Le 31 août
dernier, ils étaient plusieurs centaines, inconditionnels de la musique techno, à
sêtre retrouvés dans une pâture de la région dieppoise. Sans autorisation
préalable, ils ont fait les frais du décret du 3 mai 2002 et se sont vu confisquer leur
matériel. Vendredi, les deux organisateurs ont comparu devant le tribunal de Dieppe, avec
lespoir de retrouver leurs platines
Cest
lhistoire dune rave brisée qui était narrée, vendredi, devant le tribunal
de Dieppe. « On voulait seulement fêter lanniversaire dune amie », raconte
lun des deux jeunes teufeurs, Gatien Zuliani, invité à sexpliquer devant les
magistrats. « Une free party dans les règles de lart ! », réplique le procureur.
Samedi 31 août dernier, dans une pâture dHeugleville-Sur-Scie,
cest plus de 400 personnes, selon la gendarmerie, qui sétaient retrouvées,
loin de toute habitation, au son de la musique techno ; des dizaines de jeunes alertés
par des flyers et autres messages téléphoniques. Après une nuit de fête, les gendarmes
de Longueville-sur-Scie, qui ont découvert le ballet des voitures quelques heures
plutôt, décident dintervenir. Ils saisissent lensemble du matériel. Les
enceintes, les amplis, les éclairages, le groupe électrogène, les platines et les
vinyles se retrouvent ainsi stockés à la gendarmerie. Vendredi, devant le tribunal de
Dieppe, Gatien et Frédéric souhaitaient récupérer leur bien.
Cependant, depuis la publication, le 3 mai 2002, du décret sur les
raves-parties qui soumet leur organisation à une autorisation préalable en préfecture,
les jeunes raveurs sont hors la loi. Le puissant et coûteux matériel de sonorisation des
deux prévenus (plus de 700 euros de disques et 7 000 de matériel), devrait rester en
possession de la justice.
Le tribunal de Dieppe inaugure ainsi la loi concernant tous les rassemblements
« donnant lieu à de la musique amplifiée », rassemblant plus de 250 personnes et «
susceptibles de présenter des risques pour les participants en raison de labsence
daménagement ou de la configuration de lieux. » Ils étaient une vingtaine,
vendredi, à avoir souhaité assister à laudience pour dire non à « la
répression de la musique techno. »
Ce quils réclament ? « La liberté découter leur musique, avec
une quête de plaisir », explique une jeune teufeuse. Ce quon leur reproche est
bien souvent lusage de produits stupéfiants de tous ordres, du gaz hilarant a
dailleurs été découvert sur les lieux, au grand désarroi des deux organisateurs.
« On a travaillé pendant trois ans pour pouvoir acheter ce matériel. On
voulait juste faire la fête, on ne pouvait pas renvoyer et contrôler tout le monde »,
explique Frédéric Morin, 21 ans, qui attendra encore un peu pour espérer retrouver ses
platines et continuer à faire crier ses disques. Le jugement est mis en délibéré au 20
décembre.
B. T.