Journal du 29 novembre 2002

Réacteur EPR de Penly
Le dossier dans les mains du gouvernement

L’info lâchée par le maire de Dieppe le jour du colloque de Saint-Martin-en-Campagne a véritablement mis le feu dans un dossier ô combien sensible. Oui Penly est sur la liste. Oui des ingénieurs sont sur le site, mais c’est le gouvernement qui décidera.

Depuis deux jours, le cabinet de Nicole Fontaine, ministre déléguée à l’Industrie, croule sous les appels téléphoniques de journalistes. L’annonce dans nos colonnes que le site de Penly pourrait accueillir l’EPR (European Pressurized Reactor), semble avoir rouvert, et ce plutôt brutalement, le problème de l’avenir du nucléaire.

Bien qu’aucune décision ne puisse être prise « avant le débat, qui aura lieu au cours du premier semestre 2003, et la loi d’orientation énergétique qui suivra », l’information délivrée, preuve à l’appui, par Edouard Leveau, le 20 novembre, lors d’un colloque sur le nucléaire à Saint-Martin-en-Campagne, s’est répandue comme une traînée de poudre.

C’est le gouvernement qui décide

EDF de son côté fait une « mise au point », et surtout se dédouane. « Nous tenons à faire savoir que la construction de nouveaux moyens de production d’électricité, notamment nucléaire, n’est pas de la seule responsabilité d’EDF », affirme un communiqué daté de mercredi. Edouard Leveau, lui, confirme précisément que Penly répond aux exigences de François Roussely, président d’EDF.

Ainsi, il a interpellé Nicole Fontaine (qu’il a rencontrée), et Roselyne Bachelot, ministre de l’Ecologie et du Développement durable : une question écrite publiée dans le journal officiel du 25 novembre 2002 en atteste.

Le déchaînement médiatique ne fait sûrement que commencer, car si les politiques sont tous d’accord pour accueillir une nouvelle technologie nucléaire, la situation est toute autre dans l’opinion publique. A la question est-ce vrai que des ingénieurs travaillent sur l’EPR à Penly ? Le ministère de l’Industrie répond « oui, des dossiers détaillés doivent être rendus sur le bureau de Francis Mer et Nicole Fontaine, pour en débattre ensuite. Il est évident que le rapport sur l’EPR doit être soigné, et que des personnes travaillent sur le dossier à Penly. »

Pas de fumée sans feu

Edouard Leveau, en révélant la position de François Roussely, a véritablement mis le feu. Immédiatement, le collectif d’associations anti-nucléaire « sortir du nucléaire », et les Verts, sont montés au créneau. Le collectif, basé à Lyon, révélait hier que l’EPR connaissait d’ores et déjà des problèmes de conception. Le groupe local des Verts de Dieppe demande qu’un véritable débat s’instaure sur ce projet, et réclame la mise en place d’une consultation de la population par la mise en place d’un référundum d’initiative local. Info ou « intox », Edouard Leveau veut pousser le gouvernement dans ses retranchements. Une chose est sûre, jamais il n’aurait dû dévoiler cette information. L’effet boule de neige est déclenché, est-ce que, comme l’indique le réseau « Sortir du nucléaire », le résultat du débat est annoncé avant même son lancement, on peut se poser la question ? En tout cas comme le dit le proverbe, « il n’y a pas de fumée sans feu ». Par ailleurs, si le courrier n’existait pas, l’info publiée dans nos colonnes n’aurait jamais suscité de telles réactions embarrassées au plus haut niveau de l’Etat.

Briac TRÉBERT


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