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Journal du 17 décembre 2002
La Maqueline ne
viendra pas
L'avenir du personnel de la drague
s'assombrit
| Les quatorze membres déquipage
de la drague de Dieppe sont sous le choc. Non seulement la Maqueline, une drague de
Bordeaux, ne viendra pas remplacer leur matériel vétuste, mais en plus on annonce la
fermeture de leur service pour 2004. La réunion de jeudi à
Paris avec le directeur des territoires maritimes, des ports et du littoral, (le DTMPL) et
le directeur du GIE dragage port, a mis fin à leurs derniers espoirs. Les délégués du
personnel de la drague qui travaillent dans le port de Dieppe ont dû annoncer à leurs
collègues deux mauvaises nouvelles : la Maqueline, le bateau basé à Bordeaux qui aurait
pu remplacer leur vieille drague, ne sera pas affectée à Dieppe et leur service devrait
disparaître dici moins de deux ans. « On sy attendait un peu, mais quand on
vous annonce que la maison ferme... On accuse le coup ». Comme lensemble de
léquipage, Didier Lefèvre, le délégué des officiers du service dragage de
Dieppe, est encore sous le choc.
« LorsquAlain Gilles, le DTMPL, a fini son intervention, nous avions
déjà la conclusion. Il nous a expliqué pourquoi la Maqueline ne viendrait pas. En la
conservant à Bordeaux, en complément dune drague plus importante, le
Samuel-de-Champlain, ils feraient 1,5 millions deuros déconomie par an...
Alors que si elle part pour Dieppe et quils la remplacent par lOpale, ils
devraient notamment faire des aménagements sur celle-ci», raconte-t-il. Un argument de
poids qui ne fait pas peser la balance du côté du port dieppois. « Et on nous a
confirmé la fermeture du service maritime en 2004, comme il avait été prévu dans la
schéma directeur du GIE dragage port de 1998 », ajoute-t-il amer.
Plan social
En dautres termes, un plan social sannonce pour
les quatorze membres déquipage. Pour la première fois, lors de la réunion de
jeudi, la question du reclassement a été évoquée. « On nous a parlé de possibilité
de reclassement dans le cadre de la cessation anticipée dactivité amiante (ndlr :
pour les mécaniciens qui ont au minimum 50 ans et 30 ans de navigation derrière eux), de
la cessation anticipée dactivité (pour le personnel autre que mécanicien), ou
laffectation au sein du service balisage qui est géré comme la drague par la DDE
ou bien des mutations dans des ports autonomes », explique le délégué. A partir de
janvier, ce sujet devrait être abordé dans de nouvelles réunions avec la direction.
En attendant léchéance de 2004, un problème de matériel se pose pour
le maintien de leur activité. En effet, le Puffin, le bateau porteur, ne devait plus
pouvoir naviguer à partir de février prochain pour cause de vétusté. « Finalement, le
bureau Véritas a accepté de donner une dérogation de six mois, donc jusquà fin
juillet. Après, M. Gilles nous a expliqué quil envisage la location dune
coque nue dun autre porteur. Il aurait déjà deux propositions fermes et peut-être
une troisième. Par ailleurs des travaux devront être engagés sur le Flamant, la barge
où est installée la grue », explique-t il.
Décentralisation ?
Mais comment sorganisera le dragage, indispensable à
lactivité portuaire et transmanche, après disparition du service dieppois ? Tout
dépend de lavenir du port. Sil reste dintérêt national, le GIE
dragage port devrait envoyer à Dieppe des bateaux affectés dans dautres ports.
Mais plus aucun bateau ne sera à demeure dans la cité dAngo. Dans le second cas,
« on nous a vaguement parlé de la décentralisation », explique le délégué du
personnel, « un privé pourrait reprendre lactivité.»
En cette veille de Noël, léquipage doit digérer la dure nouvelle. Un
préavis de grève court encore jusquà la fin de la semaine, date à laquelle le
personnel part en congé pour quinze jours. A lheure où nous mettions sous presse,
les marins réfléchissaient encore à ce quils allaient faire. « Si nous ne
faisons rien dici là, peut-être quen janvier...», concluait Didier
Lefèvre.
Véronique Guiborel |
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