| Après avoir refusé dhonorer
une partie de sa subvention de fonctionnement en avril 2002, aujourdhui la
municipalité ne veut pas renouveler son bail de location à Avances. En février
prochain, lassociation risque dêtre expulsée du pavillon quelle occupe
avenue des Canadiens. Trente-quatre emplois-jeunes seront menacés. La
nouvelle est tombée comme un couperet. Locataire de la Ville de Dieppe depuis mars 2000,
lassociation Avances (association pour la valorisation dactivités nouvelles
créatrices demplois et de services) devra quitter le pavillon quelle occupe
au 119, avenue des Canadiens juste derrière lIfcass.
Dans un courrier daté du 14 novembre dernier, la municipalité fait part de sa
décision de ne pas reconduire le bail et invite lassociation « à prendre toute
disposition pour que les locaux concernés soient libérés pour le 28 février 2003 ».
Coup dur
Un nouveau coup dur pour François Lefebvre, directeur
dAvances. Déjà en avril dernier, le jeune homme avait dû se battre pour que la
Ville de Dieppe honore le dernier versement de sa subvention de fonctionnement (lire
encadré ci-contre). Aujourdhui, il est déterminé à ne pas se laisser expulser.
Dautant que pour lui, cela ne fait aucun doute, « la municipalité veut faire
disparaître une structure qui a été créée à linitiative de Christian Cuvilliez
».
Cest en mai 1998 que lassociation a vu le jour. A cette époque,
Christian Cuvilliez, maire de Dieppe, avait eu lidée de mettre en place un
groupement afin daider les communes ou petites structures à recruter des
emplois-jeunes. Lobjectif dAvances était de promouvoir la création
dactivités génératrices demploi pour les jeunes, de recruter ces jeunes, de
les mettre à la disposition dutilisateurs et de gérer les aides et financement
couvrant leur rémunération et leurs charges.
En un peu plus de quatre années dexistence, Avances a assuré la gestion
de quelque cent quarante emplois-jeunes. Aujourdhui, près dune centaine est
sortie du dispositif avec une embauche à la clé. « Il nous reste trente-quatre jeunes
à placer, confie François Lefebvre. Ce sont ceux qui travaillent pour de petites
structures qui nont pas les moyens de les embaucher. Actuellement, Avances essaie de
trouver de nouvelles aides pour la pérennisation de leur emploi ». Le jeune homme
poursuit : « Les derniers emplois-jeunes gérés par Avances ne sortiront du dispositif
quen 2006. En coupant la tête de lassociation, il est clair que la
municipalité met en péril lavenir de ces trente-quatre personnes ».
François Lefebvre est dautant plus déterminé à se battre que la Ville
de Dieppe nest pas propriétaire des locaux loués par Avances. « Ce pavillon
appartient à lIfcass, souligne-t-il. Quand lassociation est née, nous avons
été hébergés momentanément par la PAIO en attendant de trouver nos locaux. Fin 1999,
Jai moi-même contacté le directeur de lIfcass pour louer cette maison. Mais
à lépoque des travaux de rénovation étaient nécessaires. La municipalité
(N.D.L.R. : menée alors par Christian Cuvilliez) a accepté de les réaliser, en
contrepartie elle souhaitait être le bailleur. Deux conventions ont donc été signées.
LIfcass loue à la mairie et la mairie sous-loue à Avances ». Doù
létonnement du jeune homme : « La Ville a décidé de ne pas renouveler le bail
sans même en avertir le propriétaire, cest une drôle de façon de faire ».
Interrogé sur le sujet, le maire de Dieppe Edouard Leveau a déclaré « ne
vouloir expulser personne » puisque les « locaux sont vides de toute activité »,
a-t-il assuré. Pourtant quand notre journal a rencontré le responsable dAvances,
six personnes se trouvaient sur les lieux à travailler : François Lefebvre et ses trois
collaboratrices ainsi que les deux emplois-jeunes de la brigade du patrimoine qui occupe
le sous-sol.
Quoi quil en soit, lassociation a décidé de ne pas se laisser
faire. Elle a dailleurs interpellé le préfet, la direction départementale des
affaires sanitaires et sociales et le directeur de lIfcass.
Maria da Silva
De difficultés en difficultés
Alors que la municipalité avait voté en avril 2001 une
subvention de fonctionnement de 215 000 francs pour Avances, elle refusait quelques mois
plus tard dhonorer son dernier versement de 46 584 francs et réclamait même à
lassociation un remboursement de 100 865 francs de trop perçu. Une somme qui avait
pourtant servi à financer les emplois-jeunes de la Ville dont Avances avait la gestion. A
lépoque, cette décision avait déjà mis en péril la vie de lassociation.
Aujourdhui, en ne voulant pas renouveler son bail, on peut se demander si ce
nest pas une volonté délibérée de la municipalité de vouloir faire disparaître
définitivement Avances.
M. DS.
Assemblée générale dAvances mardi 17 décembre à 18 h dans la petite
salle de la mairie. |