| Une lettre aux Dieppois actuellement
distribuée par le maire de Dieppe ne fait rien pour apaiser les tensions entre
lactuelle majorité et celle qui la précédée. Commentant le conseil
municipal du 3 novembre dernier, Edouard Leveau accuse les communistes davoir «
montré leur vrai visage, celui de lintolérance et du sectarisme». Lancien
maire, Christian Cuvilliez, rétorque quEdouard Leveau cherche « à nous diaboliser
», car « il a besoin de se justifier en étant en campagne électorale permanente ». Cest
une lettre dEdouard Leveau, distribuée à tous les Dieppois, qui remet le feu aux
poudres. Depuis le conseil municipal mouvementé du 3 novembre, et la réélection du
maire dans une ambiance électrique, les tensions ne sont pas apaisées. Ses stigmates
marqueront sans doute longtemps les deux camps, celui de lancien maire et celui du
nouveau.
Premier à ressortir le bazooka, Edouard Leveau a pris la plume pour une «
Lettre aux Dieppois » datée du 17 novembre et distribuée la semaine dernière aux
habitants. Il y évoque «lhéritage» quil a trouvé en prenant la mairie en
mars 2001, sexplique sur ses projets et, évoquant «une période de déclarations
et rumeurs infondées», revient sur les péripéties de sa démission-réélection.
«Les communistes, ennemis de
la démocratie»
Mais surtout il relance la polémique en évoquant ce fameux
conseil du 3 novembre qui a vu sa réélection et au cours duquel il dit avoir ressenti un
« climat de haine ».
Et de sortir lartillerie lourde en lançant ce jugement fatal : «Une fois
de plus, les communistes ont prouvé quils ne respectaient vraiment rien. Seuls
responsables du déclin de Dieppe, de la situation catastrophique de la mairie quils
ont gérée pendant trente ans, les communistes ont montré leur vrai visage, celui de
lintolérance et du sectarisme ».
Et il conclut en assenant que « face à ces ennemis de la démocratie que sont
toujours les communistes, vous pouvez compter sur une équipe qui se bat pour Dieppe et
les intérêts des Dieppois».
« M. Cuvilliez a oublié
quil nétait plus le maire »
Face à la contre-attaque de Christian Cuvilliez qui accuse
le maire de vouloir «nous diaboliser pour masquer ses propres carences», davoir
«constamment besoin de se justifier» et qui mène, selon lancien maire, «une
campagne électorale permanente» qui se serait traduite par «une crise
dautoritarisme vis-à-vis des siens» (voir ci-dessous), Edouard Leveau fait le dos
rond en considérant que ces réactions ne sont quune tempête dans un verre
deau.
«Je nai rien à répondre à monsieur Cuvilliez, jattendrai le mois
de mars» rétorque le maire, évoquant perfidement le prochain jugement en appel de
laffaire des emplois présumés fictifs.
Quant à considérer que cest lui qui tire le premier sur le PCF dans sa
« Lettre aux Dieppois », le maire estime que «ce nest pas parce quil y a
une petite phrase dans cette lettre quil sagit dune déclaration de
guerre». Et il persiste et signe en ajoutant : «De toutes façons, cest vrai que
les communistes ne respectent rien».
Préférant adopter une attitude de dédain à légard de son adversaire,
«qui a oublié quil nétait plus élu, sinon comme simple conseiller
municipal», Edouard Leveau dit avoir «autre chose à faire que de moccuper de ce
que dit M. Cuvilliez».
Balayant dun revers de main la polémique relancée dans la « Lettre aux
Dieppois », il préfère «continuer à travailler pour que Dieppe saméliore» et,
en guise de ponctuation qui montre que la hache de guerre nest décidément pas
enterrée, «que Dieppe soit moins mal que lorsque nous lavons trouvée en mars
2001». Et la guerre continue !
Olivier Bassine
La réaction de Christian Cuvilliez
« Un monument dhypocrisie et de tartufferie »
Christian Cuvilliez, conseiller municipal de
lopposition et les communistes dieppois ont fait un bond en prenant connaissance de
la «Lettre aux Dieppois» adressée par le maire Edouard Leveau à ses concitoyens.
Un courrier où ce dernier réexplique une nouvelle fois sa démission et sa
réélection au poste de premier magistrat de la ville, mais surtout tire une énième
fois à boulets rouges sur les communistes.
«Beaucoup de dossiers étaient vides, en dépit des grands effets
dannonces de nos prédécesseurs», «seuls responsables du déclin de Dieppe»,
«les communistes ont montré leur vrai visage, celui de lintolérance et du
sectarisme»....
Cette lettre « est un monument dhypocrisie et de tartufferie», commente
Christian Cuvilliez. «M. Leveau est en campagne électorale permanente. Il a toujours
besoin de se justifier, den rajouter... Il veut expliquer la crise
dautoritarisme quil a eu vis à vis des siens.»
Quand Edouard Leveau parle de «dossiers vides», Christian Cuvilliez réagit
vivement. Pour lui «en 30 ans, la transformation de la ville a été remarquable et
remarquée. Des investissements considérables ont été réalisés».
Et de lister quelques exemples : laménagement des quais Henri IV et
Duquesne, le plan de sauvetage des églises Saint-Jacques et Saint-Rémy...
Les communistes préparent
une lettre en riposte
Il convient que cette lettre ouverte comporte tout de même
une vérité : les finances étaient tendues. «Cest normal, on doit assurer des
besoins de plus en plus importants avec des moyens qui ne sont pas aussi évolutifs»,
justifie-t-il.
A lannonce de rencontres élus-habitants de Dieppe à partir de janvier
prochain, Christian Cuvilliez ironise. «Pourquoi a-t-il attendu si longtemps ? Il est
élu depuis mars 2001...»
«Il veut nous diaboliser», reprend Christian Cuvilliez en soulignant que lors
du très houleux conseil municipal extraordinaire du 3 novembre dernier (qui a vu la
réélection dEdouard Leveau), les communistes nétaient pas venus créer un
état dinsurrection dans la salle. «Dès 8h30, les premiers rangs étaient occupés
par les supporters dEdouard Leveau. On a ensuite voulu mempêcher de
parler...».
Et il trouve fort que ce dernier attribue les désordres occasionnés aux
communistes. «Accuser les autres de ses propres turpitudes, cest typique dune
attitude extrémiste...», assène-t-il.
En réponse à ce courrier, les communistes préparent la riposte. Ils
promettent à leur tour dadresser un courrier aux Dieppois. La réponse du berger à
la bergère...
V.G. |