Journal du 13 décembre 2002

La mairie ne veut pas renouveler le bail d'Avances
Trente-quatre emplois-jeunes
menacés d'expulsion

Après avoir refusé d’honorer une partie de sa subvention de fonctionnement en avril 2002, aujourd’hui la municipalité ne veut pas renouveler son bail de location à Avances. En février prochain, l’association risque d’être expulsée du pavillon qu’elle occupe avenue des Canadiens. Trente-quatre emplois-jeunes seront menacés.

La nouvelle est tombée comme un couperet. Locataire de la Ville de Dieppe depuis mars 2000, l’association Avances (association pour la valorisation d’activités nouvelles créatrices d’emplois et de services) devra quitter le pavillon qu’elle occupe au 119, avenue des Canadiens juste derrière l’Ifcass.

Dans un courrier daté du 14 novembre dernier, la municipalité fait part de sa décision de ne pas reconduire le bail et invite l’association « à prendre toute disposition pour que les locaux concernés soient libérés pour le 28 février 2003 ».

Coup dur

Un nouveau coup dur pour François Lefebvre, directeur d’Avances. Déjà en avril dernier, le jeune homme avait dû se battre pour que la Ville de Dieppe honore le dernier versement de sa subvention de fonctionnement (lire encadré ci-contre). Aujourd’hui, il est déterminé à ne pas se laisser expulser. D’autant que pour lui, cela ne fait aucun doute, « la municipalité veut faire disparaître une structure qui a été créée à l’initiative de Christian Cuvilliez ».

C’est en mai 1998 que l’association a vu le jour. A cette époque, Christian Cuvilliez, maire de Dieppe, avait eu l’idée de mettre en place un groupement afin d’aider les communes ou petites structures à recruter des emplois-jeunes. L’objectif d’Avances était de promouvoir la création d’activités génératrices d’emploi pour les jeunes, de recruter ces jeunes, de les mettre à la disposition d’utilisateurs et de gérer les aides et financement couvrant leur rémunération et leurs charges.

En un peu plus de quatre années d’existence, Avances a assuré la gestion de quelque cent quarante emplois-jeunes. Aujourd’hui, près d’une centaine est sortie du dispositif avec une embauche à la clé. « Il nous reste trente-quatre jeunes à placer, confie François Lefebvre. Ce sont ceux qui travaillent pour de petites structures qui n’ont pas les moyens de les embaucher. Actuellement, Avances essaie de trouver de nouvelles aides pour la pérennisation de leur emploi ». Le jeune homme poursuit : « Les derniers emplois-jeunes gérés par Avances ne sortiront du dispositif qu’en 2006. En coupant la tête de l’association, il est clair que la municipalité met en péril l’avenir de ces trente-quatre personnes ».

François Lefebvre est d’autant plus déterminé à se battre que la Ville de Dieppe n’est pas propriétaire des locaux loués par Avances. « Ce pavillon appartient à l’Ifcass, souligne-t-il. Quand l’association est née, nous avons été hébergés momentanément par la PAIO en attendant de trouver nos locaux. Fin 1999, J’ai moi-même contacté le directeur de l’Ifcass pour louer cette maison. Mais à l’époque des travaux de rénovation étaient nécessaires. La municipalité (N.D.L.R. : menée alors par Christian Cuvilliez) a accepté de les réaliser, en contrepartie elle souhaitait être le bailleur. Deux conventions ont donc été signées. L’Ifcass loue à la mairie et la mairie sous-loue à Avances ». D’où l’étonnement du jeune homme : « La Ville a décidé de ne pas renouveler le bail sans même en avertir le propriétaire, c’est une drôle de façon de faire ».

Interrogé sur le sujet, le maire de Dieppe Edouard Leveau a déclaré « ne vouloir expulser personne » puisque les « locaux sont vides de toute activité », a-t-il assuré. Pourtant quand notre journal a rencontré le responsable d’Avances, six personnes se trouvaient sur les lieux à travailler : François Lefebvre et ses trois collaboratrices ainsi que les deux emplois-jeunes de la brigade du patrimoine qui occupe le sous-sol.

Quoi qu’il en soit, l’association a décidé de ne pas se laisser faire. Elle a d’ailleurs interpellé le préfet, la direction départementale des affaires sanitaires et sociales et le directeur de l’Ifcass.

Maria da Silva

De difficultés en difficultés

Alors que la municipalité avait voté en avril 2001 une subvention de fonctionnement de 215 000 francs pour Avances, elle refusait quelques mois plus tard d’honorer son dernier versement de 46 584 francs et réclamait même à l’association un remboursement de 100 865 francs de trop perçu. Une somme qui avait pourtant servi à financer les emplois-jeunes de la Ville dont Avances avait la gestion. A l’époque, cette décision avait déjà mis en péril la vie de l’association. Aujourd’hui, en ne voulant pas renouveler son bail, on peut se demander si ce n’est pas une volonté délibérée de la municipalité de vouloir faire disparaître définitivement Avances.

M. DS.

Assemblée générale d’Avances mardi 17 décembre à 18 h dans la petite salle de la mairie.


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