Journal du 22 novembre 2002

Le porte-monnaie électronique arrive
sur la région dieppoise en mars 2003

Monnaie ô désespoir !

Avec le passage à l’euro, les pièces de monnaie sont devenues un véritable casse-tête pour les consommateurs et les commerçants. A l’instar de la dématérialisation progressive des billets de banque au profit des paiements par chèques et cartes bleues, les pièces peuvent-elles disparaître des porte-monnaie et caisses enregistreuses? C’est désormais possible avec Monéo, un moyen de paiement par carte des petits achats. Apparu en Indre-et-Loire et décliné actuellement sur l’Ile de France, le porte-monnaie électronique arrive en région dieppoise. Ce sont les consommateurs qui feront ou non le succès de ce nouveau moyen de paiement.

Monéo, c’est quoi? Tout simplement un porte-monnaie électronique qui se matérialise sous la forme d’une carte. Monéo est un service qui peut faire partie intégrante de votre carte bancaire ou encore être matérialisé par une carte spécifique. En créant ce nouveau moyen de paiement, BMS (Billettique Monétique Services) - un pôle qui intègre la plupart des établissements financiers français mais aussi la SNCF, la RATP et France Télécom - souhaite simplifier les paiements rapides d’un montant peu élevé en supprimant les transactions de petite monnaie.

Lancé à Tours et plus largement en Indre-et-Loire, Monéo fut développé sur l’ensemble de la région bretonne depuis un an. Aujourd’hui, ce sont 300000 Bretons qui utilisent Monéo auprès d’un réseau de 15000 points d’acceptation. Les villes s’équipent, à l’instar de Brest, Quimper, Morlaix, Rennes et aujourd’hui Saint-Malo qui viennent de s’équiper d’horodateurs compatibles à Monéo.

Fort de cette mise en route réussie, Monéo vient de lancer sa deuxième phase de déploiement, sans doute la plus importante puisqu’elle concerne Paris et l’Ile de France. Et c’est parti sur les chapeaux de roues! Ainsi, pour contrer le pillage systématique de ses anciens parcmètres à pièces, la ville de Boulogne-Billancourt a renouvelé la totalité de son parc d’horodateurs, lesquels acceptent exclusivement un paiement par Monéo. En résumé, le porte-monnaie électronique est devenu incontournable à Boulogne-Billancourt où tous les automobilistes doivent impérativement s’équiper ou… renoncer à stationner.

En Haute-Normandie, l’ouverture officielle du service Monéo aux consommateurs a eu lieu en juin 2002 à Rouen auprès de 1300 artisans et commerçants. Les centres commerciaux s’équipent du paiement par porte-monnaie électronique, la patinoire de Rouen, six piscines municipales et deux parkings en centre-ville acceptent déjà Monéo.

« Monéo va devenir un passage obligé »

Pas de doute, Monéo tisse sa toile grâce aux petits commerçants puisqu’à ce jour, aucune enseigne de la grande distribution n’a encore franchi le pas. « Elles devront y venir comme ce fut le cas avec les cartes bancaires voici quelques années, souligne un commerçant utilisateur de la région rouennaise. Les habitudes des consommateurs changent et Monéo répond à une attente de simplification. Alors, même si cela a un coût pour le commerçant, Monéo va vite devenir un passage obligé ».

Avec Monéo, le client n’a plus à se soucier du contenu de son porte-monnaie et le commerçant gagne du temps avec la gestion de la monnaie. Pas besoin non plus pour le client de chercher l’appoint et pour le commerçant de s’ennuyer avec le rendu de la monnaie. Reste des freins à lever. C’est d’abord le coût supporté par les commerçants: il s’agit de l’abonnement au terminal de paiement électronique si ce n’est pas déjà le cas, la commission sur les transactions Monéo (Ndlr: de 0,30 % à 0,80 % avec une moyenne constatée de 0,50 %) et enfin le coût des communications téléphoniques pour les téléchargements et les télés collectes.

Autre frein, la rapidité de l’opération effectuée avec Monéo. Même s’il n’y a pas de code confidentiel à composer pour régler un achat, les marchands de journaux, les buralistes et les boulangers craignent une perte de temps au comptoir avec Monéo, comparé à un achat où le client a préparé l’appoint en pièces de monnaie.

Si Monéo ne fait évidemment pas l’unanimité, ce sont les consommateurs qui décideront de l’avenir du porte-monnaie électronique. Ainsi va la vie dans une société de consommation…

Christophe Quesne

Cartes Monéo Verte

Fini les pièces qui trouent les poches

Le porte-monnaie électronique sera particulièrement symbolisé par une carte appelée «Monéo Verte». Une autre carte baptisée «Monéo Bleu» verra le jour fin 2003 et sera dépendante d’un compte.

