatre qui a examiné Michel Potajesuk lors de sa mise en détention.

« Vous contestez l’examen du premier psychiatre. Un second est commis et il arrive aux mêmes conclusions : “Il n’y a pas de sentiment de culpabilité chez Michel Potajesuk”.

D’ailleurs, dans votre lettre, il n’y a jamais les mots “faute” et “tort”. Vous parlez de maladie et de manque affectif. Vous citez assez complaisamment les qualités que l’on vous prêtait. On ne voit pas la culpabilité personnelle s’exprimer dans cette lettre mais on voit quelqu’un qui se cherche des excuses. Les psychiatres disent que votre appétence pour les jeunes gens est un danger », conclut Pierre Charbonnier.

Michel Potajesuk terminera quant à lui en disant qu’il n’avait envoyé cette lettre qu’à ses amis et non à tous les paroissiens en soulignant qu’il avait écrit cette lettre pendant l’instruction et qu’il voulait juste demander pardon.

Eric Bonté

Les parties civiles ne trouvent pas d’excuses

« Il faut que l’église balaie devant sa porte »

Sur l’ensemble des victimes qui ont été entendues durant cette affaire, deux familles seulement se sont constitué partie civile. Mardi, elles étaient représentées par Jean-Jacques Brument et Marie-France Pêtre-Renaud.

Tour à tour, les deux avocats s’étonnent de constater l’inaction des victimes et l’absence de partie civile. « Aujourd’hui nous sommes deux parties civiles contre deux avocats de la défense », souligne Jean-Jacques Brument. Et d’ajouter : « J’ai du mal à croire que de 1990 à 2000, on se soit limité aux actes qui ont été, non sans peine, reconnus.

Quelle que soit la profession, il faut juger les actes même si cette affaire prend une dimension particulière du fait que nous ayons à faire à un ministre de Dieu.

C’est parce que ça c’est passé avec un prêtre que les enfants ont eu l’impression de porter une part de la culpabilité. Les rapports d’experts le disent, les victimes n’étaient pas choisies, c’était un système organisé dans lequel avait lieu une sorte de tournante.

C’est un sujet dangereux d’un point de vue criminologie. Les rapports laissent apparaître un refus de la sexualité. On est en plein dans un dédoublement de personnalité, une sorte de docteur Jeckyll et M. Hyde avec un côté qui présentait bien, et un revers avec les nuits au presbytère. Michel Potajesuk est confronté à une homosexualité qu’il assume mal.

J’ai tout de même beaucoup de mal à croire qu’il n’y ait pas d’autres actes dans ce dossier. Il ne faut pas oublier les blessures et les cicatrices qu’ont laissées ces comportements sur ces jeunes gens », termine Jean-Jacques Brument.

Arrière-goût sulfureux

Marie-France Pêtre-Renaud, représentante de la seconde famille qui s’est constituée partie civile, sera beaucoup plus acerbe :« Ce dossier a un arrière-goût sulfureux désagréable. Michel Potajesuk a le caractère certain d’un pédophile. Il est menteur, dissimulateur et séducteur. Il ne donnait pas une image de prêtre.

Vous disiez toute à l’heure que le prêtre c’est celui qui écoute. C’est peut-être celui qui écoute mais ce n’est pas celui qui masturbe les enfants.

Il se trouve des excuses à tout. Remarquez que les pédophiles ont souvent une profession où ils sont proches d’enfants.

Il évoque une période difficile de sa vie avec le décès de son père et ce viol dont il aurait été victime. Il ne faut pas lui trouver d’excuses, tout le monde perd un jour un être cher et comme par hasard, tous les pédophiles ont été victimes d’actes similaires…

Michel Potajesuk s’est pris pour Dieu en pensant qu’il ne risquait rien en croyant que la parole d’un enfant ne valait pas grand chose.

Il faut que l’Eglise balaie devant sa porte. Ça a été un véritable chemin de croix pour les enfants et leurs parents car je trouve qu’on ne mesure pas suffisamment le traumatisme des victimes », conclut-elle.

E.B.

 

La défense réclame l’indulgence du tribunal

« Ce n’est pas un pervers ! »

Lorsque Thierry Dulière se présente devant le tribunal pour débuter sa plaidoirie, il insiste sur le fait que « Michel Potajesuk est un ami ».

