Journal du 3 décembre 2002

La lettre qui relance la polémique
Leveau-Cuvilliez : toujours en guerre !

Une lettre aux Dieppois actuellement distribuée par le maire de Dieppe ne fait rien pour apaiser les tensions entre l’actuelle majorité et celle qui l’a précédée. Commentant le conseil municipal du 3 novembre dernier, Edouard Leveau accuse les communistes d’avoir « montré leur vrai visage, celui de l’intolérance et du sectarisme». L’ancien maire, Christian Cuvilliez, rétorque qu’Edouard Leveau cherche « à nous diaboliser », car « il a besoin de se justifier en étant en campagne électorale permanente ».

C’est une lettre d’Edouard Leveau, distribuée à tous les Dieppois, qui remet le feu aux poudres. Depuis le conseil municipal mouvementé du 3 novembre, et la réélection du maire dans une ambiance électrique, les tensions ne sont pas apaisées. Ses stigmates marqueront sans doute longtemps les deux camps, celui de l’ancien maire et celui du nouveau.

Premier à ressortir le bazooka, Edouard Leveau a pris la plume pour une « Lettre aux Dieppois » datée du 17 novembre et distribuée la semaine dernière aux habitants. Il y évoque «l’héritage» qu’il a trouvé en prenant la mairie en mars 2001, s’explique sur ses projets et, évoquant «une période de déclarations et rumeurs infondées», revient sur les péripéties de sa démission-réélection.

«Les communistes, ennemis de la démocratie»

Mais surtout il relance la polémique en évoquant ce fameux conseil du 3 novembre qui a vu sa réélection et au cours duquel il dit avoir ressenti un « climat de haine ».

Et de sortir l’artillerie lourde en lançant ce jugement fatal : «Une fois de plus, les communistes ont prouvé qu’ils ne respectaient vraiment rien. Seuls responsables du déclin de Dieppe, de la situation catastrophique de la mairie qu’ils ont gérée pendant trente ans, les communistes ont montré leur vrai visage, celui de l’intolérance et du sectarisme ».

Et il conclut en assenant que « face à ces ennemis de la démocratie que sont toujours les communistes, vous pouvez compter sur une équipe qui se bat pour Dieppe et les intérêts des Dieppois».

« M. Cuvilliez a oublié
qu’il n’était plus le maire »

Face à la contre-attaque de Christian Cuvilliez qui accuse le maire de vouloir «nous diaboliser pour masquer ses propres carences», d’avoir «constamment besoin de se justifier» et qui mène, selon l’ancien maire, «une campagne électorale permanente» qui se serait traduite par «une crise d’autoritarisme vis-à-vis des siens» (voir ci-dessous), Edouard Leveau fait le dos rond en considérant que ces réactions ne sont qu’une tempête dans un verre d’eau.

«Je n’ai rien à répondre à monsieur Cuvilliez, j’attendrai le mois de mars» rétorque le maire, évoquant perfidement le prochain jugement en appel de l’affaire des emplois présumés fictifs.

Quant à considérer que c’est lui qui tire le premier sur le PCF dans sa « Lettre aux Dieppois », le maire estime que «ce n’est pas parce qu’il y a une petite phrase dans cette lettre qu’il s’agit d’une déclaration de guerre». Et il persiste et signe en ajoutant : «De toutes façons, c’est vrai que les communistes ne respectent rien».

Préférant adopter une attitude de dédain à l’égard de son adversaire, «qui a oublié qu’il n’était plus élu, sinon comme simple conseiller municipal», Edouard Leveau dit avoir «autre chose à faire que de m’occuper de ce que dit M. Cuvilliez».

Balayant d’un revers de main la polémique relancée dans la « Lettre aux Dieppois », il préfère «continuer à travailler pour que Dieppe s’améliore» et, en guise de ponctuation qui montre que la hache de guerre n’est décidément pas enterrée, «que Dieppe soit moins mal que lorsque nous l’avons trouvée en mars 2001». Et la guerre continue !

Olivier Bassine

La réaction de Christian Cuvilliez
« Un monument d’hypocrisie et de tartufferie »

Christian Cuvilliez, conseiller municipal de l’opposition et les communistes dieppois ont fait un bond en prenant connaissance de la «Lettre aux Dieppois» adressée par le maire Edouard Leveau à ses concitoyens.

Un courrier où ce dernier réexplique une nouvelle fois sa démission et sa réélection au poste de premier magistrat de la ville, mais surtout tire une énième fois à boulets rouges sur les communistes.

«Beaucoup de dossiers étaient vides, en dépit des grands effets d’annonces de nos prédécesseurs», «seuls responsables du déclin de Dieppe», «les communistes ont montré leur vrai visage, celui de l’intolérance et du sectarisme»....

Cette lettre « est un monument d’hypocrisie et de tartufferie», commente Christian Cuvilliez. «M. Leveau est en campagne électorale permanente. Il a toujours besoin de se justifier, d’en rajouter... Il veut expliquer la crise d’autoritarisme qu’il a eu vis à vis des siens.»

Quand Edouard Leveau parle de «dossiers vides», Christian Cuvilliez réagit vivement. Pour lui «en 30 ans, la transformation de la ville a été remarquable et remarquée. Des investissements considérables ont été réalisés».

Et de lister quelques exemples : l’aménagement des quais Henri IV et Duquesne, le plan de sauvetage des églises Saint-Jacques et Saint-Rémy...

Les communistes préparent
une lettre en riposte

Il convient que cette lettre ouverte comporte tout de même une vérité : les finances étaient tendues. «C’est normal, on doit assurer des besoins de plus en plus importants avec des moyens qui ne sont pas aussi évolutifs», justifie-t-il.

A l’annonce de rencontres élus-habitants de Dieppe à partir de janvier prochain, Christian Cuvilliez ironise. «Pourquoi a-t-il attendu si longtemps ? Il est élu depuis mars 2001...»

«Il veut nous diaboliser», reprend Christian Cuvilliez en soulignant que lors du très houleux conseil municipal extraordinaire du 3 novembre dernier (qui a vu la réélection d’Edouard Leveau), les communistes n’étaient pas venus créer un état d’insurrection dans la salle. «Dès 8h30, les premiers rangs étaient occupés par les supporters d’Edouard Leveau. On a ensuite voulu m’empêcher de parler...».

Et il trouve fort que ce dernier attribue les désordres occasionnés aux communistes. «Accuser les autres de ses propres turpitudes, c’est typique d’une attitude extrémiste...», assène-t-il.

En réponse à ce courrier, les communistes préparent la riposte. Ils promettent à leur tour d’adresser un courrier aux Dieppois. La réponse du berger à la bergère...

V.G.


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