Outre les réticences des commerçants qui n’apprécient pas franchement de supporter 0,8% des transactions effectuées par Monéo, le petit porte-monnaie électronique pose également quelques problèmes basiques de sécurité.

En effet, lorsqu’il est couplé à la carte bancaire, rien n’indique que la fonction Monéo est activée. En revanche, sur la carte individuelle, aucune mesure de sécurité active n’est prévue. En claire, cette carte anonyme et dépourvue de code secret pourrait bien causer quelques soucis à ses utilisateurs en cas de perte ou de vol. Ceci dit, lorsqu’on perd son porte-monnaie rempli d’euros sonnants et trébuchants, il n’y a pas beaucoup plus de recours. Cependant, une carte est sans doute beaucoup plus « facile » à perdre.

Côté coût, chacun pourra se la procurer moyennant la somme de 4,5 euros. Par ailleurs, un étui lecteur qui coûte 8 euros sera également disponible. Ce lecteur permettra de connaître à tout moment, le solde restant sur la carte ainsi que les seize dernières opérations effectuées.

En ce qui concerne l’activation sur une carte bancaire, les frais annuels varieront entre 6 et 15 euros.

«Cette carte sera rechargeable sur des bornes spéciales et elle servira à payer des transactions comprises entre 1 centime et 30 euros.

Le montant de recharge sera plafonné à 100 euros.

C’est sans doute un bon moyen pour les enfants de commencer à gérer de l’argent de poche. Par ailleurs, des aménagements seront prévus pour que Monéo puisse servir à payer les horodateurs», explique Christophe Payen, spécialiste des produits à la direction départementale de la Poste de Rouen.

Une autre carte Monéo verra le jour d’ici la fin 2003. Elle s’appellera «Monéo Bleu» et sera liée à un compte bancaire. «Grâce à cette nouvelle carte, nous allons pouvoir répondre aux besoins de tous les clients», ajoute Christophe Payen.

Cette carte devrait en partie résoudre les soucis de sécurité que pose celle qui est actuellement en activité.

E. Bonté

 Comment effectuer ses achats avec Monéo?

1- Si vous possédez une carte bancaire, il suffit de demander le service Monéo à votre banque (BNP-Paribas, Banque Populaire, Caisse d’Epargne, CCF, CIC, Crédit Agricole, Crédit Lyonnais, Crédit Mutuel, La Poste et Société Générale). Il vous en coûtera, selon les établissements financiers, de 5 à 12 euros par an. Si vous ne possédez pas de carte bancaire vous pouvez opter pour une carte « Monéo bleue » (rattachée à un compte bancaire) ou, dans certains établissements financiers, pour une carte « Monéo verte » (reliée à aucun compte).

2- Pour activer une première fois votre porte-monnaie électronique Monéo, une borne située dans votre agence bancaire vous y aidera. Ensuite, vous pourrez effectuer les rechargements dans votre agence bancaire (100 euros maxi) ou chez les commerçants (30 euros maxi). Le porte-monnaie électronique peut contenir jusqu’à 100 euros.

3- Pour payer avec Monéo, il suffit d’utiliser sa carte bancaire équipée du service chez un commerçant qui est affilié. Il n’y a aucun code confidentiel à composer pour régler vos achats jusqu’à un montant maximum de 30 euros. Le paiement est rapide car il n’y a pas de connexion téléphonique ni d’édition de ticket. Il suffit de valider le montant qui apparaît sur l’écran du terminal de paiement.

Chiffres clés…

- En juin dernier, 12 millions d’opérations de paiement avaient été réalisées avec Monéo. La progression de Monéo s’effectue au rythme de 1500000 transactions par mois.

- Aujourd’hui, 750000 consommateurs sont utilisateurs de Monéo dans 42 départements différents et 75000 commerçants sont déjà affiliés.

- Avec l’inclusion de Monéo sur la plupart des cartes bancaires nouvelles et renouvelées, on dénombrera 16 millions de porteurs de cartes Monéo fin 2002 et 32 millions fin 2003.

- 90 % des dépenses réglées avec Monéo sont inférieures à 10 euros (montant moyen des dépenses avec Monéo: 3,85 euros)

- Fin 2002, 60 % du territoire national disposera de Monéo. Toute la France sera prête pour Monéo fin 2003, soit avec un an d’avance sur ce qui avait été prévu initialement.


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