« C’est pourquoi j’ai demandé à mon confrère Philippe Beaussart de m’épauler sur ce dossier. Un dossier chargé d’émotion. Vous n’avez pas seulement à juger des faits mais vous avez à juger un homme. Je trouve que dans cette affaire, tout le monde est resté muet sur les blessures de sa vie. Personne n’a associé ces blessures au viol dont le prêtre a été victime lorsqu’il avait 13 ans. On a balayé ça d’un revers de main en prétendant que c’était une parade pour alléger sa responsabilité pénale », explique-t-il.

Avant de passer la parole à Philippe Beaussart, l’avocat soulignera les difficultés de communication qu’avait rencontrées Michel Potajesuk au sein même de sa famille.

Le second avocat de la défense s’inscrira comme un « technicien du droit ». C’est d’ailleurs le seul qui, au cours de cette audience, utilisera le terme de « père » pour qualifier Michel Potajesuk.

« Tout homme mérite qu’on prenne en compte son actif et son passif. La justice est représentée par une balance et on doit y mettre ce qui va et ce qui ne va pas.

Les rapports d’experts, contrairement à ce que j’ai entendu, ne voient pas tout en noir. Le père Potajesuk n’est pas un pervers. Il a encore envie d’être prêtre.

J’ai de la compassion pour les jeunes. Ce qui leur est arrivé est anormal. Mais le père Potajesuk n’est pas quelqu’un qu’il faut éliminer.

Si vous examinez ce dossier, vous verrez qu’il a fait des choses bien. C’est pourquoi je réclame l’indulgence du tribunal ».

En conclusion, Philippe Beaussart rappellera le séjour du prêtre en prison. Séjour qui a été suivi d’une « retraite » chez les « petites sœurs de Bethléem » et à la « Communauté des béatitudes ».

E.B.

Pierre Charbonnier :

« En 1995, monseigneur Duval savait tout »

Comme nous l’expliquions auparavant, le président Charbonnier a souvent dénoncé l’indifférence qui a accompagné les faits. Il révélera un fait qui a du faire froid dans le dos aux proches des victimes.

« En 1995, Monseigneur Duval, des parents sont au courant. En 95, tout le monde sait que l’abbé Potajesuk a une réputation sulfureuse et pourtant, les jeunes continuent à alimenter ses week-ends.

Il y avait une volonté de ne pas vouloir comprendre qui faisait votre force. Vous pensiez même quand la machine a commencé à dérailler, qu’il ne pouvait rien vous arriver ».

La loi du silence aurait-elle pris le dessus ?

E. B.

Brigitte Lamy requiert six ans de prison

« On ne se doute pas que la pédophilie
peut être à notre porte »

Dans son réquisitoire, Brigitte Lamy, Procureur de la République, n’y va pas par quatre chemins. Elle met notamment l’accent sur l’absence de culpabilité du prévenu : « Le prévenu rejette encore aujourd’hui une partie des responsabilités sur ses victimes. Pour les enfants, raconter ce qui leur est arrivé est insupportable. Ils se sentent honteux d’autant qu’on croit plus facilement le curé que le gamin. Les enfants qui revenaient au presbytère savaient ce qui pouvait se passer.

La gravité des faits est à la mesure de l’émoi suscité. Même si on en parle beaucoup à la radio et à la télévision, on ne se doute pas que la pédophilie peut être à notre porte et même dans un presbytère de campagne.

Il y a eu de la mise en confiance des parents, des enfants et si la confiance ne fonctionnait pas, il n’hésitait pas à abuser du mensonge. Il usait également d’un autre procédé, celui de faire boire les enfants. On a tous en tête l’histoire amusante des enfants de chœur qui boivent le vin de messe dans la sacristie mais cette fois c’est différent.

Les enfants qui sont victimes subissent honte, humiliation, dévalorisation de soi. Et c’est encore plus grave quand c’est quelqu’un de proche et a fortiori le curé de la paroisse.

Ce qui est également très grave, c’est l’absence de culpabilité. Dans cette lettre qu’il a envoyée il résume : « Ne jugez pas ».

Le viol dont il a été victime, on a pris ça pour argent comptant alors que ces faits ont été révélés devant le vicaire général à un moment où Michel Potajesuk n’a fait que mentir.

Je reviens également sur le rapport des experts psychiatres qui dit : « Je lui caressais le thorax, j’avais un baromètre avec le coude. Si je ne sentais pas l’érection, j’arrêtais immédiatement, si je sentais l’érection, je continuais ».

En clair, ce n’est pas lui le responsable, c’est l’autre. Je pense qu’il faut également prendre en compte la facilité procurée par sa fonction. Je requiers donc six ans de prisons avec une obligation de soin d’une durée minimum de cinq ans ».

E. B.


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