Journal du 25 octobre 2002

Tôtes
Horreur à l'Animorial

Les services vétérinaires ont découvert un charnier de plusieurs centaines de cadavres de chiens et chats stockés dans un camion. Le Préfet a immédiatement signé un arrêté de suspension de l’activité du crématorium d’animaux domestiques dont l’incinérateur était en panne.

L’arrêté préfectoral est tombé tel un couperet dans la journée de mercredi. Les activités de la SINAC (Société d’Incinération Normande des Animaux de Compagnie) plus connue sous le nom d’Animorial, sont suspendues après qu’un charnier a été découvert la veille.

En panne depuis le mois de juillet dernier, après un incendie, l’incinérateur qui reçoit des cadavres de chiens et chats de toute la Normandie et de la région parisienne, ne pouvait plus fonctionner. Plutôt que de stopper les arrivées d’animaux morts, l’entreprise aurait ainsi continué à travailler avec les vétérinaires en stockant les cadavres d’abord dans une chambre froide, puis dans un camion situé à l’extérieur du bâtiment. Et ce au mépris de la législation qui impose que les cadavres d’animaux doivent être incinérés dans les trois jours suivant la mort. C’est d’autant plus grave que non loin de l’incinérateur, se trouve une entreprise d’agroalimentaire…

Les services vétérinaires, alertés par des voisins qui ne supportaient plus l’odeur nauséabonde, ont ainsi fait la macabre découverte. Quinze tonnes de cadavres de chiens et chats entassés dans une remorque de camion. Les voisins avaient également aperçu les employés de l’entreprise transférer des sacs dégoulinant de sang d’un camion vers un autre. L’air était alors devenu irrespirable. C’est pourquoi l’alerte a été donnée. L’inspecteur des services vétérinaires qui s’est rendu sur place n’en a pas cru ses yeux.

Après établissement d’un procès-verbal constatant de graves manquements à la réglementation en vigueur pour ce genre d’activité, compte-tenu « des risques pour la salubrité et la santé publique », les cadavres en putréfaction ont été évacués vers un centre d’incinération de Rennes. En parallèle, le Préfet a donc signé un arrêté de suspension de l’activité. Celle-ci ne pourrait éventuellement reprendre que lorsque l’exploitant aura nettoyé et désinfecté le site et, surtout, présenté un dossier complet apportant la preuve du respect de la législation. Quant au camion utilisé pour stocker les cadavres, même après désinfection totale, jamais plus il ne pourra être utilisé pour le transport de denrées alimentaires.

Depuis que l’affaire a été rendue publique, les maîtres d’animaux morts ne cessent de téléphoner à l’animorial, inquiets de savoir si le corps de leur animal confié à l’entreprise figure dans les quinze tonnes de cadavres abandonnées. Les quatre salariés sont pour leur part très inquiets pour leur avenir.

P . R.


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